TRIBUNAL DE NUREMBERG : PROTESTATIONS (PARTIE I)

Photo Nuremberg

NDLR (Gayssoteries) : Nous vous livrons ici quelques extraits de protestations parmi celles, innombrables, que les procès de Nuremberg ont suscitées dans l’opinion publique dès 1946.

Dans son ouvrage « Le paradoxe juif » (1976), Nahum Goldmann, ancien président du Congrès Juif Mondial et fervent défenseur du projet sioniste qu’il a activement porté jusqu’à sa réalisation, avait parlé de Nuremberg en ces termes :

« On mesure mal l’importance que revêtit le tribunal international de Nuremberg. D’après la loi internationale, il était en effet impossible de sanctionner des militaires ayant obéi aux ordres. C’est Jacob Robinson qui eut cette idée extravagante et sensationnelle.

Quand il commença à en parler aux juristes de la Cour suprême des États-Unis, ils le prirent pour un fou : « Qu’ont donc fait d’inouï ces officiers nazis? demandèrent-ils. On pourrait imaginer qu’Hitler passe en jugement, Goering à la rigueur, mais pas de simples militaires qui ont exécuté des ordres et se sont comportés en loyaux soldats. »

Nous eûmes donc le plus grand mal à persuader les alliés; les Anglais étaient plutôt contre, les français n’étaient guère intéressés et, s’ils ont participé ensuite, ils n’ont pas joué un grand rôle. La réussite vint de ce que Robinson réussit à convaincre Robert Jackson, juge à la Cour suprême américaine. »

Paul Sauriol – Le Devoir – Montréal, Editorial du 1er Octobre 1946, au moment de la publication de l’acte d’accusation:

«…La quadruple accusation soutenue à Nuremberg mêle des choses fort disparates au point de vue culpabilité. Ainsi le premier chef d’accusation comprend l’établissement du parti et de la dictature naziste (sic), ce qui comportait des actes répréhensibles, mais pas plus que le parti et la dictature communistes des Soviets et de leurs satellites.

« … Tandis que les vingt-deux accusés étaient tous accusés sous le premier chef, seize d’entre eux étaient accusés sous le deuxième chef, les crimes contre la paix.

Il s’agit là de la préparation de la guerre d’agression et de la violation de traités et accords internationaux. Douze de ces accusés ont été trouvés coupables. La guerre moderne totale exige des préparatifs poussés, et, avec le précédent posé à Nuremberg, il sera facile aux vainqueurs de l’avenir de condamner les chefs vaincus, en invoquant par exemple les programmes d’armement, les plans que préparent d’office tous les états-majors du monde, les recherches ou expériences sur les armes atomiques et autres armes secrètes.

« Mais un tribunal constitué par les vainqueurs est radicalement inadmissible. Car ils se font juges des vaincus, et prétendent condamner jusqu’à la politique nationale allemande qui a préparé la guerre ; or les vaincus ont affirmé qu’ils entendaient se défendre contre un encerclement politique et économique qu’ils considéraient comme une autre forme d’agression. Les vainqueurs se trouvent ainsi amenés à rendre jugement dans leur propre cause, et ont intérêt à condamner les vaincus pour disculper leurs propres pays.

Paul Sauriol – Le Devoir – Montréal, Editorial du 12 avril 1948, au moment de la publication du procès de Nuremberg :

« Les historiens considèreront avec étonnement ce grand procès qui posait des précédents redoutables en matière de droit international. En vertu du jugement de Nuremberg, il est entendu que les vainqueurs ont le droit de juger et de condamner les vaincus ; de les juger et condamner en vertu des « lois » rétroactives promulguées après leur défaite ; les vainqueurs peuvent se constituer à la fois les accusateurs et les juges ; ils peuvent aussi juger les seuls actes des vaincus, sans tenir compte du tout des actes analogues commis par les vainqueurs ; enfin, le fait d’avoir préparé une guerre d’agression sera un crime pour les vaincus, car ce sont les vainqueurs qui diront de quel côté aura été l’agression.

Nuremberg 03

Déclaration d’un haut magistrat indien, le Juge Radhabinode Pal, de la Haute cour de Calcutta, représentant de l’Inde au Tribunal de Tokyo (il renonça a ses fonctions en accompagnant sa lettre de démission d’un véritable réquisitoire contre le procès des « criminels  de guerre ») :

« Un soi-disant procès fondé sur des griefs définis actuellement par les vainqueurs efface les siècles de civilisation qui nous séparent de l’exécution sommaire des vaincus. Un procès fondé sur une telle définition de la loi n’est rien d’autre que l’usage déshonorant des formes légales pour la satisfaction d’une soif de vengeance. Il ne correspond à aucun idéal de justice… Affirmer qu’il appartient aux vainqueurs de dire ce qui fut un crime et de punir à son gré, c’est revenir aux âges où il lui était conquis, de se saisir de tout ce qu’il contenait et de tuer les habitants ou de les emmener en esclavages. »

 

Intervention de Lord-Evêque de Chichester à la chambre des Lords le 23 Juin 1948 rapportée dans le Hansard, vol. 156, n° 91)

«Deux principes fondamentaux de la loi internationale, telle qu’on la comprenait jusqu’à ces dernières années, ont été violées par la structure légale improvisée pour les procès des criminels de guerre à Nuremberg.

