TRIBUNAL DE NUREMBERG : PROTESTATIONS (PARTIE II)

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N.D.L.R (Gayssoteries) : Voir notre premier recencement de protestations relatives aux procès du Tribunal de nuremberg : https://gayssoteries.wordpress.com/nos-articles/tribunal-de-nuremberg-protestations/

Pourquoi ce recensement? Parce que la loi Gayssot entérine les jugements rendus aux procès de Nuremberg et qu’elle interdit de remettre en question les décisions de cette « Justice » des vainqueurs à la fois juges et parties. Parce que de nombreuses déclarations des procès de Nuremberg ont, depuis lors, été officiellement révisées tandis qu’on cloue au pilori ceux qui continuent de les réviser dès lors qu’il s’agit de son principal chef d’accusation : le crime contre l’humanité, le génocide et l’arme du crime de ce génocide : les chambres à gaz.

Rappel de deux articles inacceptables du Statut du Tribunal Militaire International de Nuremberg :

Article 19

Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l’administration des preuves. Il adoptera et appliquera autant que possible une procédure rapide et non formaliste et admettra tout moyen qu’il estimera avoir une valeur probante.

Article 21

Le Tribunal n’exigera pas que soit rapportée la preuve de faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis. Il considérera également comme preuves authentiques les documents et rapports officiels des Gouvernements des Nations Unies, y compris ceux dressés par les Commissions établies dans les divers pays alliés pour les enquêtes sur les crimes de guerre, ainsi que les procès-verbaux des audiences et les décisions des tribunaux militaires ou autres tribunaux de l’une quelconque des Nations Unies.

Le Statut complet du Tribunal de Nuremberg :https://gayssoteries.wordpress.com/textes-de-loi/tribunal-de-nuremberg-1945/

Nuremberg nous déshonore, Chicago Tribune du 10 Juin 1948 :

« Le juge Wennerstrum, un juriste d’un caractère indiscuté, a été l’un des trois juges américains désignés pour juger le procès du groupe de généraux allemands accusés d’assassinat d’otages (en Yougoslavie). Le procès dura plus de la moitié d’une année. Le chef du ministère public était le général Taylor. Deux des accusés furent acquittés et huit autres furent condamnés à des peines de prison. Le lendemain du jour où le verdict fut rendu, notre collaborateur Hal Foust interviewait le juge Wennerstrum.

« Le Juge exprima son regret d’avoir accepté de présider ce procès, estimant qu’il n’avait guère servi à édifier le peuple allemand… Puis il en vint à quelques détails.

Beaucoup des hommes de loi, interprètes, secrétaires et enquêteurs attachés à l’accusation étaient des Américains de nationalisation récente qui avaient des raisons personnelles pour haïr les nazis. L’accusation essaya et montra certains documents essentiels à la défense et montra beaucoup d’aigreur contre le tribunal lorsqu’il insista pour qu’on se conduisît loyalement en ce domaine. Le général Taylor avait établi presque toute son accusation sur des déclarations et des aveux obtenus de détenus sur qui étaient depuis deux ans et demi en prison, « ce qui est en soi un élément de contrainte », selon la propre expression du juge… Le but de ces procès de propagande a été de rejeter tout le mal de la guerre sur l’ennemi, bien que chacun sache parfaitement que toutes les grandes nations, y compris la nôtre, ont leur proportion de criminels de guerre. »

Le Devoir, M. Paul Sauriol, Editorial du 1er Octobre 1946, au moment de la publication de l’acte d’accusation :

«Le chapitre des crimes contre la paix présente autant de difficultés que celui de la conspiration pour livrer la guerre d’agression. Sur la violation des traités et sur les méthodes de la guerre totale, des juristes allemands ou japonais pourraient préparer un dossier accablant contre les chefs alliés.

