LE MASSACRE DE KATYN UNE RÉFUTATION DE LA VERSION « OFFICIELLE » ?

             LE MASSACRE DE KATYN

UNE RÉFUTATION DE LA VERSION « OFFICIELLE » ?

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Grover Furr est professeur à Montclair State University. En 2013, il publia une étude relative au massacre de Katýn (dans Socialism and Democracy, vol.27, n°02, p.96-129). En 2015, les éditions Delga publiaient l’enquête sous le titre « Le massacre de Katýn, une réfutation de la version officielle ? » (en première page, les éditions Delga nous indiquent que l’auteur avait, pour cet ouvrage, révisé le texte et ajouté de nombreux compléments).

La conclusion de cette enquête menée par Grove Furr est esquissée dans son sous-titre « une réfutation de la version officielle ? » et se confirme dans l’ouvrage puisque l’auteur conclue, au terme de son enquête, à l’irrecevabilité de la « version officielle » d’après laquelle les soviétiques seraient responsables du massacre de milliers d’officiers polonais. D’après lui, la « version officielle » est absolument infirmée par les preuves qu’il prétend avoir trouvées (paremi elles : 96% des douilles retrouvées sont de facture allemande et datent de 1941, les documents du fameux « dossier fermé n°1 » remis aux polonais par Boris Eltsine et prouvant la culpabilité des soviétiques seraient des faux dont on aurait retrouvé les brouillons etc.). Et si, en effet, le massacre de Katýn n’avait pas été perpétré par les soviétiques ? Et s’il fallait refaire tout l’enquête à la lumière des documents et des nouvelles découvertes ? Et si les soviétiques étaient réèllement innocents? Et si c’était en fin de compte bel et bien les nazis qui avaient perpétré ce massacre ? La question reste ouverte pour notre part puisque nous ne sommes pas historiens (tout comme beaucoup de ceux qui lynchent les révisionnistes tels que Robert Faurisson ou Vincent Reynouard,  gonflés de prétention qu’ils sont dans leurs confiance absolue en la « version officielle » mais aussi exaltés (excités ?) dans leurs diatribes du fait qu’ils seraient des élèves de l’école de la république, les descendants de déportés morts dans les camps ou encore de survivants qui ont échappé à une extermination systématique, ultra secrète et menée au moyen d’un langage codé qui signifierait une chose selon qu’il est nécessaire ou non qu’il veuille dire ceci plutôt que cela et sans qu’on ait jamais trouvé la clef ni la logique, comme il est de rigueur lorsqu’on prétend avoir cassé un code – nous reviendrons d’ailleurs sur ce dernier point dans un prochain billet en cours de préparation car oui, nous avons encore le droit de trouver médiocres certaines allégations des historiens sans avoir pour cela à trancher sur la question ni même posséder un bagage historique particulier. En effet, parfois, il suffit de savoir lire).

Dieu merci, réviser la version « officielle » du massacre de Katýn ne fait pas l’objet d’une censure dans notre pays et, tout citoyen curieux et désireux de ne pas s’arrêter à la « version officielle » de l’histoire peut en parler librement et publiquement ! Etrangement, nul n’y a jamais vu, en occident, un anti germanisme déguisé ni même une quelconque forme d’incitation à la haine « inhérente »* à la révision – il se peut aussi, la voie étant pourtant largement ouverte, que personne n’ait jamais songé à s’engouffrer dans la brèche, peut-être par peur du ridicule ou par simple sens de l’honneur, qui sait ? Passons ! Mais retenons tout de même une chose : l’argument d’incitation à la haine est bien pratique pour qui ne craint ni le ridicule ni le déshonneur.

Nous souhaitions partager avec nos lecteurs quelques extraits de l’ouvrage de Grove Furr en ce qu’il fait échos de façon relativement inattendue à la cabale qui s’abat sans relâche sur les révisionnistes de l’extermination programmée des juifs par les nazis.  Curieux de toutes les thèses existantes sur quelque sujet que ce soit et dans l’idée saine qui veut que tout doit pouvoir faire l’objet d’une révision, nous n’avons pas résisté à l’envie de découvrir le travail de Grove Furr et nous vous invitons d’ailleurs à le découvrir à votre tour.

(Tout ce qui est agrémenté d’un filet dans la marge correspond aux passages extraits de l’ouvrage de Grover Furr)

EXTRAIT (P.7-8) :

« Depuis le milieu des années 1990 donc, le massace de Katýn a de nouveau fait l’objet d’une controverse partisane féroce. Dans les cercles anticommunistes, il est inacceptable d’exprimer le moindre doute quant à la culpabilité de l’Union soviétique, de Staline et de ses principaux compagnons. C’est aussi le cas dans les universités occidentales où le débat sur le sujet ou toute remise en cause de la culpabilité soviétique est tout simplement « hors les clous », intolérable ». […]

En octobre 2010, fut soulevée une objection crédible selon laquelle les « documents du flagrant délit » étaient des faux. Cela avait été la position de nombreux communistes et de nationalistes de gauche russes depuis la publiucation du livre de Moukhine en 1995. […]

Quelles autres preuves existe-t-il selon laquelle les Soviétiques ont abattu les 14800 à 22 000 polonais, comme le prétend la « version officielle » du massacre?

