LA TRAGEDIE D’ORADOUR-SUR-GLANE

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INTRODUCTION

Oradour-sur-Glane est une petite commune du Limousin. En Juin 1944, dans une France alors occupée par les Allemands et agitée par les actions illégales et sévèrement réprimées de la résistance, elle fût le théâtre d’un événement tragique : la quasi-totalité de sa population a été décimée.

A cette époque, et malgré qu’elle combattait pour libérer son pays de l’occupation nazie, la résistance, comme le rappelle Otto Weidinger (1) était en totale infraction à l’armistice franco-allemand de 1940, à la convention de la Haye sur les guerres terrestres, ainsi qu’à la convention de Genève. Bien que l’on puisse tout-à-fait comprendre les idéaux qui animaient la résistance française lorsqu’elle agissait, elle commettait des attentats. Aussi, il nous semble important de considérer ce contexte délicat pour appréhender les événements sans tomber dans la partisanerie qui consisterait à vouloir dégager la résistance de toutes ses responsabilités par pure sympathie et/ou une forme de gratitude à son égard.

Nous avons choisi de vous présenter quatre versions des faits :

1- Version officielle

2- Version révisionniste de Vincent Reynouard

3 – Version révisionniste de Jean-Claude Pressac

4 – Version révisionniste de Otto Weidinger

Le seul scénario reconnu officiellement est celui qui consiste à incriminer l’occupant nazi rendu coupable de crime de guerre pour avoir voulu exterminer la totalité de la population de la petite commune d’Oradour (action exemplaire). Toute la responsabilité de la tragédie s’en trouve imputée aux allemands qui auraient exécuté froidement quelques 600 personnes.

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VINCENT REYNOUARD :

Le 12 Juin 2003, le révisionniste Vincent Reynouard faisait les frais du tabou historique lorsqu’il s’est vu condamné par la cour d’appel de Limoges pour apologie de crime de guerre après la sortie d’une vidéo qui résumait les thèses de son propre ouvrage Le massacre d’Oradour, un demi-siècle de mise en scène publié en 1997.

En outre, dès Septembre 1997, soit deux mois après sa sortie, le livre du même nom s’était vu interdit à la vente par un arrêt ministériel qui l’interdisait sur tout le territoire français.  Fin 2000, il avait récidivé par la publication de sa vidéo. Dès février 2001, un arrêté préfectoral interdisait  la vidéo sur tout le département de la Haute Vienne.

En Septembre 2001, un arrêté ministériel interdisait  la vente, le prêt et l’exposition de sa casette aux mineurs sur tout le territoire national.

Néanmoins, en avril 2015, la Cour de cassation annulait la condamnation prononcée par la cour d’appel de Limoges le 9 Juin 2004 et qui avait condamné Vincent Reynouard à 24 mois d’emprisonnement, dont 6 fermes pour apologie de crime de guerre. La chambre criminelle de la Cour de cassation avait jugé que la décision de la cour d’appel était mal fondée car dans sa cassette le prévenu ne se livrait à aucune glorification des crimes commis à Oradour constitutive d’une apologie, considérant que Vincent Reynouard avait limité son propos à une contestation du crime de guerre, ce qui n’est pas un délit. La Cour de cassation cassait ainsi, sans renvoi, la condamnation prononcée contre Vincent Reynouard. (2)

NDLR ( Gayssoteries) : Depuis notre article sur le drame d’Oradour sur Glane, la loi s’est (encore) durcie en France. Ainsi, aujourd’hui, contester la version officielle du drame d’Oradour sur Glane est condamnable (1 an de prison et 45 000 euros d’amende). Voir notre article et la vidéo de Vincent Reynouard à ce sujet :

https://gayssoteries.wordpress.com/2017/06/12/contester-la-version-officielle-du-drame-doradour-peut-vous-envoyer-en-prison/

 

JEAN-CLAUDE PRESSAC :

Pharmacien reconverti en historien amateur, Jean-Claude Pressac eût quant à lui un parcours tout autre puisque il fut élevé au rang de chercheur à part entière dans les années 80. Il fût une sorte de « révisionniste accrédité » (2). Jamais inquiété malgré ses nombreuses révisions de l’histoire, il disait croire en l’existence des chambres à gaz homicides hitlériennes. Le travail de Jean-Claude Pressac sur la tragédie qui s’est déroulée à Oradour n’a jamais été publié mais transmise à Pierre Guillaume, son ami puis complice  de longue date, auquel il avait confié le soin de rendre publique et après sa mort, sa propre version des faits.