« … Quant aux méthodes de guerre, la blitzrieg et les bombes volantes restent bien loin en arrière des bombardements alliés de Dresdes, de Berlin, de Hambourg. A Dresde, en une nuit, les bombardements alliés ont fait périr 300 000 personnes, des civils, dont un grand nombre étaient des fugitifs fuyant devant l’armée rouge. Ce bombardement systématique d’une population civile s’est produit alors que les Alliés étaient assurés de gagner la guerre, que l’armée allemande se repliait presque en déroute. Et que le Reich ne résistait plus que parce qu’on lui refusait l’armistice. Et, toujours, sous le deuxième chef d’accusation, que peut-on reprocher aux chefs de l’axe de plus criminel, de plus clairement contraire aux traités et au droit de la guerre que les bombardements atomiques de Hiroshima et de Nagasaki ?

« Les condamnés de Nuremberg sont peu sympathiques et leur sort a bien peu d’importance auprès des principes en jeu dans ce procès. Car le jugement prononcé aujourd’hui pose un précédent grave. Sous prétexte de justice, les Alliés ont reporté les mœurs internationales à ce qu’elles étaient avant la civilisation chrétienne. S’il survient une troisième guerre mondiale, les chefs des belligérants pourront s’attendre, en ce cas de défaite, à subir le sort des vaincus de l’Antiquité. »

Churchill-Roosevelt-et-Staline-à-Yalta

Le Devoir, Editorial du 8 Octobre 1946 et qui fait écho au discours du sénateur Taft :

« Le sénateur Robert-A. Taft, de l’Ohio, aspirant à la candidature républicaine présidentielle pour 1948, a dénoncé samedi les verdicts prononcés à Nuremberg, disant que ces condamnations « violent le principe fondamental du droit américain », qu’un homme ne peut être jugé en vertu d’une loi adopté après que l’acte incriminé a été commis. M. Taft s’est borné à invoquer le plus flagrant grief que l’on puisse formuler à l’adresse du Tribunal de Nuremberg : la rétroactivité de la « loi » promulguée par les vainqueurs que la guerre est un crime.

« Il aurait pu invoquer plusieurs autres principes de droit aussi formels : que l’accusateur ne doit pas cumuler les fonctions de juge, que les chefs politiques jouissent d’une immunité personnelle pour leurs actes politiques officiels, que les chefs militaires jouissent d’une immunité personnelle analogue pour l’exécution des ordres militaires de leur gouvernement. Ces principes respectés, il ne resterait que les crimes de droit commun, et la plus élémentaire décence exigeait encore que les accusateurs et les juges ne soient pas solidaires eux-mêmes de crimes semblables. M. Taft a affaibli sa courageuse protestation en admettant de façon assez illogique que le tribunal allié aurait dû se contenter de condamner les « coupables » à l’emprisonnement à perpétuité…

« … D’autres voix discutent le jugement de Nuremberg, mais en sens contraire. Aux Etats-Unis, des journaux commettent de façon approbative les paroles du sénateur Taft. La Chicago Tribune écrit que ce procès a été une farce depuis le début et qu’il est absurde de voir des juges représentant Staline juger des Allemands accusés d’avoir livré une guerre d’agression, alors que Staline lui-même a conspiré avec Hitler pour livrer une guerre d’agression contre la Pologne. Le journal conclut que le monde « ne peut pas respecter le verdict du Tribunal de Nuremberg, parce que ce tribunal n’est pas mieux qu’une cour hitlérienne ; la loi n’est pas meilleure que la loi d’Hitler, et ses méthodes sont celles d’Hitler, Staline et Tito… » (Editorial du 8 Octobre 1946).

