DACHAU : PAS DE GAZAGES

Concentration camp dachau aerial view.jpg

(Vue aérienne du camp de Dachau)

En 1997, dans son ouvrage intitulé L’antisémitisme (1) (ouvrage classique généralement intégré à la collection des bibliothèques), Roberto Finzi intitule un chapitre : De l’extermination à nos jours ». La première page du chapitre (p.116) légende une mosaïque de photographies du camp de Dachau comme suit (p.117) :

« Four crématoire du camp d’extermination de Dachau. Bien que les preuves matérielles de leur existence abondent, négationnistes et autres révisionnistes se sont employés à nier les chambres à gaz. Sur un mode à peine voilé, ils font comprendre que le génocide serait une sorte de mythe alimenté par les juifs eux-mêmes pour servir leurs visées dominatrices. En somme, on aurait affaire à une nouvelle expression du « complot juif mondial »… »

(1) L’antisémitisme – Roberto Finzi – Éditions Calman Giunti – 1997

FINZI01.jpg FINZI02.jpg

Il est fait ici mention d’une extermination dans le camp de Dachau.

Quelle maladresse que de mentionner les négationnistes et autres révisionnistes dans une légende relative au prétendu camp d’extermination de Dachau. Non seulement les historiens ont admis (bien avant 1997) que personne n’a été gazé à Dachau, donnant ainsi raison aux révisionnistes. Voici une légende qui, par hasard et bien malgré elle, donne raison aux révisionnistes dans le même temps qu’elle espère les accabler.

Notons que, pour illustrer le camp d’extermination de Dachau, Roberto Finzi choisit étrangement d’en montrer un four crématoire (utilisé pour brûler les cadavres et non pas pour tuer des êtres humains). Pourquoi ne pas avoir montré une photographie de la chambre à gaz (arme supposée de l’extermination) ? Si personne n’a été gazé au camp de Dachau, pourquoi  le définir comme un « camp d’extermination »? Si ce n’est pas le gaz qui a été utilisé pour exterminer les détenus, qu’on la nomme et qu’on nous explique le processus. Il est étrange, tandis qu’on parle d’un camp d’extermination, de ne pas nous présenter l’arme du crime. Mais vous comprendrez plus loin pourquoi.

Dès 1946, David Rousset parlait du camp de Dachau (entre autres) comme d’un camp « normal », par opposition au camp de « destruction » comme celui d’Auschwitz  :

« Cependant, Buchenwald, Neuengamme, Sachsenheusen, Dachau, participent au même plan, constituent les types des camps « normaux » qui forment l’armature essentielle de l’univers concentrationnaire.

sur d’autres parallèles se situent les camps de représailles contre les Juifs et les Aryens, du format Auschwitz et Neue-Bremm. […]

Entre ces camps de destruction [Auschwitz] et les camps « normaux », il n’y a pas de différence de nature, mais seulement de degré. »

(« L’univers concentrationnaire », David Rousset, éditions du Pavois, 1946, p. 48 et p. 51).

En 1960, l’historien Martin Broszat écrivait :

« Ni à Dachau, ni à Bergen-Belsen, ni à Buchenwald des juifs ou d’autres détenus n’ont été gazés. La chambre à gaz de Dachau n’a jamais été complètement terminée ni mise “en service”. Des centaines de milliers de détenus, qui périrent à Dachau ou dans d’autres camps de concentration situés à l’intérieur des frontières de l’Ancien Reich, furent victimes avant tout des catastrophiques conditions d’hygiène et d’approvisionnement : rien que dans les douze mois allant de juillet 1942 à juin 1943, 110 812 personnes moururent de maladie et de faim dans tous les camps de concentration du Reich, d’après les statistiques officielles de la SS. L’anéantissement massif des juifs par le gaz commença en 1941-1942 et il prit place uniquement en de rares points choisis à cet effet et pourvus d’installations techniques adéquates, avant tout en territoire polonais occupé (mais nulle part dans l’ancien Reich) : à Auschwitz-Birkenau, à Sobibor-sur-Bug, à Treblinka, Chelmno et Belzec. »

(« Keine Vergasung in Dachau », Die Zeit, 19 août 1960, no 34, p. 16.)

 Il n’est pas fait mention de gazages homicides à Dachau (et ce dès 1960! Rappelons que l’ouvrage de Monsieur Finzi date de 1997).

Une chambre à Gaz qui n’a peut-être pas servi  :

Aujourd’hui, voici ce qu’on peut lire sur l’Encyclpédie multimédia de la Shoah du United states Holocaust mémorial Museum :

« Une zone de fours crématoires fut construite en 1942 près du camp principal. Elle comprenait l’ancien four crématoire et le nouveau (Baraquement X) auquel était adjoint une chambre à gaz. Il n’existe aucune preuve formelle que la chambre à gaz du Baraquement X ait été utilisée pour tuer des prisonniers. A la place, ces derniers étaient « sélectionnés » : ceux qui étaient jugés trop malades ou trop faibles pour continuer à travailler étaient envoyés au centre « d’euthanasie » de Hartheim, près de Linz, en Autriche. Plusieurs milliers y furent assassinés. Par ailleurs, les SS utilisèrent le champ de tir et la potence situés dans la zone des fours crématoires pour exterminer les prisonniers.

