R. FAURISSON : SA FORMULE DE 60 MOTS

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Livrée au public dans les années 80,  la formule de 60 mots de Robert Faurisson n’a eu de cesse d’être attaquée, déformée et interprétée avec les sensibilités de chacun.

Voici ce que Robert Faurisson expliquait quant à cette formule souvent malmenée.

Nous avons détaché de la marge certains passages clef et avons ajouté, pour simplifier la lecture, quelques sous-titres (en rouge).


EXTRAIT :

[…]

La phrase de soixante mots
 
La partie adverse me fait grief d’avoir prononcé sur les antennes de radio Europe n° 1 une phrase qui résumait en soixante mots le résultat de mes recherches historiques. J’avais fait précéder cette phrase de l’avertissement suivant : « Pas un de ces mots ne m’est dicté par une sympathie ou une antipathie politique.» Voici cette phrase :
 
Les prétendues chambres à gaz hitlériennes et le prétendu génocide des juifs forment un seul et même mensonge historique, qui a permis une gigantesque escroquerie politico-financière dont les principaux bénéficiaires sont l’Etat d’Israël et le sionisme international et dont les principales victimes sont le peuple allemand – mais non pas ses dirigeants – et le peuple palestinien tout entier.
 
Les sept mots que j’ai soulignés sont souvent omis dans l’intention de faire disparaître la distinction que j’opère entre, d’une part, les dirigeants de la RFA et, d’autre part, le peuple allemand. Le grand public ignore, en effet, la formidable répression exercée en RFA contre tout auteur révisionniste et on tient à le laisser dans cette ignorance.
 
La fable des chambres à gaz homicides et la fable du génocide sont intimement liées l’une à l’autre. Le génocide aurait été un crime exceptionnel et les chambres à gaz auraient été l’arme exceptionnelle de ce crime exceptionnel.
 
Le crime et l’arme du crime ne sauraient se concevoir l’un sans l’autre. Lorsque je parle d’un seul et même mensonge historique, c’est pour faire allusion à cent autres mensonges de l’Histoire qu’il s’agit toujours, pour un esprit qui entend rester libre, de débusquer et de dénoncer.
 
Pour ce qui est de la « gigantesque escroquerie politico-financière », elle est celle d’un Nahum Goldmann face au chancelier Adenauer dans ses efforts pour obtenir la conclusion des accords dits de Luxembourg (10 septembre 1952) ; cette escroquerie est exposée de façon circonstanciée aux pages 198 et 199 de Vérité historique ou vérité politique ? ainsi qu’à la note 61 de la page 212. Il faut lire la longue et suffocante interview de N. Goldmann parue dans la livraison n° 624 du Nouvel Observateur  [13] ; rarement a-t-on vu exposer avec un pareil cynisme le récit d’une escroquerie politico-financière où Ben Gourion a eu aussi sa part. Par ailleurs, N. Goldmann ne cache pas que les colossales « réparations » obtenues du chancelier allemand « constituent une innovation extraordinaire en matière de droit international ». Il confirme cyniquement que le chancelier allemand a dû prendre en la circonstance une décision personnelle qui était contraire à la constitution allemande. N. Goldmann et Ben Gourion ont dicté expressis verbis la lettre d’acceptation signée de Konrad Adenauer. N. Goldmann a obtenu en 1950 d’une Allemagne se relevant tout juste de la famine la promesse d’un versement de quatre-vingts milliards de marks, soit une somme, nous confie-t-il, de dix à quatorze fois supérieure aux sommes qu’au tout début de l’opération on s’apprêtait à demander à l’Allemagne de l’Ouest. N. Goldmann déclarait en 1976 :
 
Sans les réparations allemandes […], Israël n’aurait pas la moitié de son infrastructure actuelle : tous les trains en Israël sont allemands, les bateaux sont allemands, ainsi que l’électricité, une grande partie de l’industrie… sans même parler des pensions individuelles versées aux survivants […]. Certaines années, les sommes d’argent qu’Israël recevait d’Allemagne dépassaient le montant des collectes du judaïsme international – les multipliant par deux ou par trois. Aujourd’hui plus personne n’est contre ce principe : même certains membres du Hérouth [parti nationaliste israélien, fondé en 1948 par Menahem Begin] perçoivent les réparations.
 
Dans ces « négociations », N. Goldmann et Ben Gourion avaient une arme, celle dite des Six Millions. La création de l’État d’Israël et les réparations obtenues de l’Allemagne forment avec les Six Millions un ensemble. Dans la même interview, N. Goldmann affirme avoir dit à Ben Gourion : « Nous avons connu de terribles défaites ; six millions de juifs ont été exterminés. Mais nous avons aussi remporté deux immenses succès historiques : la création de l’État d’Israël et les réparations obtenues de l’Allemagne. » C’est dire l’importance de ces réparations.
[SIONISME INTERNATIONAL]
 
Dans ma phrase de soixante mots j’ai employé l’expression de « sionisme international ». La partie adverse me l’a reprochée comme si cette expression appartenait au vocabulaire de l’antisémitisme. Loin d’être ici une formule vague du langage antijuif et de désigner on ne sait trop quelle fumeuse conjuration, cette expression n’est que la traduction de « World Zionism », le même Nahum Goldmann ayant d’ailleurs été le président de deux grandes organisations sionistes : la WZO (World Zionist Organization) et le WJC (World Jewish Congress : parlement juif mondial, qui s’est toujours dit « sioniste »). D’ailleurs, ainsi qu’on l’a vu ci-dessus par les deux mots que j’ai soulignés, N. Goldmann, qui parlait un excellent français, utilisait, lui, dans cette interview, l’expression de « judaïsme international ». Cette expression est trompeuse puisque beaucoup de juifs non sionistes estiment qu’ils n’ont rien à voir avec le WJC ou avec N. Goldmann et ses successeurs.
 