« M. Dewey Short, républicain du Missouri , membre du Comité des affaires militaires, a exprimé l’opinion que les procès pour crimes de guerre devraient être limités aux personnes qui ont commis ou ordonné des atrocités ; il craint que le procès de Nuremberg n’établisse un précédent dangereux. Il a ajouté que si les Etats-Unis perdent jamais une guerre, le pays ennemi pourrait se servir de ce précédent pour faire un procès au président, à son cabinet et à tous les principaux officiers de l’armée, de la marine et de l’aviation. Ces hommes, a-t-il dit, seraient de grands héros aux yeux de leurs concitoyens, mais ils pourraient être accusés comme criminels de guerre par un pays conquérant. »

Alfredo Pimenta, Membre de l’Académie Portugaise, conservateur des Archives nationales, 26 Octobre 1946 :

Les sentiments les plus divers se débattent en moi : l’indignation, la colère, la révolte, le désespoir, le dégoût, la pitié, la stupéfaction, la tendresse, l’admiration, la haine !

« La page la plus noire de l’Histoire du Monde vient d’être tournée. Jusqu’au dernier moment, j’ai eu l’espoir qu’une lueur de conscience jaillirait dans le désert aride qu’est l’âme des bourreaux. Jusqu’au dernier moment j’espérais que la voix auguste de l’unique Pouvoir spirituel dans le monde s’élèverait, dans la magnifique grandeur de sa nature transcendante, pour prononcer la parole juste, logique, nécessaire.

« Rien ! Les bourreaux ont retroussé leurs manches, ont fait jouer leurs muscles, ont expérimenté la fidélité diabolique des cordes, et les dix victimes ont montré les degrés de la potence et ont été immolés à la rancœur impitoyable de la Victoire des Démocraties.

« Et, dans le monde entier, se sont tus ceux qui devaient parler ; sont devenus complices tous ceux qui devaient écarter de leur personne tout soupçon de complicité ; se sont résignés tous ceux qui, par devoir moral, se devaient de protester.  Dans le monde entier on n’entendit que le gémissement des cordes qui se tendaient et l’agonie rapide des martyrs…

« Et c’est ainsi que fût tournée la page la plus noire parmi les plus noires de l’Histoire de l’humanité…

« Tous les auteurs ou les complices des actions ténébreuses pratiquées depuis les cirques romains jusqu’aux liquidations purgatives de France et d’Italie, au cours des années terribles de 1945 – 1946, sont des anges nimbés de diaphanéité céleste si on les compare aux responsables des horreurs de Nuremberg.

« Tous ceux-là, les organisateurs des supplices romains, les plèbes fanatiques et révoltées, les tribunaux terroristes, les persécuteurs et les chasseurs d’hommes, en France, en Italie, tous ceux qui dans l’Histoire ont sinistrement marqué leur place et leur nom, d’où sans cesse le sang , comme des mains de Macbeth, dégouttera, tous ont agi sous l’influence de la passion exacerbée, en proie à la fascination qui aveugle et, beaucoup d’entre eux, au péril de leur propre vie.

« Mais les fameux juges de Nuremberg, implacablement froids, n’ont pas l’ombre d’une excuse. Ils ont été, pendant des mois et des mois, toujours les mêmes. Chaque jour, pendant des heures, ils ont eu devant eux, inertes, abandonnés, vaincus, vingt hommes qui pouvaient à peine parler, parce qu’on leur fermait la bouche, qui pouvaient à peine se défendre, parce qu’on limitait leur défense, et qui se sentaient, de minute en minute, menacés de succomber sous les calomnies et les infamies dont les vainqueurs les accablaient.

« Et ces juges de Nuremberg, avant même de juger, donnaient à ces malheureux le nom de « criminels » ; ces juges de Nuremberg qui parlèrent au nom d’un Droit qu’eux-mêmes avaient formulé, ces juges de Nuremberg, stupeur du Monde, de l’Histoire, de la Morale, de la Foi chrétienne, de l’honneur, de la pitié même des bêtes féroces, ont fait hisser, un jour, aux cordes de leurs potences, dix parmi ces vint hommes, choisis au petit bonheur, au nom d’un Droit qui n’existait pas, au nom de principes que tout le monde ignore, érigés en Droit et en principes seulement parce qu’il plut au vainqueur qu’il en soit ainsi…

[…] « Parmi les sentiments variés dans lesquels je me débats en contemplant l’horrible page qui vient d’être écrite, et qui représente la négation la plus foudroyante de l’esprit chrétien, il en est un qui domine tous les autres : le dégoût que je ressens pour mon époque, et en même temps la honte indélébile d’être de cette époque ».

