CONTRE LA LOI GAYSSOT: PETITION, PIEGE A CONS

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Le 4 Novembre 2010, le Journal Charlie Hebdo publiait un texte de Jean-Yves Camus.

Bien qu’il date un peu, il est très actuel dans sa forme comme dans son contenu et illustre cette forme de terrorisme intellectuel dont usent et abusent les partisans des lois mémorielles. Monsieur Camus ne produit ici aucun travail de réflexion mais plutôt un texte d’intimidation destiné à empêcher la formulation d’idées qu’il trouve gênantes.

1 – INTIMIDATION – ATTAQUE PERSONNELLE (Argumentum ad hominem) :

Monsieur Camus intimide les éventuels signataires en leur signifiant qu’ils sont victimes d’un traquenard et sont tout bonnement des cons. Il n’attaque pas ici les principes défendus par la pétition mais les personnes qui soutiennent ces principes : habile façon de se ranger du côté de l’intelligentsia puisqu’il a, lui, déjoué le piège (du moins a-t-il cru prouver qu’il y en avait un là où il a pensé déjouer quelque chose).

2 – DIFFAMATION – EXPLOITATION DES TABOUS :

Monsieur Camus qualifie Vincent Reynouard de néonazi antisémite.

A- VINCENT REYNOUARD NEONAZI :

Monsieur Reynouard ne se réclame pas de la politique nazie telle qu’elle s’est exprimée sous la gouvernance d’Adolf Hitler mais, dans sa veine, d’une politique nationale et socialiste (national-socialisme) en laquelle, sur certains aspects, il pense entrevoir des solutions économiques et sociales salvatrices pour les peuples (libre à lui). Ce que ne dit pas Monsieur Camus, c’est que Monsieur Reynouard disqualifie d’emblée certains aspects de la politique nationale et socialiste telle qu’elle fut exprimée par le régime Nazi (notamment l’antisémitisme acharné d’Hitler). Il sait pertinemment que peu nombreux sont ceux qui lisent et écoutent Monsieur Reynouard et profite de cette faille pour faire le lit d’une offensive toute malhonnête qui évacue les nuances.

En bon sophiste, Monsieur Camus utilise là une technique fameuse dite de « l’homme de paille » consistant à présenter la position de son adversaire de façon volontairement erronée avant de la réfuter (chose qu’il ne fera d’ailleurs pas tout du long puisqu’il a quitté la voie de la sagesse au profit de celle, plus vendeuse, des rhéteurs).

B – VINCENT REYNOUARD ANTISEMITE :

Monsieur Reynouard n’a jamais exprimé de haine envers le peuple juif dans aucun de ses écrits ni même aucune de ses vidéos. Monsieur Camus sera bien en peine de prouver son assertion diffamatoire (le lecteur ne la lui réclamera pas) mais le mot est lancé et invite le lecteur à rejoindre une doxa convaincue de ce que le révisionnisme est un travail de réhabilitation de l’antisémitisme : comprendre par là qu’est antisémite tout ce qui est en défaveur du peuple juif.

Quand bien même découvririons-nous un jour que les révisionnistes avaient raison, nombreux sont ceux qui verraient dans leurs lumières un simple accident sans jamais pour autant renier leur conviction d’y voir le rejeton d’un antisémitisme viscéral : manière de dire que les révisionnistes avaient tort d’avoir raison.

3 – ASSIMILATION :

« Toutefois, quand on s’apprête à signer un tel appel, on doit se douter qu’on peut retrouver son nom à côté de n’importe qui. C’est précisément ce qui arrive. »

Monsieur Camus met en garde les sympathisants de la pétition en les culpabilisant de soutenir une cause commune à celle  d’individus haïssables. Il brandit avec assurance l’idée fumeuse qui voudrait qu’on soit haïssable parce qu’on partage une valeur idéologique avec des  individus haïssables.

Monsieur Camus possède une vision très étroite des affaires de l’esprit humain puisqu’il ne s’autorise pas à envisager que l’idéologie des uns peut à certains moments croiser celle des autres tandis qu’elle continue de diverger sur maints autres points.

Soit Monsieur Camus ne se relit pas avec discernement, soit son esprit est dangereusement binaire.

Parvenus à ce niveau de la lecture, il semble qu’il n’ait que l’incantation pour seul moyen d’expression.

4 – PROCÈS D’INTENTION :

Monsieur Vincent Reynouard a un jour énoncé une évidence : « Sans la Shoah, Israël n’aurait pas vu le jour. Dès lors, avec l’effondrement du mythe, l’État juif s’écroulera nécessairement ».

Il est évident, et chacun peut en convenir, que si les chambres à gaz sont un mythe et que ce mythe est officiellement reconnu par les historiens accrédités, l’État d’Israël perdra de sa légitimité au regard du monde mais perdra également de ses soutiens financiers. Nous ajoutons que nombres de témoins, d’historiens, de cinéastes mais aussi de politiciens qui se sont grassement répandus sur la question du génocide commis au moyen d’une arme légendaire perdront de leur crédit. Les enjeux sont énormes, le révisionnisme est une balle qu’on voudrait « perdue ».

Monsieur Camus transforme habilement une évidence en « projet » révisionniste. De l’Histoire, il bascule dans la géopolitique. Or, si les chambres à gaz sont effectivement un mythe, il n’appartient pas à la géopolitique ni à la politique de décider de ce qui est exact ou inexact mais bien à l’Historien et à lui seul.