Pour ce qui est de la distinction opérée entre, d’une part, le peuple allemand victime du mensonge et, d’autre part, ses dirigeants qui n’en sont pas les victimes, cette distinction est expliquée à la page 196 de Vérité historique ou vérité politique ? En effet, depuis 1945, l’Allemagne, amputée d’un tiers de son territoire, scindée en deux Etats, occupée par quatre armées, est dirigée par des hommes politiques qui, on peut le supposer, sont bien obligés de faire passer les contingences politiques avant le souci, propre au chercheur, de la vérité historique. Apparemment la survie de ces deux Etats respectifs exige que l’Allemagne de l’Est fasse entendre la voix de ses libérateurs de l’Est et que l’Allemagne de l’Ouest fasse entendre la voix de ses libérateurs de l’Ouest. Dans le camp des démocraties occidentales, les responsables de l’Allemagne de l’Ouest se signalent par une répression déterminée contre le nombre croissant des auteurs révisionnistes. Quiconque y soutient l’argumentation révisionniste est poursuivi en justice pour être condamné, selon les cas, à des peines de prison, à de lourdes amendes, à l’inscription de ses livres à l’Index (Indizierung) des ouvrages dangereux pour la jeunesse, à la saisie des ouvrages et même à la fonte des plombs de composition. Pour s’en tenir au seul cas du Dr Stäglich, cet ancien magistrat, auteur d’un ouvrage important sur Le Mythe d’Auschwitz, a vu la saisie de son livre, a été condamné à de lourdes amendes, a eu le montant de sa retraite amputé d’un cinquième pendant cinq ans et, actuellement, fait l’objet d’une procédure de retrait de son grade de docteur en droit de la part du Conseil des doyens de l’université de Göttingen. Ce grade obtenu en 1951 doit lui être retiré au nom d’une loi de 1939 signée du chancelier Hitler. Quant à J. G. Burg, de nationalité allemande et juif pratiquant, il est l’auteur de plusieurs écrits révisionnistes dont Majdanek in alle Ewigkeit ? (Majdanek jusqu’à la fin des temps ?) et se voit pour cela menacé d’internement dans un asile psychiatrique.
[ BENEFICIARES DU MENSONGE HISTORIQUE]
 
Dans ma phrase de soixante mots, je n’ai pas précisé quels étaient les bénéficiaires « non principaux » du mensonge historique, mais je suis prêt à le faire ici en disant qu’il s’agit de l’ensemble des vainqueurs de la seconde guerre mondiale ; en effet, si les chambres à gaz homicides n’ont pas existé, le « crime de guerre » par excellence pourrait être Dresde ou Hiroshima ou Katyn ou la déportation des minorités allemandes de l’Est européen ou la livraison, après la guerre, de centaines de milliers de Russes aux maîtres du Kremlin (« Opération Keelhaul » menée par les Britanniques) ou le commencement d’exécution du plan Morgenthau par les Américains.
[VICTIMES « NON PRINCIPALES » DU MENSONGE HISTORIQUE]
 
Je n’ai pas non plus précisé quelles étaient à mes yeux les victimes « non principales » du mensonge historique, mais je suis prêt à le faire ici en disant qu’il s’agit, par exemple, du Vatican, en particulier de Pie XII, et du Comité international de la Croix-Rouge. Tous deux sont encore aujourd’hui accusés de n’avoir pas vu ni dénoncé l’existence des chambres à gaz homicides alors que l’un et l’autre étaient admirablement renseignés sur ce qui se passait en Europe et tout particulièrement en Pologne, pays avec lequel le Saint-Siège conservait les liens les plus étroits et pays où la Croix-Rouge internationale avait pu mener des enquêtes. A ce propos, il convient de remarquer précisément que, si le Vatican et le CICR, très bien renseignés sur la Pologne, n’ont parlé ni de chambres à gaz homicides, ni d’extermination systématique des juifs, c’est tout simplement qu’ils voyaient bien que ces bobards de guerre n’étaient que des bobards de guerre. Pie XII n’en a fait mention ni du temps de l’occupation de Rome par les Allemands, ni après la libération de Rome. Il avait d’excellentes et simples raisons de n’en pas faire mention : c’est que ces horreurs avaient été inventées dans l’exacerbation d’une guerre déjà suffisamment riche d’horreurs réelles, de part et d’autre, sans qu’on aille en ajouter de pires encore. Comment peut-on imaginer un instant que serait passé inaperçu un massacre qui, à l’échelle du temps, aurait duré trois ou quatre ans, qui, à l’échelle de la géographie, aurait intéressé tout un continent et qui, à l’échelle du nombre des victimes, aurait touché des millions de gens ? Même les conjurés allemands du 20 juillet 1944 n’en ont pas fait mention, même les juifs déportés vers Auschwitz ou d’autres camps ne croyaient pas au bien-fondé de ces rumeurs [14]. Menahem Begin reproche aux Alliés de n’avoir jamais dénoncé l’Holocauste au moment où il se produisait et de n’avoir rien entrepris pour le faire cesser, mais qui pourrait croire que Churchill, Roosevelt, Staline et tous les gouvernements en exil à Londres auraient su que se produisait cette abomination et auraient, sans se concerter, décidé de n’en rien dire ? Qui ne voit que, si ce crime gigantesque avait été perpétré par les Allemands, l’annonce de cette nouvelle au monde entier aurait constitué pour les Alliés la plus formidable des armes psychologiques ?
 