Fondamentalement, il en existe deux types supplémentaires :

-Les confessions-interviews de trois hommes âgés et retraités de longue date du NKVD : Piotr K.Soprounenko, Dmitri S.Tokarev et Mitrofan V. Suromiatnikov. Ces aveux sont très contradictoires, de sorte qu’ils ne renforcent pas toujours la « version officielle ». Aucun de ces hommes ne se trouvait dans la forêt de Katýn, à l’endroit ou plus de 4 000 corps de prisonniers ont été découverts par les Allemands en 1943, et tous trois ne savaient rien du plus célèbre des lieux de sépulture d’exécution désignés globalement comme « le massacre de Katýn ». […]

-Les trois hommes ont été menacés de poursuites pénales s’ils ne « disaient pas la vérité » et on leur a dit que la culpabilité soviétique était déjà établie. Il est donc possible que par crainte de poursuites, ils aient donné des répoinses souhaitées par leurs interrogateurs. […] »

EXTRAIT (P. 59) :

« Intégrité historique ? Ou propagande avec « notes de bas de page » ?

Il devrait être évident que tout chercheur qui écrit à propos de Katýn, mais ne parvient pas à consacrer une étude sérieuse sur les questions évoquées ci-dessus du « brouillon du faux » – et, en fait, à toutes les hypothèses qui sont en désaccord avec ses propres vues -, démontre par cet échec qu’il ou elle n’est pas un savant honnête, ne cherche pas à découvrir la vérité, mais plutôt à écrire ce que j’ai appelé de « la propagande avec notes de bas de page » en faveur de la « version officielle ».

Il est de la responsabilité des historiens d’enquêter sur des versions alternatives de tout événement historique.

[NDLR (Gayssoteries) : Dieu du ciel ! Que voilà une incitation à la haine « inhérente » !].

La « Déclaration sur les normes de conduite professionnelle » de l’American Historical Association exprime clairement ce principe :

  Le désir de marquer des points en tant qu’avocat d’une thèse donnée ne devrait jamais induire un historien à dénaturer les faits historiques ni la méthode critique que la profession utilise pour les interpréter.

  Les historiens […] (sic) peuvent être confrontés à un choix de priorités entre le professionnalisme et l’impartialité. Ils peuvent vouloir se préparer en cherchant conseil auprès d’autres professionnels expérimentés. En tant qu’historiens, ils doivent être sensibles aux complexités de l’histoire, à la diversité des interprétations historiques et aux limites ainsi qu’aux points forts de leurs propres points de vue et expériences et de la discipline elle-même. Dans de telles situations, les historiens doivent utiliser des sources, y compris les travaux d’autres chercheurs, avec grand soin et doivent être toujours prêts à expliquer les méthodes et les hypothèses de leurs recherches ; les relations entre les preuves et l’interprétation ; et les interprétations alternatives des sujets qu’ils abordent.

(Edition 2011, p. 13. Nous soulignons.)

[NDLR (Gayssoteires) : « […] ils doivent être sensibles aux complexités de l’histoire, à la diversité des interprétation historiques et aux limites ainsi qu’aux points forts de leurs propres point de vue […)» !? Quelle débauche d’ouverture d’esprit et quelle asurde leçon d’humilité ! Appel à contredire les plus grands historiens au risque de les discréditer ? Leçon pour les historiens qui rechignent à dire « je ne sais pas » ? Une chose est sûre, la Loi Gayssot, avec son obsession des inhérences, n’est pas de ce bois-là.]

   Au moment où ces lignes sont écrites (juin 2015) pas un seul chercheur défendant la « version officielle » n’a réalisé une étude des découverte Volodymyr-Volynskï, les articles scientifiques qui énoncent la thèse de la falsification, ou le « projet de contrefaçon » des documents présentés pas Ilioukine. Plus encore que les éléments de preuves, cela montre que la « version officielle » de Katýn ne repose pas sur une étude honnête, objective de toutes les preuves disponibles, mais sur un « consensus » de chercheurs anticommunistes qui ont choisi de déformer et d’ignorer les éléments de preuve au profit de leurs préjugés politisés. »