C’est bien là le nerf de ce débat que certains s’évertuent à déplacer dans un domaine qui n’est pas le sien mais où réside probablement une partie des raisons pour lesquelles toute expression d’un doute à ce sujet est taboue et punie par la loi.

Voici donc, en réalité, ce que Monsieur Camus semble défendre lorsqu’il bascule dans le domaine de la géopolitique : le droit pour Israël d’exister, de se maintenir et de continuer de recevoir les réparations pour un prétendu génocide. Combattant la liberté d’expression des révisionnistes,  il nous fait deviner en creux ce qu’il entend défendre.

Nous notons par ailleurs qu’il se tait sur les effets bénéfiques d’une telle révélation et qu’il oublie (sciemment ?) ces milliers de citoyens et anciens militaires accusés de complicité de génocide, ces nations condamnées à se repentir, à se défendre sans répit d’être antisémites et à payer le prix de réparations faramineuses pour un génocide dont on refuse de discuter la réalité mais aussi, faut-il le rappeler,  la mémoire de ces hommes et des ces femmes, fils et filles d’anciens nazis, qu’on affuble d’un héritage sinistre en les confinant avec rage dans une vision terriblement sordide de leurs aïeux, de leurs racines, de leur héritage familial et national.

Monsieur Camus ne semble regarder que d’un seul côté de la barrière, profitant de ce que le lecteur se sent déjà fort coupable (grâce à lui) pour éteindre les projecteurs sur tout un pan de la réalité qu’il n’entend pas considérer un seul instant. Ce qui ne profite pas à Israël ne saurait-il profiter à d’autres si tant est qu’il s’agisse d’une vérité historique occultée depuis des décennies ? A-t-il besoin, ce peuple juif, qu’on ajoute au triste sort que fut le sien (déportations, dépossessions et oppressions) un génocide immunisant?  Doit-on infantiliser et déresponsabiliser Israël à propos d’un passé qu’il a revendiqué et qui lui a profité autant qu’il lui a causé du malheur ? (Rappelons que l’Etat d’Israël n’existait pas encore pendant la Seconde Guerre mondiale mais que sa création était un projet porté par le sionisme dès le XIXème siècle. Aussi la réalité de l’Holocauste entérinée par le Tribunal militaire international de Nuremberg a-t-elle largement contribué à sa concrétisation – ce que n’avait pas permis aussi efficacement les innombrables articles de propagande alarmistes diffusés des décennies durant de façon tout à fait récurrente. Voir à ce sujet les coupures de presse dont la plus ancienne remonte au 19ème siècle dans notre rubrique « 6 millions »)

Notons enfin que Monsieur Camus utilise deux méthodes sophistes tout à fait courantes lorsqu’il prétend révéler la « véritable raison d’être des négationnistes » :

A – Il fait ici un procès d’intention à Monsieur Vincent Reynouard mais en profite, l’air de rien, pour l’étendre à l’ensemble des révisionnistes. Cette façon de tourner les choses lui permet de jeter le discrédit sur un groupe d’individus tout entier. Il s’agit là d’un procès d’intention invérifiable mais qui, il faut l’avouer, possède un grand pouvoir de sidération mentale sur les foules.

Le monde n’est pas composé seulement de juifs et de non-juifs, entendons-le bien! Car Monsieur Camus exalte une vision de la chose toute dualiste et délétère qui, si nous n’y prenons pas garde, risquerait de nous contaminer.

B – Il use de l’argumentum ad consequentiam (Argument par la conséquence) : Monsieur Camus prévient ses lecteurs des conséquences désagréables que pourrait constituer l’affirmation révisionniste si elle venait à pouvoir s’exprimer en toute liberté (ce qui générerait sans nul doute un nombre grandissant de lecteurs mais aussi de convaincus). Monsieur Camus omet une chose : les conséquences, qu’elles soient agréables ou désagréables, ne constituent pas une preuve de quoi que ce soit, ne lui en déplaise.

En conclusion :

« Un sophiste éloquent, mais dénué de logique, est à l’orateur philosophe ce qu’un faiseur de tours de passe-passe est à un mathématicien, ce que Pinetti est à Archimède » (Nicolas de Chamfort, Maximes et pensées, Caractères et anecdotes, 1795).

Nous retenons trois points forts dans cet article :

  • Rendre leur liberté de parole aux révisionnistes met en péril la survivance de l’État d’Israël.
  • La Loi Gayssot de 1990 participe de la survivance d’Israël. Il appartient à l’ensemble des citoyens français de respecter cette loi via l’autocensure si nécessaire : preuve d’abnégation et sacrifice salutaire pour une nation étrangère.
  • Si vous ne souhaitez pas l’écroulement de l’État d’Israël, ne signez surtout pas cette pétition.

Monsieur Camus nous demande d’accepter la censure d’éléments qui nous seraient profitables en ceci qu’ils ne seraient pas profitables à l’État d’Israël. Libre à lui de le souhaiter, libre à nous de le refuser.

Monsieur Camus n’est ni un libre penseur ni un penseur et encore moins un philosophe. A aucun moment il ne nous parle de liberté de recherche ni de parole. Il entend seulement prévenir les conséquences qui le taraudent. Il est un sophiste, un rhéteur et le bon soldat d’un terrorisme intellectuel que nous vous encourageons à débusquer sous forme de jeu dans vos prochaines lectures.