Dresde 1945.jpg

(Photograpgie : Dresde,Allemagne, après les bombardements alliés de 1945)

Crimini di guerra e delitti contro l’umanità, Père S. Lener, Editions Civiltà Cattolica :

« Personne, à coup sûr, ne pense, déclare ce message, à désarmer la justice à l’égard de ceux qui ont profité de l’état de guerre pour commettre des crimes de droit commun authentiques et prouvés, auxquels les prétendus nécessités militaires pouvaient au plus offrir un prétexte, mais nullement une justification. Mais s’il est question de juger et de punir, non plus des individus isolés, mais collectivement une communauté tout entière, qui pourrait refuser de voir dans un semblable procédé une violation des lois qui président à tous les jugements humains ?… Ceux qui exigent une expiation pour les fautes commises au moyen d’une juste punition des criminels en raison de leurs crimes doivent bien prendre garde à ne pas faire eux-mêmes ce qu’ils punissent chez les autres sous le nom de délit ou de crime. »

« … Puisque, en fait, il n’existait pas une loi pénale internationale reconnue par tous les Etats intéressés et puisque le droit pénal interne de chacun des Etats, ou ne s’appliquait pas aux faits, ou se révélait inapplicable, le principe nullum crimen sine praevia lege poenali apparaît avoir été violé sans aucun doute, soit qu’on ait promulgué hic et unc des lois codifiant la répression projetée (comme c’est le cas dans le statut promulgué à Londres), soit qu’on étende exceptionnellement la sphère d’efficacité du droit interne, soit enfin qu’on procède avec une espèce de blanc-seing pénal. Est-il possible, dans de telles conditions, de réaliser une juste répression, lorsqu’elle est en contradiction évidente avec un principe retenu comme un canon fondamental de la justice pénale ?… L’aphorisme nullum crimen sine praevia lege poenali, dans le sens qui lui est donné communément de nos jours, implique une triple limitation du pouvoir répressif : 1° l’impossibilité de punir un acte non désigné par la loi comme coupable ; 2° l’impossibilité d’appliquer par analogie la loi pénale à un acte non spécifiquement visé par elle ; 3° l’impossibilité de lois pénales rétroactives…

Toute dérogation à ces règles, affirme solennellement la conférence de criminologie de Rio-de-Janeiro (1936), « introduirait une cause certaine d’anarchie et un mal d’une extrême gravité » ; il pourrait même en résulter « un crime aussi néfaste que l’abolition de toutes les peines et de tous les délits »… »

[…]

« Il est licite d’affirmer en toute certitude le caractère illégal du Tribunal de Nuremberg, tel qu’il a été constitué sur la base de l’accord de Londres… D’après le contenu même de la notion de justice, ce tribunal ne peut être reconnu comme juge… Répétons-le : celui qui juge en sa propre cause n’est pas seulement un juge suspect et par là même récusable (comme aussi s’il a des intérêts connexes avec l’une des parties, ou des liens de famille, ou une intime amitié, etc.) mais encore et tout simplement, il n’est pas juge du tout. Et par suite, si effectivement, il fait fonction de juge, le caractère illégal du procès et la nullité de la sentence, selon les principes généraux du droit, sont absolus et irréparables… « 

« Ainsi, de quelque côté que l’on se tourne, sur le terrain juridique, on ne constate que vanité, incertitude, incohérence. On ne peut attribuer aucun fondement juridique valable à ce procès, aucune valeur de droit à la condamnation. »

 


(Source : « Nuremberg II ou les faux monnayeurs », Maurice Bardèche, Editions Les Septs Couleurs, 1950)
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