Les versions de Vincent Reynouard et Jean-Claude Pressac, qui diffèrent entre elles sur certains points, s’entendent néanmoins sur le principal et contredisent la thèse officielle  de façon tout-à-fait radicale puisqu’il s’agit pour les deux hommes de nier le massacre prémédité par les allemands et de donner une grande part de responsabilité aux maquisards (résistants).

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OTTO WEIDINGER :

Otto Weidinger était un membre de la Waffen-SS et le dernier commandant du 4ème régiment « Der Fürher » de la 2e panzerdivision SS Das Reich, au cours de la seconde guerre mondiale ; SS-Obersturmbannfürher, il a été décoré de la croix de fer.

Son ouvrage (1) fût publié à compte d’auteur.

 

PRÉAMBULE

Comme nous avons coutume de le faire, nous exposons ici des thèses révisionnistes méconnues du grand public afin de rétablir un équilibre rompu par une omerta générale de nos dirigeants comme de nos universitaires (omerta bien plus regrettable pour les seconds que pour les premiers dont on pourrait exiger qu’ils défendent âprement leur liberté d’explorer toutes les voies possibles sans craindre l’opprobre).

Les universitaires, mais aussi les citoyens, devraient disposer de ces recherches sans être inquiétés de se voir condamnés « moralement » pour blasphème historique (il ne s’agit là que d’une condamnation « morale » – et ce malgré les sanctions qui ont été prises par le passé contre Vinent Reynouard – puisque la révision des événements tragiques qui se sont déroulés à Oradour-sur-glane pendant la seconde guerre mondiale ne sont pas interdits de révision par la loi mais seulement condamnés moralement par la doxa).

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1 – VERSION OFFICIELLE : UN MASSACRE

Pour vous présenter la version officielle, puisque notre but ici n’est pas d’enquêter mais bien seulement de présenter, nous nous sommes contentés de reprendre un texte publié sur le site du mémorial d’Oradour-sur-Glane (4).

« Le 9 juin le régiment Waffen SS Der Führer, une des deux unités d’infanterie blindée de la division Das Reich, investit la ville de Limoges et sa périphérie. L’état-major (quatre compagnies) s’installe à Limoges, le premier bataillon (un état-major et quatre compagnies) se trouve à l’ouest : Rochechouart et Saint-Junien.
Des réunions sont connues grâce aux dossiers d’archives : le vendredi 9 entre miliciens à Limoges, puis le samedi 10 au matin successivement à Limoges et à Saint-Junien, entre officiers Waffen SS et policiers SS en poste à Limoges.
Des miliciens suivent les opérations. L’ « action exemplaire », envisagée depuis plusieurs jours (une note du général SS lammerding commandant la division date du 5 juin, confirmée par une nouvelle note du même en date du 10), est alors mise au point.
La troupe doit cantonner le 10 au soir à Nieul. Le bourg d’Oradour se trouve sur le trajet de Saint-Junien à Nieul.

La troupe Waffen SS arrive devant le bourg qu’elle encercle. Elle rassemble la population. Elle sépare les hommes, des femmes et des enfants. Elle exécute les hommes dans des locaux repérés. Elle tue au hasard des rues et des maisons pour qu’il n’y ait pas de témoin. Elle pille puis elle incendie. Elle massacre femmes et enfants dans l’église qu’elle tente de détruire avec des explosifs.
Puis elle procède systématiquement à l’élimination des cadavres par le feu et la fosse commune pour empêcher leur identification.
Elle accroît ainsi la terreur par l’impossibilité de reconnaître les morts, tout en laissant en évidence les traces du massacre. (1)

Elle prétend que :

1- Les Waffen SS se sont rendus à Oradour avec l’intention de massacrer la population (action exemplaire)

2-Les Waffens SS ont massacré les femmes et enfants dans l’église avant de tenter de la détruire au moyen d’explosifs

3 – Les Waffens SS ont brûlé les cadavres qu’ils ont ensuite jetés dans une fosse commune pour empêcher leur identification

4 – La tragédie est un massacre prémédité dont la responsabilité incombre aux allemands.

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2- VERSION RÉVISIONNISTE – VINCENT REYNOUARD :

Comme support de notre résumé de sa version des faits, nous prendrons l’ouvrage publié en 1997 intitulé Le massacre d’Oradour – un demi-siècle de mise en scène, par un collectif de chercheurs animé par Vincent Reynouard, VHO-ANEC, éditions AAARGH, 1997.

Que sont venus faire les SS à Oradour ? (p. 333) :

« Le 10 Juin 1944, les SS étaient à la recherche de Helmut Kämpfe, officier de la division Das Reich enlevé, la veille, par le maquis de Jean Canou. Plusieurs infirmations concordantes, dont celle fournie par le lieutenant Gerlach, enlevé lui aussi par le maquis mais qui parvint à s’échapper, les convainquirent de se rendre à Oradour. Là, ils découvrirent non pas un village paisible mais une base arrière du maquis qui portait encore les traces de crimes récents commis contre les soldates allemands.