Parmi les victimes «non principales» du mensonge, je nommerais les jeunes générations juives. A leur manière elles ne peuvent que souffrir de cette religion ténébreuse et aberrante de l’Holocauste. Cette religion donne naissance à tout un monde de phénomènes du genre de la « victimologie » avec ses congrès et ses symposiums internationaux en Israël, en Allemagne de l’Ouest, aux Etats-Unis [15], à la création de « chaires universitaires d’Holocauste », détenues par des « docteurs en Holocauste », à des cours d’Holocauste dans les écoles primaires et secondaires des Etats-Unis, accompagnés de traumatisantes « expériences en Holocauste ». Du point de vue de l’histoire de la communauté juive mondiale, la dernière guerre a été tragique, non pas dans le sens qu’il y aurait eu une EXTERMINATION spécifique du peuple juif européen mais dans le sens qu’il s’est effectivement produit une DISSOLUTION de la communauté juive européenne. Les guerres ne freinent pas le progrès scientifique ; au contraire, elles accélèrent ce progrès ; de la même façon, elles accélèrent tragiquement certains processus de transformation sociale. Depuis des siècles, il se faisait dans la communauté juive mondiale un mouvement géographique de translation de l’Est vers l’Ouest. Ce mouvement se faisait de la Russie ou de l’Ukraine vers la Pologne ; puis, de la Pologne – longtemps lieu privilégié et terre d’asile – vers l’Allemagne ; de l’Allemagne vers l’extrémité occidentale de l’Europe ; de l’Europe vers l’Amérique (Etats-Unis, Canada, Argentine…) ; on constate qu’aujourd’hui la communauté juive américaine, après s’être principalement concentrée sur la côte est des Etats-Unis, se transfère de manière sensible vers la côte ouest : Los Angeles et la Californie sont en passe de devenir la nouvelle Terre promise. Dès avant la dernière guerre, le mouvement de translation d’est en ouest de la communauté juive européenne était si irrésistible qu’un grand nombre de juifs polonais quittaient la Pologne pour venir s’établir dans l’Allemagne de Hitler ; celle-ci prenait alors des mesures de refoulement (Zurückdrängung nach Osten) à l’égard des juifs à passeports polonais.
 
Les parents du jeune Herschel Grynspan furent ainsi refoulés. A Paris, Grynspan assassina Ernst vom Rath, conseiller de légation à l’ambassade d’Allemagne. En réaction à cet assassinat se produisit la « Nuit de Cristal » et, contre les juifs vivant en Allemagne, de nouvelles répressions. Il est tout à fait contraire à la vérité d’affirmer qu’à la fin de la guerre il n’existait pour ainsi dire plus de juifs en Pologne. En l’absence de tout recensement leur nombre ne peut être déterminé, mais même des auteurs exterminationnistes comme Raul Hilberg font état d’un très important mouvement de migration des juifs polonais vers les zones d’occupation britannique ou américaine en Allemagne [16]. Vers 1968, le mouvement de migration reprenait avec force. Quant aux juifs d’Union soviétique, ils émigrent encore aujourd’hui principalement vers les Etats-Unis, via l’Autriche. Considérées par rapport à ce profond mouvement d’est en ouest, la création même de l’Etat d’Israël et la migration déjà presque tarie vers ce nouvel Etat apparaissent comme un phénomène historique qui semble à la fois précaire et pathétique. De profonds changements sociologiques et politiques accélérés par la guerre ou provoqués par elle font qu’aujourd’hui certains systèmes de vie propres à la communauté juive polonaise ne se trouvent plus à Varsovie ou du côté des Carpates mais, par exemple, dans les faubourgs de New York, de Chicago ou de Los Angeles. Comme l’écrit Jacques Madaule, « […] si Sighet, au fond des Carpates, est morte à jamais, tous les lecteurs d’Elie Wiesel le savent bien, elle revit dans les faubourgs de New York, où les hassidim se sont regroupés autour de leurs rabbis [17] ».
[GEORGES ORWELL S’INTERROGE SUR LES « FOURS A GAZ »]
 