(Source : http://www.ushmm.org/wlc/fr/article.php?ModuleId=71)

Ici, il est seulement question d’une chambre à gaz dont on ignore si elle a déjà servi. Néanmoins, on nous explique qu’ « A la place et à l’issue d’une sélection, « ceux qui étaient  jugés trop malades ou trop faibles pour continuer à travailler étaient envoyés au centre « d’euthanasie » de Hartheim ».

On nous apprend ici que :

1- le camp de Dachau possédait une chambre à gaz.

2- qu’il n’existe aucune preuve formelle que la chambre à gaz ait été utilisée pour tuer des prisonniers (ce qui suppose qu’il existe malgré tout quelques indices qui tendraient à nous donner des raisons de le penser).

3-  Qu’à la place les prisonniers étaient envoyés en Autriche pour être « euthanasiés ».  A la place de quoi? A la place de la chambre à gaz qui semble avoir servi sans qu’on puisse formellement l’affirmer ? Est-il brutalement certain qu’elle n’a jamais servi pour gazer des prisonniers et qu’on lui a préféré les convois de prisonniers vers l’Autriche pour les euthanasier ? On ne comprend plus très bien.

Pourquoi les allemands auraient-ils fabriqué une chambre à gaz pour ne pas s’en servir ?

Pourquoi les allemands auraient-ils envoyé des détenus se faire « euthanasier » en Autriche tandis qu’ils pouvaient les gazer sur place ?

Ce qu’on ne nous dit pas ici, c’est que la « chambre à gaz » avait en réalité toutes les apparences d’une salle de douches. Comme il est peu probable que les allemands aient procédé à des gazages homicides dans une salle qui a toutes les allures d’une banale salle  de douches, on comprend mieux la tendance de l’auteur du texte à trancher de la sorte en faveur d’une autre méthode d’extermination; ceci sans qu’on nous explique vraiment pourquoi les allemands n’utilisaient pas leur chambre à gaz/salle de douches.

Le mystère s’éclaircit

Voyons ce que le mémorial du camp de Dachau nous dit quant à cette « chambre à gaz » dont on est pas certain ici qu’elle ait jamais servi :

Aujourd’hui, sur le plan détaillé du camp, la chambre à gaz n’est plus mentionnée :

https://i1.wp.com/kz-gedenkstaette-dachau.de/tl_files/images/aktuelles/map_memorial.jpg

(Source : Page officielle du mémorial de Dachau – http://web2.cylex.de/reviews/viewcompanywebsite.aspx?firmaName=kz-gedenkstaette-dachau&companyId=2489437

NDLR (Gayssoteries) : aucune mention de chambre à gaz homicide

Ailleurs, sur la » visite virtuelle » des fours crématoires, les informations ne mentionnent pas une seule fois l’existence d’une chambre à gaz mais fait état de fusillades : « Les deux fours crématoires qui appartenaient au camp de concentration ont été conservés. Il s’agit d’un premier four crématoire construit en 1940 et du block X construit en 1942/43. Derrière ces bâtiments des marques signalent l’emplacement de la place d’exécution utilisée pour fusiller des prisonniers de guerre soviétiques ou des détenus de la Gestapo.

Les fours crématoires étaient utilisés pour disposer des cadavres, les fours étaient le plus souvent actifs jour et nuit. A la fin de l’année 1944 la capacité des fours ne suffisait plus pour la crémation des très nombreux corps provenant du camp. A la libération du camp en avril 1945, les Américains trouvèrent de nombreux cadavres, laissés dans les fours crématoires. Les images qu’ils prirent firent le tour du monde et montrèrent la cruauté et les conséquences de la politique de persécution et d’extermination mise en place par le régime national-socialiste. »

(Source : http://web2.cylex.de/reviews/viewcompanywebsite.aspx?firmaName=kz-gedenkstaette-dachau&companyId=2489437)

Dans la chronique, aucune chambre à gaz n’est mentionnée non plus (voyez ici) : http://web2.cylex.de/reviews/viewcompanywebsite.aspx?firmaName=kz-gedenkstaette-dachau&companyId=2489437

Dans la rubrique dédiée aux opérations de gazages, aucune mention du camp de Dachau sur la page du United states Holocaust Museum : http://www.ushmm.org/wlc/fr/article.php?ModuleId=76

Notons ceci : sur le site du mémoriel du camp de Dachau, il est toujours fait mention du « camp de concentration de Dachau » et non pas du « camp d’extermination de Dachau » comme l’a fait Robert Finzi en 1997.

