CONTRE LA LOI GAYSSOT : YANN MOIX RETOURNE SA VESTE

Pétition contre la loi Gayssot : Mise au point

2 novembre 2010

Yann Moix

NDLR – (Gayssoteries) : Notre avis en fin d’article

Comme il arrive souvent avec les pétitions, on ne peut jamais deviner à l’avance qui en seront les cosignataires. J’ai été contacté il y a quelques jours au sujet d’une pétition contre la loi Gayssot dont Robert Badinter devait être le signataire vedette. On m’a promis un Robert (Badinter) mais, hélas, j’ai découvert un tout autre Robert, in fine, sur la liste : Faurisson !

Bien que n’étant pas favorable à cette loi qui, comme je l’explique sur le site laregledujeu.org, me semble impropre à combattre les faussaires et les insulteurs des morts de la Shoah, je n’admettrai d’aucune manière, ni aujourd’hui ni demain, que mon nom figure sur une pétition signée par M. Faurisson ou par quelques autres sires de moindre notoriété mais de même acabit.

Je n’accepterai jamais, ni aujourd’hui ni demain, que mon nom soit associé à quelque démarche visant, de quelque manière que ce soit, à réhabiliter ou banaliser le révisionnisme. C’est pourquoi je déclare ici, fermement et officiellement, ne pas faire partie des signataires de la pétition circulant actuellement contre la loi Gayssot. Le seul rapport que j’ai avec eux est le total mépris que je leur porte. Quiconque propagera ou insinuera le contraire à partir d’aujourd’hui devra, par conséquent, savoir qu’il diffuse une information erronée, injurieuse, calomniatrice – et en supporter les conséquences.

(Source : http://laregledujeu.org/2010/11/02/3223/petition-contre-la-loi-gayssot-mise-au-point/)

 

NOTRE AVIS (Gayssoteries) :

Ce texte est fort intéressant. Nous n’aurions pu espérer meilleur exemple de pleutrerie (et nous pesons nos mots).

Le 28 Octrobre 2010, sur « La règle du jeu », Yann Moix, dans une lettre ouverte titrée « Pourquoi je suis contre la loi Gayssot » écrivait ceci : « je ne suis pas d’accord avec l’interdiction faite aux historiens révisionnistes et négationnistes de publier leurs travaux. »

Il écrivait encore ceci : « Il y a pour les luttes, les joutes verbales, idéologiques, une grande et immense tradition dans les lettres françaises. »

Et ceci :« La loi n’est pas là pour dire ce qu’est l’Histoire. Elle n’est là ni pour en influencer le cours, ni pour en proposer l’interprétation. L’Histoire, même si cela peut causer les pires frayeurs, appartient à tout le monde. Et sa lecture doit pouvoir être faite par tous ; y compris par les salauds ».

Sur notre page, nous avions partagé sa lettre ouverte que nous trouvions bien écrite mais surtout pleine de cette verve dont sont pétris les gens courageux et authentiques. (sa lettre : https://gayssoteries.wordpress.com/loi-gayssot-la-presse/les-adversaires-jadore-ca/)

Quelle n’est pas notre surprise de découvrir que, le 2 Novembre 2010 (soit quelques jours plus tard), il se ravisait : se reniait ! Il a suffi de quelques jours pour qu’il n’aime plus avoir d’adversaires ! Quelques jours pour envoyer la « grande et immense tradition des lettres françaises » au rebus !

Monsieur Moix est un cas concret de ce que défendre la liberté de recherche et de son expression par tous peut être envisagé seulement « à condition  sous le choc de ce que cette liberté tant défendue implique : que ceux qu’on « méprise » puissent réclamer aussi cette liberté et signent la pétition.

Yann Moix s’est vu emporté dans une danse diabolique avec Monsieur Robert Faurisson. Il a imaginé la foule en colère, l’opprobre, la haine, la diffamation, la mort sociale, la solitude….. Il s’est imaginé vivre comme Monsieur Faurisson, l’adversaire qu’il aimait tant quelques jours plus tôt : bretteur de la plume qu’il disait être.

Trouver sur une pétition des signataires directement intéressés par l’abrogation était-il si imprévisible pour qu’il s’offusque et panique à l’idée que son nom puisse côtoyer celui de gens qu’il méprise ?

Qu’espérait Monsieur Moix en se dressant contre la loi Gayssot ? Que les seuls signataires seraient des historiens autorisés à publier leurs recherches et que la loi ne censurait pas ? Qu’espérait Monsieur Moix en défendant la liberté de recherche ? Que celle-ci ne serait défendue que par ceux qui en disposaient déjà pleinement ? Était-ce de la naïveté ? De la mauvaise foi ?

Monsieur Moix, pourtant, n’ignorait pas l’engagement des révisionnistes dans ce combat pour l’abrogation. Au contraire, il écrivait : « La suppression de la loi Gayssot, évidemment, est attendue et voulue par tous les Faurissons de France. Acceptons de l’abroger […] »

Non, Monsieur Moix n’a pas été surpris, il s’est faussement effarouché ! Monsieur Moix a eu peur ! Il a effleuré en songe les dommages collatéraux que pouvait générer le combat pour la liberté : il s’est surestimé. Peut-être l’a-t-on mis en garde ? (http://laregledujeu.org/contributeur/bernard-henri-levy/)

Monsieur Moix est un exemple de ce que le terrorisme intellectuel parvient à générer : la peur de l’assimilation. Monsieur Moix n’a pas tort de craindre l’opprobre (elle aurait été jetée sur lui, sans nul doute, par ceux-là même qui défendent la loi Gayssot) mais sa plume aurait pu en répondre.

Aussi, Monsieur Moix préfère mettre de côté ses propres convictions au profit de sa réputation. Il ne signera pas une pétition sur laquelle les noms des individus qui ont besoin de la liberté qu’il défend apparaissent. Il s’y attendait mais ne le supporte pas. Le combat exige une pugnacité dont il est dépourvu.

Sa réputation est sauve car il a su montrer que son implication dans le combat pour la liberté ne valait pas grand-chose face à son dégoût pour les thèses qui pourraient en profiter. Pourtant, n’écrivait-il pas  que «la liberté d’expression les mettra plus rapidement au tapis que tous les bâillons et toutes les interdictions inefficacement inventées pour les faire taire en apparence. » ?

Ouf ! Le cœur a raisonné le cerveau ! Tout compte fait, la loi Gayssot n’est peut-être pas si injuste, nous dit-il à demi-mots. On ne l’y reprendra plus, soyons-en sûrs. Seule certitude, Monsieur Moix brouille les pistes, embrouille le lecteur et fait mine de ne pas avoir considéré l’ampleur de la tâche qui consiste à se battre pour la liberté d’expression. Il ne s’excuse pas mais c’est tout comme.

Et c’est ainsi que la passion l’emporte sur la raison, une fois de plus.

C’est ce qui arrive lorsqu’on forge son identité sur l’image que l’on renvoie et non sur ce qu’on est profondément, authentiquement, viscéralement. Monsieur Moix se sera égaré. Il aura préféré rassurer l’auditoire. De notre côté, nous voilà fixés.

Dans cette histoire, le tapis n’aura pas été le sort des révisionnistes dont la pugnacité n’est plus à prouver.

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