L’auteur anglais George Orwell (1903-1950) est de nos jours souvent cité pour avoir écrit une œuvre d’anticipation intitulée 1984. Avec raison on le présente comme un type d’esprit libre, anxieux devant l’avenir réservé à la liberté de l’esprit. Ce que l’on ne sait guère à son propos, c’est qu’il fut probablement le premier auteur révisionniste de notre après-guerre. Dès la fin de la guerre, dès le mois de mai 1945, il posa comme un fait établi qu’il y avait eu une « extermination des juifs allemands et polonais » mais, poursuivant sa réflexion sur la force des moyens de propagande et sur les altérations les plus grossières de la vérité objective, il écrivait qu’il est difficile de croire que les gens sont tout simplement en train de mentir quand ils forgent l’Histoire à leur goût. Il disait : « On peut souvent nourrir un doute sérieux à propos des événements les plus énormes. » Et, parmi un certain nombre de questions qu’il se posait, figurait celle-ci :
 
Est-ce vrai ce qu’on dit des fours à gaz allemands en Pologne ? [18] 
 
Par cette simple question, traduisant ce que les Anglais appellent « a genuine doubt », George Orwell, partant d’une affirmation exterminationniste et posant ensuite une question de sens révisionniste, esquissait le chemin qu’après lui les principaux auteurs de l’école révisionniste ont tous eu à parcourir, ce chemin qui, de la foi, mène au doute. Pour ma part, je ne cherche pas à triompher ou à faire triompher une thèse ; je revendique le droit de m’exprimer, de discuter, de critiquer, de chercher. Je ne connais pas pour un chercheur de bonnes raisons de ne pas révéler le sujet de ses recherches historiques. Si les chambres à gaz homicides de Hitler n’ont pas existé, ne pas le dire c’est participer à un mensonge. Pour reprendre le mot de Soljenitsyne, je ne veux pas croire que « ce qui est exigé de nous c’est d’obéir au mensonge, c’est de participer chaque jour au mensonge » [19].
[PAS D’APOLOGIE D’HITLER]
 
Je ne livre pas de combat. Je travaille d’abord, je publie ensuite ; enfin, si je viens à me battre, c’est pour qu’on ne déforme pas mon travail. Où voit-on que je me fasse l’apologiste de Hitler ? Où ai-je avancé qu’il n’y avait pas eu de victimes raciales de la politique hitlérienne ? Où aurais-je présenté l’histoire des chambres à gaz et du génocide comme une invention de comploteurs cherchant à monter de toutes pièces une vaste escroquerie politico-financière? J’ai esquissé l’histoire de ce qui, dans le temps, a pris la forme d’une rumeur parmi bien d’autres, née à la fois d’une peur et d’une haine qui ne sont que trop normales en temps de guerre ; cette rumeur entretenue à petit feu dans des officines sionistes de Berne et de Genève parmi cent autres rumeurs (camions à gaz, wagons à gaz, électrocutions, pompes à vide, ébouillantement, usines à savon, etc.) a été répercutée à Washington par des sionistes du type du rabbin Stephen Wise, président du World Jewish Congress ; il a fallu attendre novembre 1944 pour qu’elle accède, par les soins du War Refugee Board, au statut de vérité officieuse. Elle n’a commencé d’apparaître comme une sorte de vérité officielle qu’à l’extrême fin de la guerre avec la révélation au monde, stupéfait et écœuré, du charnier des typhiques de Bergen-Belsen. Pendant longtemps elle a connu une singulière ubiquité ; elle était partout ; la magique chambre à gaz homicide, capable de défier toutes les lois de la physique et de la chimie, se trouvait partout où il y avait eu soit des fours crématoires, soit des chambres à gaz de désinfection. Dans la saga de la déportation, tout déporté survivant était censé avoir échappé à la chambre à gaz, principalement les déportés juifs ; puis, le temps passant, le récit s’est transformé et, comme l’a dit l’historienne juive française Olga Wormser-Migot, la chambre à gaz est devenue une sorte de privilège juif que les non-juifs ont essayé de revendiquer aussi pour eux-mêmes ; mais sans succès. Aujourd’hui nombreux sont les juifs qui s’émeuvent de l’emploi politique que Menahem Begin fait de l’Holocauste et des chambres à gaz. Ils vont jusqu’à lui faire le reproche de tirer des chèques en blanc sur l’Holocauste. Ainsi d’immenses souffrances vraies d’un peuple qui, pendant la dernière guerre, a probablement pâti autant que, chacun de son côté, le peuple allemand, le peuple polonais, le peuple russe, le peuple japonais et – on l’oublie toujours – le peuple chinois, se trouvent aujourd’hui converties en argent et en politique pour le profit de quelques-uns. Dans cette affaire, on compte en définitive très peu de menteurs et une masse innombrable de victimes d’un énorme mensonge historique.
 
L’homme a évidemment besoin de mensonge ; comme l’a dit Anatole France, on peut vouloir aimer la vérité mais il faut bien convenir que sans le mensonge l’humanité périrait de désespoir ou d’ennui. A ce titre, le mensonge des chambres à gaz, peu intéressant en lui-même, offre au sociologue, au psychologue, au psychanalyste, à l’historien, au moraliste, au spécialiste des croyances religieuses et des sectes, des tabous et des rites d’une société qui se croit laïque, un champ d’investigation aussi intéressant que l’histoire de la sorcellerie, une histoire, rappelons-le, qui s’est développée non pas au Moyen Age, comme on l’entend dire trop souvent, mais dans cette période de crise intellectuelle intense qu’a été l’époque de la Renaissance et de la Réforme. Le procès de Galilée remonte à la fin de cette période.
 
