MICHEL ONFRAY SOUTIENT LA LOI GAYSSOT

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Michel Onfray rappelle son soutien à la loi Gayssot. Ses références en matière de révisionnisme sont Dieudonné et Alain Soral – deux personnages qui offrent une tribune au révisionnisme sans être eux-mêmes des révisionnistes en ce qu’ils n’ont jamais rien produit en la matière  – nous nous interrogeons (Voir vidéo ci-après).

En 2010, Michel Onfray publiait « Le Crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne ».

Dans une démonstration fort documentée, fruit d’un travail minutieux évident, il a jeté un discrédit sur les bases mêmes de la psychanalyse. Ce faisant, il a levé une vague de suspicion (prévisible) sur une profession toute entière.

En effet, que vaut le travail d’un psychanalyste lorsqu’il repose en partie sur le tissu d’affabulations d’un homme (Freud) obsédé (entre autres) par des rêves de gloire? Que vaut alors la psychanalyse, quand bien même elle serait pratiquée par d’honnêtes gens  sur des patients satisfaits, lorsqu’une grande partie de ses bases théoriques s’effondre? Que vaut un guide de haute montagne lorsqu’il mène les pèlerins sur la base d’une carte qu’il a en grande partie inventée et travestie ?

Monsieur Onfray, lorsqu’il a « commis » ce livre, n’a-t-il pas fait de la psychanalyse le sujet de son « révisionnisme » historique personnel? Que nenni! Il s’offusque de voir l’horrible mot appliqué à un domaine de recherche autre que celui qui discute l’existence des chambres à gaz hitlériennes. Selon lui, le terme serait bien trop ambigu pour qu’on l’applique à la révision de l’histoire de la psychanalyse : révision qu’il préfère qualifier de « critique historique » : c’est là jouer avec les mots d’une façon tout-à-fait ridicule et surtout bien frileuse puisque le travail de cet ouvrage consiste bel et bien à réviser une position officielle et majoritairement admise quant à l’histoire de la psychanalyse.

Dans la préface de son ouvrage, il se demandait (1) « Mais alors, quel besoin d’user d’un mot qui entretient l’ambiguïté, ou, pire, laisse entendre que s’opposer à Freud avec des arguments historiques vérifiables range les historiens critiques de la psychanalyse aux côtés des négateurs de la solution finale? Je découvrais dès lors l’hystérique combattant l’historique dans une guerre où, à l’évidence, les armes rationnelles de l’historien pèsent peu face à la foi déraisonnable de l’hystérique qui n’hésite pas à recourir aux plus graves insultes (l’insinuation de complicité avec Hitler!), pour discréditer l’adversaire, donc pour éviter un réel débat d’idées, un authentique échange de points de vue, une confrontation intellectuelle digne, une discussion posément argumentée, autant de procédures relevant de l’intersubjectivité culturelle la plus élémentaire… » 

Monsieur Robert Faurisson (puisqu’il le cite dans son intervention) n’a-t-il pas, tout comme Monsieur Onfray et dans une mesure tout-à-fait considérable, effectué un travail de critique historique avec des « armes rationnelles ouvrant la porte  à de réels débats d’idées, à un authentique échange de points de vue, à une confrontation intellectuelle digne, une discussion posément argumentée » avant que la loi Gayssot ne soit votée? Monsieur Faurisson n’a-t-il pas, à ce jour, rédigé des milliers de pages présentant le fruit de plusieurs décennies de travaux de recherches accompagnées de leurs sources et de leurs références? Monsieur Faurisson ne s’est-il pas toujours présenté comme un intellectuel en mal de débat ouvert sur le sujet qu’il a choisi de discuter? Pour Michel Onfray, la cause est entendue : il n’aime pas les révisionnistes et, plutôt que de se risquer à affirmer que Monsieur Faurisson est un cinglé illuminé qui affirme des contre-vérités pour le seul plaisir de dire du mal des juifs et dans une volonté maquillée de poursuivre l’œuvre d’Hitler, il préfère ne rien déclarer du tout.

Il est fort pratique de se contenter de dire qu’on  désapprouve quelqu’un en faisant l’impasse sur ses travaux dont on fait mine d’ignorer l’existence. La première option  – désapprouver sans argumenter – rassure la doxa et vous range du côté des justes. La seconde option en revanche – faire état des travaux  en guise d’argumentaire – vous met le doigt dans un engrenage qui vous avale tout entier en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire : la presse s’affole, la machine judiciaire vous écrase et, en fin de parcours, conspué et discrédité, la mort sociale et professionnelle sont assurées  – si ce n’est la mort sous les coups de quelque milice furibonde qui se réserve le droit d’attaquer à tout moment, en plein jour et devant témoins pendant votre promenade quotidienne (on ne se cache pas lorsqu’on frappe un homme pour la bonne cause !).