Chambre à gaz portant l’inscription « douches »

Aujourd’hui, malgré tout, Wikipédia évoque toujours (mais timidement) la chambre à gaz de Dachau :

« La direction du camp avait le dessein de reconstruire le crématorium, sous l’appellation baraquement X . En mai 1943 on mit en marche les quatre fours du grand crématorium et à partir de l’été 1944 une corvée de désinfection travailla dans les quatre chambres du crématorium. Sur un film tourné en mai 1945 par un correspondant de guerre américain la chambre à gaz se présente ainsi : pièce sans fenêtres, des chapes de métal percées de trous fixées au plafond en béton, sur les portes d’entrée l’inscription douches, sur des pièces plus petites adjacentes figurait l’inscription : attention gaz !, danger de mort – ne pas ouvrir .

Au cours du procès des SS du camp fin 1945, le médecin des détenus le docteur Frantisek Blaha déclare que des gazages expérimentaux ont eu lieu dans le camp. Un rapport de l’armée américaine, constitué avant le procès sur la base de témoignages de survivants, avait référencé la chambre à gaz dans la rubrique exécutions. Puis le 9 janvier 1946 au Procès de Nuremberg il déclare : « beaucoup de prisonniers ont été tués plus tard de cette façon ».

(Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_concentration_de_Dachau)

Wikipedia, toujours, nous présente une photographie légendée ainsi « chambre à gaz de Dachau ». Sur cette photographie, on distingue mal le panneau tel qu’il est présenté au mémorial de Dachau. Le voici donc en gros plan :

DachauE019

On ne trouve aucune mention de la chambre à gaz non plus, aujourd’hui, sur la page du United States Holocaust Memorial :

Les preuves semblent abonder de façon très inégale selon qu’on lit les uns ou les autres et que l’on visite la douche/chambre à gaz du mémorial qui n’a jamais gazé personne.

Ceci montre une bien étrange façon d’informer les visiteurs du camp de Dachau qui repartiront avec la certitude d’y avoir vu une chambre à gaz et auront été invités par un panonceau à s’émouvoir dans une salle de douches en chantier (photo ci-dessous).

Afficher l'image d'origine

Considérant l’aspect inoffensif de cette salle du camp de Dachau, on peut désormais imaginer pourquoi Roberto Finzi a préféré illustrer l’horreur de l’extermination de Dachau en présentant une photographie des crématoires…

Voyez ce que Robert Faurisson (révisionnistes) dit à propos de la « chambre à gaz » du camp de Dachau : https://gayssoteries.wordpress.com/revisionnisme/dachau/

Robert Faurisson pense que :

  • non seulement il n’y eût pas de gazages homicides dans le camp de Dachau mais que
  • ce qui est présenté comme une « chambre à gaz » camouflée n’est en réalité qu’une banale salle de douches.

 

L’histoire officielle, qui a présenté longtemps la salle de douches du camp de Dachau comme une chambre à gaz homicide ayant servi à exterminer des prisonniers, admet aujourd’hui:

  • qu’elle n’a en réalité jamais servi à gazer quiconque (comme l’indique le panneau de l’exposition destiné aux visiteurs).
  • En revanche, elle la présente toujours comme une « chambre à gaz » inachevée et camouflée en salle de douches. (Cette mention têtue s’explique probablement par le fait qu’il est difficile d’avouer qu’on a pris une salle de douches pour une chambre à gaz. Se borner à reconnaître qu’on a fait l’erreur de croire qu’elle a avait servi permet de s’en tirer dans trop de déshonneurs. Ce n’est pas un complot mais seulement le résultat d’une fierté fort mal placée qui a fait passer la réputation avant le soucis d’exactitude et d’honnêteté).

Une seule version est exacte. Seul le temps nous dira qui, de Robert Faurisson ou de la version officielle, détient la vérité.

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3 réflexions sur “DACHAU : PAS DE GAZAGES

  1. Mortalité à Dachau :
    1940: 1 515
    1941: 2 576
    1942: 2 470
    1943: 1 100
    1944: 4 794
    1945: 15 384 (en quatre mois, le camp étant aux mains des États-uniens à partir du 30-Ⅳ-1945)
    Soit 27 839 décès (Paul Berben, antirévisionniste, Dachau 1933-1945. L’histoire Officielle. Bruxelles, 1968).
    D’autres sources permettent d’établir que, de 1933 à 1939, environ 3⁣700 détenus y moururent, de sorte que le total fut de quelque 31⁣500.

    «⁣Il n’est pas sans importance de savoir que toutes les photographies de camps de concentration sont trompeuses dans la mesure où elles montrent les camps à leurs derniers stades, au moment où les Alliés y pénétrèrent (…). Les conditions régnant dans les camps résultaient des faits de guerre durant les derniers mois: Himmler avait ordonné l’évacuation de tous les camps d’extermination de l’Est; en conséquence, les camps allemands furent considérablement surpeuplés et [on] n’était plus en mesure d’assurer le ravitaillement en Allemagne.⁣»
    – Hannah Arendt (célèbre antirévisionniste), The Origins of Totalitarism, Shocken Books, 1951, p 446, note 138.

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