Paul Rassinier est le plus célèbre des auteurs révisionnistes français. Il est connu pour avoir écrit Le Mensonge d’Ulysse : Ulysse a connu cent épreuves mais, revenu chez lui, il en a raconté mille. P. Rassinier a écrit Ulysse trahi par les siens : il suffit d’écouter les divers récits de ses compagnons d’infortune pour voir qu’Ulysse est un fabulateur qui prétend avoir vu des êtres et des choses qui n’ont pas pu exister. P. Rassinier a aussi écrit Le Véritable Procès Eichmann ou Les Vainqueurs incorrigibles : les vainqueurs ne se lassant pas d’instruire le procès des vaincus ne font qu’accumuler les preuves de leurs propres mensonges, surtout en ce qui concerne les prétendues chambres à gaz homicides et le prétendu génocide des juifs. Il a écrit Le Drame des juifs européens : au-delà du drame de la guerre, les juifs vivent un autre drame : on a menti à leur propos et cela commence à se savoir. Il a écrit L’Opération « Vicaire ». Le rôle de Pie XII devant l’Histoire : un auteur allemand a fait jouer une pièce intitulée Le Vicaire ; dans cette œuvre il accuse le Vicaire du Christ d’avoir été mis au courant de l’extermination des juifs par l’intermédiaire du SS Kurt Gerstein et, à travers le monde entier, cette pièce a été reprise, ainsi que l’accusation sur laquelle elle était bâtie, de sorte qu’on a assisté à une véritable opération politique contre le Saint-Siège ; or, Rassinier le démontre magistralement, les « confessions » du SS Gerstein sont un tissu d’insanités ; donc la base même de l’opération s’effondre ; Rassinier publiait ce livre en 1965 aux éditions de la Table Ronde ; en 1983, une thèse universitaire française va apporter une éclatante confirmation de ses arguments [20].
 
P. Rassinier était un homme de gauche. Il avait été l’un des responsables du réseau de résistance « Libé-Nord ». Arrêté et torturé par le service de sécurité allemand, il avait été déporté à Buchenwald et à Dora. De retour en France, invalide à cent pour cent plus cinq degrés, il reprit un instant la lutte politique et il fut député de la deuxième assemblée constituante. A partir de 1950 il entreprit sa quête de la vérité sur les camps de concentration allemands. Son œuvre, vilipendée en particulier par les communistes mais non par un résistant comme Edmond Michelet, lui valut les attaques habituelles dès lors qu’on porte atteinte à certains tabous. Des associations s’efforcèrent sans succès d’entraîner les tribunaux français dans une condamnation des thèses historiques de P. Rassinier. Jusqu’à sa mort, en 1967, P. Rassinier, sa femme et son fils connurent une existence très difficile. Or, aujourd’hui, on commence à rendre hommage à sa valeur, même dans les rangs de ceux qui le bafouaient. Eugen Kogon faisait partie des auteurs qui, sur les camps de concentration allemands, défendaient la thèse des chambres à gaz. Le 5 mai 1960, P. Rassinier lui écrivait :
 
Il ne vous échappera peut-être pas que, si l’idée a pu venir à l’esprit d’un Pape de faire trancher un problème scientifique par des juristes, quatre siècles ont tout de même passé depuis, et qu’aujourd’hui aucun homme vraiment cultivé n’aurait celle de soumettre à ceux de notre temps un problème historique.
 
[PROCES EN CASCADE]
Pour ma part, depuis le début de l’année 1979 je suis l’objet de procès en cascade de la part de la LICRA et de toutes sortes d’associations. Celles-ci souhaitaient me faire condamner en justice pour « dommage » par « falsification de l’Histoire ». Au cours des procès et des années, elles se sont rendu compte que c’était trop demander. Elles ont trouvé un biais : elles se contenteraient aujourd’hui d’une condamnation pour « imprudence » ou pour tel autre motif du même genre ; puis, sans vergogne, elles feraient ce qu’elles ont fait à Rassinier et ce qu’elles m’ont fait à moi-même jusqu’ici dans la presse ; elles répandraient partout que le faussaire Faurisson ou le falsificateur Faurisson a été condamné. Le Jewish Chronicle de Londres ne répand-il pas déjà à travers le monde que Faurisson a été condamné par les tribunaux français pour, entre autres motifs, « falsification de l’Histoire » ? Cette condamnation est présentée comme un modèle à suivre par la justice britannique à l’endroit des révisionnistes britanniques. En France, ces associations ont pu croire, de bonne foi, que je soutenais une thèse mensongère et facile à réfuter. Elles ont pu le croire en 1979 mais, aujourd’hui, au terme de quatre années de réflexion et d’expériences diverses, elles ne peuvent plus entretenir d’illusions.
[LES HISTORIENS REPONDENT A R. FAURISSON]
 