Plus avant dans sa préface, Monsieur Onfray raconte (2) :« hors j’ai lu ces livres : ils disent vrai… Cette découverte suscita donc pour moi une sidération sans nom : d’abords, ces auteurs n’avaient rien d’antisémite, ils se trouvaient faussement qualifiés de « révisionnistes », leur positions politiques, si elles pouvaient  (peut-être) n’être pas de gauche, n’en faisaient pas pour autant des militants de la cause extrémiste de droite! La qualification de « révisionnistes » s’effectue toujours dans le corps du texte. En bas de page, une note signale que, bien évidemment, ce mot n’a rien à voir avec les révisionnistes qui, compagnons des négationnistes, nient l’existence des chambres à gaz… »

Notons que, chez Monsieur Onfray, la position politique d’un intellectuel fait sens lorsqu’il s’agit de se forger une opinion sur ses travaux. Pourtant, quelle importance si l’objet de ses travaux n’est pas la dite idéologie ? Les positions politiques d’un chercheur, quelles qu’elles soient, n’ont pas vocation à lui donner la licence pour réviser et critiquer l’histoire de la psychanalyse ni même toute autre histoire, surtout lorsqu’il s’agit d’un sujet qui exige le développement d’un argumentaire qui s’appuie sur des preuves matérielles. La seule chose qui importe et qui doit compter en terme d’évaluation demeure la matière présentée pour exposer une position sur la question étudiée. Ajoutons à ceci que l’antisémitisme avéré d’un intellectuel, s’il peut ternir son image et le rendre antipathique, n’est pas un critère de jugement d’un travail dont les sources et la matière sont vérifiables.

Et c’est à la manière d’un enfant que Michel Onfray semble découvrir la cruauté des combats idéologiques : il s’étonne de ce que, contrairement à ce qu’avaient prétendu les gardiens de la légende, les critiques historiques du processus d’élaboration de la théorie de Freud ne s’accompagnaient pas de la moindre déclaration antisémite. En écrivant ces lignes, il  renseigne le lecteur sur sa position quant à l’antisémitisme; le lecteur pourrait même imaginer qu’il aurait très certainement jeté les ouvrages s’il en avait été autrement ! Michel Onfray n’est pas antisémite et ce, malgré qu’il s’attèle à la déconstruction des travaux d’un juif célèbre. Que le lecteur se le tienne pour dit : il est possible de détruire la réputation d’un juif illustre sans être antisémite ! Relevant la judéité de Freud, Michel Onfray s’est trouvé forcé de se défendre d’être antisémite et, de surcroît, les ouvrages qui l’ont mené à rédiger le sien n’étaient eux-mêmes pas antisémites ! Ceci aidant, son ouvrage est blanchi d’avance et le lecteur sait qu’il avancera en terrain propre. Malheureusement, l’accusation d’antisémitisme est diablement opportuniste puisque Monsieur Onfray en fera le frais à la sortie de son livre : comme les nazis en leur temps, il s’en prenait à Freud! Considérant la suspicion hystérique d’antisémitisme permanente qui règne en France, nous ne pouvons lui reprocher de prendre de telles précautions, même si nous trouvons fort étrange et contre-productif de se défendre par avance de ce dont on a peur d’être accusé : si nous devions le faire, nous y passerions nous-mêmes le plus clair de notre temps. Il appartient aux accusateurs d’apporter les preuves, non pas aux craintifs d’apporter les contre-preuves d’accusations qui n’ont pas encore été portées.

Monsieur Onfray, philosophe de son état (et non historien ni même psychanalyste) s’est attelé à l’analyse critique de l’histoire de la psychanalyse, comme d’autres l’ont fait avant lui. Malgré que les « gardiens de la légende écartaient toute la littérature critique d’un revers de la main en la considérant comme « révisionniste », antisémite, réactionnaire et fleurant bon le compagnonnage avec l’extrême droite » (3) Il a « lu ces livres » et décidé de  participer de la révision d’une histoire. Il est en dehors de sa « juridiction » et peut-être même que certains lui reprochent de ne pas être à la hauteur d’un tel sujet pour n’avoir pas pratiqué lui-même la psychanalyse et connaître le terrain qu’il s’apprête à dynamiter, abimant injustement d’honnêtes praticiens qui, eux, sont à même de valider ou invalider Freud ? Qui sait, Freud a-t-il peut-être finalement visé juste en empruntant un chemin dérobé, par hasard, par intuition ou par chance ?