[NLDR (Gayssoteries) : Etrange similitude avec la place qu’occupe ce qu’on a baptisé le « négationnisme » en France , pays dans lequel les auteurs de thèses alternatives sont accusés d’être des nostalgiques du nazisme, des antisémites et de purs idéologues falsificateurs. De leur côté, les révisionnistes ont tendance à accuser ceux qu’ils appellent (en retour) les « exterminationistes » de s’aligner sur une sorte de consensus et de ne plus faire de l’histoire mais plutôt une forme de propagande idéologique qui refuse catégoriquement de considérer les travaux alternatifs. Forme de « C’est le premier qui le dit qui l’est » que la justice a été sommée de trancher en défaveur des révisionnistes – sommation qu’elle a consacrée en fourrant son gros nez  là où elle aurait dû rester tout-à-fait neutre. Ce faisant et ignare en matière d’histoire, elle s’est trouvée quelque peu incapable de pondre une loi qui ne la fasse pas passer pour une intrue fascisante aux ordres des associations militantes (autant d’embassades déguisées, permettez-nous de le penser). Alors elle a tiré la  couverture à elle et changé les règles mêmes du bon sens en plaquant sur un débat purement historique le sombre jargon d’un registre hors de propos qu’elle est probablement la seule à comprendre et qui, malgré tous ses efforts, ne résiste pas à l’analyse. Son levier ? La loi Pleven (loi antiraciste). Façon vulgaire de dénaturer une chose lorsqu’on veut pouvoir la condamner tout en ne passant pas pour des censeurs obscurantistes aux yeux du peuple (enfumé, ce dernier, avec le sourire s’il-vous-plaît!).

Recette Gayssotisante : Faire basculer la chose qu’on souhaite à tout prix censurer dans son propre domaine de compétence au moyen d’un terreau législatif qui n’a aucun rapport avec le sujet concerné mais qui permet de  gagner l’approbation des foules par une habile et systématique association d’idées répétée jusqu’à un ancrage total dans les esprits.

Avis à nos femmes et hommes de loi qui voudraient se décider à faire quelque chose pour sauver notre justice de cette sorte d’affaires dont elle ne devrait pas s’occuper!].

EXTRAIT (P. 44) :

« Je prédis que dans les universités « mainstream » (du courant dominant), c’est-à-dire anticommunistes, le discours sur le massacre de Katýn va très peu changer. L’anticommunisme mainstream est motivé beaucoup plus par la « cohérence politique », par des motifs politiques, que pas le désir de découvrir la vérité. Lorsque les études universitaires anticommunistes mainstream mentionneront les découvertes de Volodymyr-Volynskyï, ce ne sera que pour essayer de les rejeter. On peut voir une façon de tenter de le faire dans le rapport archéologique ukrainien cité ci-dessous, qui prétend que le NKVD a effectué ces exécutions. D’autres subterfuges semblables peuvent être inventés. L’importance centrale historique infâme sera déniée à tout prix. »

[NDLR (Gayssoteries) : En France, on ne lit jamais non plus les arguments révisionnistes que sous la plume de chercheurs qui souhaitent rejeter leurs travaux. Ceci est tout-à fait prégnant en ce qu’ils se montrent toujours dédaigneux, insultant et calomnieux à leur égard alors même qu’ils pourraient se montrer au minimum courtois dans leur rejet que seuls les arguments historiques devraient renforcer.]

EXTRAIT (P. 61)

« Voici ce que nous savons pour le moment :

La « version officielle » de Katýn, celle qui prétend que les Soviétiques étaient coupables a été détruite. Il est impossible qu’elle soit vrai » […]

[NDLR (Gayssoteries) : Monsieur Furr affirme que la « version officielle » est fausse. Monsieur Faurisson et bien d’autres un peu partout dans le monde ont affirmé la même chose concernant la « version officielle » qui prétend que les nazis se sont rendus coupables d’avoir exterminé des millions de gens au moyen de chambres à gaz homicides. Voici deux hommes qui, pour sûr, incitent à la haine si l’on suit le raisonnement des censeurs français qui, espérons-le, rougissent un peu de leur imposture dans le secret de leurs alcôves respectives. Ils n’auront de compte à rendre à personne et nous ne le regrettons pas vraiment ; en effet, qu’y-a-t-il de pire que de devoir se rendre des comptes à soi-même lorsque, après le show, on est tout seul et tout nu derrière le rideau ?]


*Inhérent : (Novlangue) qui contient l’idée qu’on souhaite y voire selon les besoins du moment sans que celle-ci soit exprimée d’une façon qui permette à quiconque de la percevoir à moins qu’on ne  la lui suggère au moyen d’une propagande basée sur le principe de la répétition et de l’association d’idées (méthode très efficace qui exige de posséder un excellent carnet d’adresse et/ou de puissants moyens de pression si l’on souhaite la transmuer en texte de loi).

Exemple : Il est d’usage de déclarer l’incitation à la haine inhérente à la déclaration publique suivante : « je ne crois pas en l’extermination programmée des juifs par les nazis » ou encore « je ne crois pas que des chambres à gaz homicides aient pu être utilisées par les nazis pour exterminer des être humains pendant la seconde guerre mondiale ». Rien dans ces deux phrases n’incite explicitement à la haine, les deux déclarations restant du simple domaine de la thèse ou de l’opinion historique. Cette inhérence est modifiable et interchangeable à volonté selon que le pouvoir en place y trouve son intérêt.

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