Deux personnes portent la responsabilité des imprudences de la LICRA et tous autres : Pierre Vidal-Naquet, historien de l’Antiquité, et Georges Wellers, biologiste (?). A la fin de 1978 et au début de 1979, ces deux personnes, aidées de Léon Poliakov, avaient lancé une violente campagne, dans Le Monde notamment, à la suite de la parution de mon article sur « La rumeur d’Auschwitz » (29 décembre 1978). Le même jour, G. Wellers avait tenté de me donner la réplique. Mon texte en droit de réponse du 16 janvier 1979 rouvrait la question. G.Wellers répondait. A sa réponse très faiblement argumentée, je répliquais par un texte que Le Monde refusait d’insérer. Là commençaient les méprises de la LICRA. Ne connaissant pas ma réplique, elle s’imaginait que G. Wellers avait montré que j’avais faussé le sens d’un témoignage : celui du médecin d’Auschwitz, Johann Paul Kremer. Dans leur assignation, la LICRA et tous autres ne formulaient que des accusations vagues ; sur un seul point l’accusation se faisait précise : j’avais, paraît-il, faussé le témoignage du Dr J. P. Kremer. Dans un Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’Histoire, je montrais, en me référant au texte allemand du journal de ce médecin, qu’une véritable tradition falsificatrice lui avait fait dire ce qu’il n’avait jamais dit. Je prouvais également que les aveux du médecin à la justice polono-communiste étaient absurdes. A l’époque de la rédaction de ce mémoire je ne savais pas encore que les autorités du musée d’Auschwitz possédaient la preuve que, de retour en Allemagne, le médecin avait rétracté ses aveux et avait protesté contre le traitement dont il avait été l’objet de la part de la justice polonaise. P. Vidal-Naquet et L. Poliakov, de leur côté, avaient pris l’initiative de faire circuler une pétition qui se terminait ainsi :
 
Il ne faut pas se demander comment techniquement un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu. Tel est le point de départ obligé de toute enquête historique sur ce sujet. Cette vérité, il nous appartenait de la rappeler simplement : il n’y a pas, il ne peut y avoir de débat sur l’existence des chambres à gaz.
 
Cette déclaration devait paraître dans Le Monde du 21 février 1979 ; trente-quatre historiens la signaient ; pas un de ces historiens n’était un spécialiste de l’histoire des camps de concentration ni même de la période considérée. René Rémond, membre du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale et responsable de la section chargée de l’histoire de la déportation, refusait sa signature. Henri Michel, président du même comité, ne signait pas non plus. Logiquement, il ne devait pas y avoir de débat sur l’existence des chambres à gaz. En réalité, tout en faisant signer cette déclaration, P. Vidal-Naquet incitait ses collègues à se mettre au travail sur le sujet et, lui-même, il allait donner l’exemple. Dix-neuf mois plus tard, il publiait dans la revue Esprit une étude intitulée : « Un Eichmann de papier ». Cette étude allait être reprise dans un livre intitulé Les Juifs, la mémoire et le présent. A la page 196 de ce livre on pouvait lire : « Bon nombre d’historiens ont signé la déclaration publiée dans Le Monde du 21 février 1979, très peu se sont mis au travail, une des rares exceptions étant F. Delpech. » En réalité, F. Delpech avait été le seul des signataires à publier un article ; il l’avait intitulé « La persécution nazie et l’attitude de Vichy » et l’avait publié dans la revue Historiens et Géographes [21] ; il s’agissait de la reprise, développée, d’un article qu’il avait fait paraître dans Le Monde du 8 mars 1979. Continuant son œuvre, P. Vidal-Naquet multipliait à tous les échos, en France et à l’étranger, des déclarations sur l’entreprise de falsification de l’Histoire que constituait à ses yeux le travail des révisionnistes. On pouvait s’étonner de voir déployer tant d’efforts sur le sujet des chambres à gaz, un problème qui « ne se posait même pas » à propos d’une réalité historique sur laquelle on possédait, par ailleurs, une « abondance de preuves » (titre de l’un des articles de G. Wellers). Plus étonnante encore était l’initiative de provoquer une rencontre internationale sur le sujet (on voudra bien se reporter à ce que j’ai dit ci-dessus du colloque de Paris, 29 juin–2 juillet 1982, strictement réservé aux auteurs exterminationnistes et qui devait se clore sur une débâcle : celle de la conférence de presse finale). Mais, par-dessus tout, P. Vidal-Naquet allait fournir involontairement la preuve… qu’on ne possédait pas de preuve de l’existence des chambres à gaz ou des camions à gaz homicides. En effet, le 21 avril 1982 allait être fondée à Paris une association appelée l’ASSAG : Association pour l’étude des assassinats par gaz sous le régime national-socialiste. Cette association se donne pour objet de :
 
… rechercher et contrôler les éléments apportant la preuve de l’utilisation des gaz toxiques par les responsables du régime national-socialiste en Europe pour tuer les personnes de différentes nationalités ; – contribuer à la publication de ces éléments de preuve ; – prendre à cet effet tous les contacts utiles au plan national et international.
 