Michel Onfray ne s’est pas posé la question de savoir dans quelle mesure son ouvrage porterait préjudice. Il s’est contenté de rendre compte de ce qu’il avait trouvé, vérifié, découvert et il a eu raison. Le simple fait qu’il ait lu ces livres réputés révisionnistes, antisémites, réactionnaires et taquinant l’extrême droite est un discrédit jeté sur tous les freudiens les plus virulents. Mentaient-ils, tous ces freudiens? Ont-ils inventé l’antisémitisme des historiens critiques et imaginé leurs accointances avec l’extrême droite ? N’ont-ils pas utilisé la diffamation pour protéger leurs intérêts et leur convictions dont ils refusaient coûte que coûte de se défaire ?

Quoiqu’il en soit et malgré tout, Monsieur Onfray refuse d’être qualifié de révisionniste, terme ambigu qui, d’après lui,  devrait être exclusivement réservé à ces femmes et ces hommes qui se sont penchés sur l’histoire des chambres à gaz Hitlériennes (et ont osé conclure, froidement et de façon totalement inconsidérée pour les victimes, qu’elles n’étaient pas une réalité historique mais un bobard de guerre gravé dans le marbre par le truchement de procès intentés aux vaincus par les vainqueurs à l’issue de la guerre – le cas des juifs qui se sont penchés sur le révisionnisme n’est bien évidemment jamais abordé puisqu’il n’entre pas dans cette conception toute manichéenne des sujets de recherche).

Allant jusqu’à considérer la négation des chambres à gaz comme une complicité d’Hitler il réaffirme sans ambages sa profonde confiance en l’histoire officielle (mais non pas celle de la psychanalyse freudienne puisqu’il a travaillé sur la question) ainsi que sa position  verrouillée sur le sujet qui brûle : façon préventive d’étouffer les braises au cas où certains esprits chagrins voudraient souffler dessus.

En outre, il exhibe ici son incapacité à considérer la possibilité que des femmes et des hommes, de par le monde entier, soient honnêtement et sincèrement convaincus de la non existence des chambres à gaz. Par là-même, et évacuant chez eux toute trace d’honnêteté intellectuelle,  il lui est par la suite fort aisé de les décréter complices d’Hitler. Mais il ne pouvait en être autrement car, s’il se risquait à entrevoir chez certains négateurs des chambres à gaz une seule once de sincérité ou d’honnêteté (être honnête et sincère ne signifie pas qu’on a raison), il serait bien contraint de défendre leur droit de s’exprimer, bien contraint de les regarder comme il se regarde lui-même : en homme honnête, sincère, courageux, travailleur et qui ne se risque pas à déconstruire un mythe sans être en mesure de prouver ce qu’il avance, de montrer les failles de ce qu’il critique et de présenter les sources qu’il utilise. Les révisionnistes des chambres à gaz homicides, eux, sont malhonnêtes, fourbes, pleutres et fainéants : il le sait, il en est convaincu !

En somme, son postulat de départ qui consiste à ne pas attester l’existence de travaux révisionnistes tout aussi appliqués que les siens lui permet de se dégager prestement d’un fabuleux « nid à emmerdes ».

Monsieur Onfray est très mal à l’aise sur la question du révisionnisme relatif à la seconde guerre mondiale. Grand bien lui fasse et que lui profite la loi française qui n’interdit pas encore la  révision du mythe freudien sur la base d’un outrage et d’un préjudice moral commis à l’encontre des représentants d’une profession approuvée par des millions de patients disposés à témoigner de ses bienfaits.

Nous ne saurions d’ailleurs trop lui conseiller, à présent qu’il a participé de la déconstruction d’un mythe impliquant un homme juif, de ne jamais « tomber » dans le révisionnisme relatif aux chambres à gaz : les suspicions qu’il est parvenu à geler avec brio au prix de bien des déclarations en défense lui sauteraient au visage ; Michel Onfray serait alors définitivement qualifié de philosophe antisémite  grimé en homme de gauche pour mieux infiltrer de son idéologie nazie l’esprit des honnêtes gens.


(1) Préface, page 35, Editions Le Livre de Poche.

(2) (3) Préface, page 34, Editions Le livre de Poche.

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