« En premier lieu, il n’est pas discuté que la loi qui inculpe les accusés est une loi mise en vigueur longtemps après que beaucoup des actes spécifiés dans l’acte d’accusation avaient été commis.

Nulla poena sine lege* est la base de la loi à cet égard. La Charte entière est une liste détaillée de crimes commis, mais les crimes, tels qu’ils sont exposés dans la Charte quelque uns d’entre eux pour la première fois sont des crimes exposés et publiés après la fin de la seconde guerre mondiale. Il y eut un exemple frappant de législation rétroactive dans la dénonciation en avril 1942 de l’article 443 du chapitre XIV du Manuel anglais des supérieurs constituent une bonne défense à une accusation de crime de guerre…

« Il y a des principes fondamentaux de la loi internationale qui ont été jusqu’à présent couramment admis et il y a un autre principe de la loi internationale sur lequel je ne pense pas que nous serons en désaccord, à savoir le principe d’impartialité. Je suis sûre que le noble et savant vicomte qui siège sur le Sac de Laine (le chancelier) ne sera pas cette fois d’une opinion contraire. On a pas cherché à atteindre les crimes de guerre commis par les puissances totalitaires et, parmi les juges de Nuremberg, il n’y en avait pas qui appartinssent à des pays neutres. »

(NDLR : *Nulle peine sans une loi. « Le principe de légalité, formel ou matériel, ne serait rien sans ses corollaires : le principe d’interprétation stricte et la non-rétroactivité pénale. En effet, où serait la sécurité juridique si des lois, votées par le parlement et précises, venaient régir des situations antérieures à leur publication ou étaient étendues par les juges à des cas qu’elles ne visent pas ? »
(source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_de_l%C3%A9galit%C3%A9_en_droit_p%C3%A9nal))

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John Duffield, spécialiste de la sociologie et de la psychologie collective – Word Review, Août 1946 :

« Le traitement de nos anciens ennemis est basé fondamentalement, non sur la justice, mais bien sur une névrose des masses. En effet, on a inventé à cet effet une nouvelle « justice », unilatérale.

Car n’est-il pas étrange que, sur quelques trente millions d’hommes qui ont combattu pour les alliés, il n’y en ait pas un seul qui ait été traduit devant un tribunal pour crimes de guerre ou atrocités ? …

« Actuellement, la guerre n’est que la violence portée à ses extrêmes limites, elle comporte d’innombrables cruautés, aussi bien préméditées qu’accidentelles, mais l’ennemi paraît à l’opinion encore plus cruel, brutal et sadique qu’il n’est réellement, car, en plus des crimes qu’il a commis réellement, il nous apparaît comme chargé de tout l’enfer de notre propre inconscient, car toutes les tendances mauvaises que nous condamnons avec le plus de force et qui sont réprimées dans notre inconscient, nous les projetons au dehors sur lui. Et il apparaît ainsi comme un monstre inhumain, n’ayant plus rien de commun avec nous…

En temps de guerre, cette projection populaire de la totalité des puissances du mal sur l’ennemi est encouragée journellement par la propagande, le thème des « atrocités » devenant la principale méthode employée pour cela. »

Chicago Tribune – Editorial du 10 juin 1946 :

« Le statut au nom duquel les accusés sont jugés est une invention propre à Jackson et contraire au droit international tel qu’il est défini dans la seconde Convention de La Haye. En inventant un tel statut, Jackson, par là-même, instaure une légalisation du lynchage. »

 

Professeur Joaô das Ragras – Um Novo Direito Internacional, Nuremberg – Février 1947 :

« Parce qu’il n’était pas possible aux accusateurs de juger le phénomène historique d’Hitler « en personne », ils ont entrepris la tentative de renverser le prodigieux édifice de son œuvre politique et spirituelle au moyen de la formule des cinq points de l’accusation… Le procès des criminels de guerre n’a pas été un exemple du droit démocratique de libre défense, mais bien, au contraire, un enchaînement, sans précédent dans l’histoire du droit, de violations d’empêchements systématiques imposés à la défense ».

« Ce n’est pas la peine d’examiner dans son contenu juridique le bavardage ridicule du verdict de Nuremberg en ce qui concerne les guerres d’agression des Allemands contre l’Autriche, la Tchécoslovaquie, le Danemark, la Norvège, la Hollande, la Belgique ou les pays balkaniques, puisqu’on a interdit aux avocats allemands d’y opposer les pièces secrètes prises aux alliés pendant la guerre et les plans des états-majors français et anglais. Le texte des productions sur lequel se base le verdict représente une falsification de l’histoire véritable qui peut difficilement être dépassée ».

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(Source : Les articles cités sont tirés de l’ouvrage incontournable « Nuremberg II ou la terre promise » de Maurice Bardèche, 1950, Editions les Sept Couleurs).