J’ai souligné les mots éléments apportant la preuve et éléments de preuve… et – je cite le texte – « la durée de l’Association est limitée à la réalisation de son objet énoncé à l’art. 1 ». P. Vidal-Naquet et G. Wellers font partie des membres fondateurs de cette association dont la seule existence serait inconcevable si nous possédions ne serait-ce qu’une seule preuve de la réalité de l’« utilisation des gaz toxiques par les responsables du régime national-socialiste en Europe pour tuer (d)es personnes de différentes nationalités ».

 
Résumé des trois annexes

Annexe 1 :

 
Attestation de William Skyvington au sujet de la conférence de presse tenue par les professeurs Raymond Aron et François Furet le 2 juillet 1982 à la fin du colloque international sur « Le National- socialisme et les Juifs » :
 
1. Malgré les recherches les plus érudites on n’a pas trouvé de preuve que Hitler ait ordonné l’extermination des juifs ; on n’a pas non plus trouvé de preuve d’une activité personnelle de Hitler.
 
2. Les deux professeurs se déclarent, à titre personnel, contre les procès intentés [au professeur Faurisson] : « … Je suis contre les procès de cet ordre… je trouve ça absurde… enfin, ce n’est pas à un tribunal de trancher… je trouve absurde que les organisations juives fassent des, des… [inaudible]… je suis entièrement contre… je n’aime pas les procès de sorcellerie… » 
 
 
Annexe 2 :
 
Remarques du professeur Faurisson sur l’Exposition de la déportation (1933-1945), Esplanade du Trocadéro (avril-mai 1982) et, en N.B., sur le livre de G. Wellers : Les chambres à gaz ont existé :
 
Pas une photographie représentant une chambre à gaz homicide, pas même une photographie des prétendues chambres à gaz homicides que visitent les touristes d’Auschwitz, de Majdanek, de Mauthausen, de Hartheim (celle du Struthof est fermée à toute visite depuis le débat ouvert dans Le Monde et Libération fin 1978–début 1979).
 
Annexe 3 :
 
Mise en garde contre le texte du Recueil Dalloz-Sirey : J’ai chargé mon avocat de poursuivre la société éditrice du Dalloz-Sirey pour avoir gravement dénaturé le texte et le sens du jugement du 8 juillet 1981.
 
__________
 
Texte de l’annexe 1
 
William Skyvington [demeurant à] Paris :
 
Je soussigné, William John Skyvington, né le 24 septembre 1940 à Grafton (Australie), de nationalité australienne, ingénieur indépendant en informatique, domicilié [à] Paris, ayant assisté à la conférence de presse tenue par MM. les professeurs Raymond Aron et François Furet dans les locaux de la Maison des sciences de l’homme, le 2 juillet 1982 à 18h30, à l’issue du colloque « Le national-socialisme et les Juifs », déclare avoir procédé à l’enregistrement sonore sur cassette magnétique de la totalité de cette conférence de presse, en accord avec les organisateurs, et d’une manière parfaitement visible, de sorte qu’aucun interlocuteur ne pouvait ignorer le fait que j’enregistrais ses paroles.
 
Cet enregistrement devait constituer un élément intéressant dans le dossier que je prépare depuis quelque temps sur ce que l’on appelle parfois l’« affaire Faurisson » et ses rapports avec la liberté de l’expression en France, sujet dont je pensais me servir éventuellement pour rédiger un ouvrage en langue anglaise.
 
Je certifie que les textes suivants constituent une transcription rigoureuse de trois extraits de cet enregistrement, que je tiens par ailleurs à la disposition du tribunal. Je n’ai effectué aucune coupure volontaire de mots à l’intérieur de ces trois passages.
 
Premier extrait
 
Raymond Aron : « […] l’incertitude tient que, pour les historiens, on a besoin de documents d’archives, ou de preuves. Si on fait simplement du raisonnement, disons, du type compréhensif… [Silence.] Si on dit : “Etant donné sa nature, ses propos, sa doctrine, il est tout à fait compréhensible qu’il ait fait ceci ou cela…”, bon, c’est ce qu’on fait quand on n’a pas de documents. Mais quand il y a des historiens qui disent : “Bien sûr que c’est compréhensible à partir d’une certaine représentation de Hitler…” [Silence.] Mais ils n’ont pas les preuves, et ils ont… [Silence.] Tout le monde a cherché, mais on a constaté que l’on n’a pas trouvé ce que l’on cherchait ; et que, d’autre part, dans le déroulement on n’a pas trouvé l’activité personnelle de Hitler. »
[DECISION DE LA « SOLUTION FINALE » NON DEMONTREE]
 
Second extrait
 
Un journaliste : « Et donc aujourd’hui, après ce colloque, après les travaux qu’ont faits tous les historiens qui étaient là, on peut considérer comme un fait certain que la décision de la solution finale a été prise ? Et par Hitler personnellement ?
Raymond Aron : Non.
François Furet : Non, je ne dirais pas ça.
Raymond Aron : Non. On pourrait dire que c’est le plus probable, mais en fonction de raisonnements. Mais ce n’est pas démontré par les recherches les plus érudites. »
 
Troisième extrait
 
Un journaliste : « Est-ce que vous estimez judicieux qu’il y ait eu des procès devant la justice ?
Raymond Aron : Le colloque n’a rien dit. Moi, à titre personnel, je suis contre les procès de cet ordre.
François Furet : Je trouve ça absurde. Enfin, ce n’est pas à un tribunal de trancher.
Raymond Aron : Je trouve absurde que les organisations juives fassent des, des… [inaudible].
Interlocuteur : On n’en a pas discuté.
Raymond Aron : On n’en a pas discuté. Mais… C’est en dehors du colloque, à titre personnel, moi je suis entièrement contre.
Interlocuteur : C’est aussi la position de Vidal-Naquet. 
François Furet : Je pense que oui. 
Raymond Aron : Je n’aime pas les procès de sorcellerie.. »
Texte de l’annexe 3 
Mise en garde contre le texte du Recueil Dalloz-Sirey
 
Dans leurs mémoires ampliatifs (p. 2, fin du premier alinéa), les parties adverses font référence au jugement rendu le 8 juillet 1981 par le tribunal de grande instance de Paris tel qu’il a été reproduit dans le Recueil Dalloz-Sirey du 3 février 1972, p. 59, note Bernard Edelman.
 
Dès lors, deux observations me paraissent s’imposer :
 
1. le 10 novembre 1982 le tribunal de police de Paris a condamné le directeur responsable du Recueil Dalloz-Sirey pour m’avoir refusé l’exercice du droit de réponse ;
2. j’ai, par ailleurs, chargé mon avocat, Me Eric Delcroix, du barreau de Paris, de poursuivre devant la juridiction civile la société éditrice du Recueil Dalloz-Sirey pour avoir gravement dénaturé le texte et le sens du jugement qu’elle prétendait reproduire.
 
Indépendamment de coupures signalées, parfois accompagnées d’un résumé dont le lecteur scrupuleux a toujours la possibilité (bien hypothétique en fait…) de vérifier l’objectivité en se référant à la source, le texte publié par Dalloz-Sirey comporte des coupures non signalées qui altèrent gravement le sens du jugement. Ces coupures non signalées par des points de suspension sont particulièrement graves :
 
1° – parce que la présence de coupures signalées rassure sur le caractère rigoureux et honnête de la publication et endort la vigilance du lecteur ;
2° – parce que toutes les coupures non signalées visent à empêcher le lecteur de prendre connaissance des parties du jugement qui contredisent les interprétations de Me Edelman. Aucune de ces coupures n’est anodine et la volonté d’induire en erreur est manifeste.
 
Sont notamment supprimées les « … prétentions des parties » dont la lecture aurait conduit à découvrir que le tribunal, bien qu’ayant condamné, n’avait pas suivi le plaignant dans sa demande, le plaignant n’étant parvenu à objectiver aucune faute précise, aucune dénaturation de texte, aucune falsification prétendument commises par le professeur défendeur.
 
Sont également supprimés toute mention et tout élément du texte pouvant laisser supposer l’existence de l’intervention volontaire à titre principal et à titre accessoire, au côté du professeur, de Serge Thion, sociologue, chargé de recherches au CNRS ; Maurice Di Scuillo, homme sans qualité ; Gabor Tamas Rittersporn, historien, sociologue, attaché de recherches au CNRS ; Jean-Luc Redlinski, homme sans qualité ; Jean-Gabriel Cohn-Bendit, auteur d’une étude sur le journal de J. P. Kremer et travaillant à une recherche sur les confessions de Rudolf Höss ; Pierre Guillaume, éditeur sans qualité ; Jacob Assous, homme sans qualité.
 
Ainsi, dans un procès particulièrement grave au regard des principes, qui met en cause la liberté du chercheur, la déontologie de l’historien et la liberté d’expression, parvient-on à cacher la présence au côté du professeur de chercheurs et d’historiens qui attestent du caractère sérieux de ses travaux.
 
C’est ainsi que de nombreux juristes sont amenés à travailler sur le texte gravement tronqué d’un jugement, sans qu’aucun d’entre eux ait même envisagé que la publication par le Recueil Dalloz-Sirey pût être déficiente. 
 
12 janvier 1983
Notes
[NDLR (Gayssoteries) : Nous n’avons laissé des notes que celles qui étaient relatives à l’extrait présenté ici]
[12] R. Faurisson, Réponse à Pierre Vidal-Naquet, p. 31.
[13] [N. Goldmann], « Nahum Goldmann : au nom d’Israël », Le Nouvel Observateur, n° 624, 23-29 octobre 1976.
[14] Voy. G. Wellers, L’Etoile jaune à l’heure de Vichy…, Paris, Fayard, 1973, chapitre 1.
[15] Voy. L. Sebba, « The Reparations Agreements : A New Perspective », Annals of the American Academy of Political and Social Sciences, Philadelphie, juillet, 1980.
[16] R. Hilberg, The Destruction of the European Jews, 1979, p. 728.
[17] A propos de Paroles d’étranger d’Elie Wiesel, Le Monde, 24 décembre 1982, p. 11.
[18] G. Orwell, « Notes on Nationalism », mai  1945, réédité dans The Collected Essays, Londres, Penguin Books, 1978, p. 21.
[19] Le Monde, 4 février 1978, p. 2.
[20] Cette thèse a été soutenue en 1985 par H. Roques et a provoqué « l’affaire Roques ». [NdE]
[21] Historiens et Géographes, mai-juin 1979, p. 591-635.
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