Qu’ont fait les SS à Oradour ?

Après que la population eut été rassemblée, les femmes et les enfants furent conduits à l’église pour leur sécurité. Le chef du détachement SS, Diekmann, interrogea les hommes d’Oradour afin de découvrir le lieu où était séquestré le major H.Kämpfe ainsi que les endroits où étaient cachées des armes.

Vincent Reynouard conteste la version officielle qui affirme que les nazis se sont rendus à Oradour avec la mission d’exterminer toute sa population : hommes, femmes, enfants confondus. Il conteste également le fait que les femmes et enfants d’Oradour aient été brûlés vifs par les Waffen SS dans l’église. A noter qu’il propose différentes explications possibles sur certains points de l’événement et qu’il s’agira pour nos lecteurs de découvrir par eux-mêmes en lisant l’ouvrage dans son intégralité.

Il prétend que :

  1. Les Waffens SS sont arrivés à Oradour pour retrouver un gradé allemand qui avait été enlevé la veille (9 Juin) par des maquisards et qui pouvait, pensaient les Waffen SS, se trouver détenu à Oradour.
  2. Les femmes et les enfants ont trouvé une mort terrible dans l’église suite à l’explosion inattendue d’un ou plusieurs dépôts de munitions clandestins qui avaient été entreposés dans le lieu saint par la résistance locale et qui fut sans doute assimilée à une attaque du maquis (p. 191).
  3. (hypothèse)La responsabilité de la mort des femmes et des enfants enfermés dans l’église serait à imputer aux maquisards qui auraient mis à feu intentionnellement les munitions dans le but de créer une diversion (sans qu’ils n’aient envisagé les dégâts produits par la détonation).

 

Sources documentaires :

Le massacre d’Oradour, un demi-siècle de mise en scène, collectif de libres chercheurs animé par Vincent Reynouard, 1997, version PDF en libre téléchargement ici : http://www.histoireebook.com/index.php?post/2012/06/16/Reynouard-Vincent-Le-massacre-d-Oradour

Oradour : Contre-enquête ( complément, Mai 2016) : http://www.histoireebook.com/index.php?post/Reynouard-Vincent-Oradour-la-contre-enquete

Le Drame d’Oradour-sur-Glane, Résumé de la thèse révisionniste (PDF): http://www.histoireebook.com/index.php?post/Reynouard-Vincent-Le-drame-d-Oradour-sur-Glane-Resume-de-la-these-revisionniste

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3 – VERSION RÉVISIONNISTE – JEAN-CLAUDE PRESSAC :

Dans l’opuscule qui lui est attribué (5) et intitulé La tragédie d’Oradour (1997), Jean-Claude Pressac propose une alternative à la version officielle mais aussi à celle de Vincent Reynouard.

Dans cet opuscule, Jean-Claude Pressac explique que :

  • Les Waffen SS sont venus à Oradour avec l’intention de délivrer un gradé allemand et non pas celle d’exterminer la population
  • Oradour était un important foyer de maquisards
  • Un dépôt de munitions avait été caché par des résistants dans le clocher de l’église
  • L’explosion de munitions était accidentelle
  • (hypothèse parmi d’autres)La responsabilité de l’explosion pourrait être imputée à des enfants qui auraient échappé à la surveillance de leurs parents et se seraient glissés dans le clocher de l’église, mettant accidentellement feu aux cartouches de dynamite.

Source documentaire :

La tragédie d’Oradour, Jean-Claude Pressac, 1997 (PDF) : JCPoradour

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4 –  VERSION RÉVISIONNISTE DE OTTO WEIDINGER

Pour vous présenter la version d’Otto Weindinger, nous nous baserons sur son ouvrage intitulé Tulle et Oradour, une Tragédie Franco-Allemande, traduit de l’allemand par P. D’Yllias.

D’après Otto Weidinger, c’est la propagande alliée qui a participé de la version officielle et qui a grandement contribué à rendre les allemands responsables d’un massacre de civils dans la commune d’Oradour.

Dans on ouvrage, il considère que :

  • Les Waffen SS sont venus à Oradour avec l’intention de délivrer (par la négociation) le commandant Kämpfe et non pas celle de massacrer la population (p. 26)
  • La région était un important foyer de maquisards.
  • L’explosion dans l’église était intentionnelle
  • L’église d’Oradour a brûlé après dynamitage par les maquisards, au milieu de très fortes détonations (p. 46). La mort tragique de plus de 400 femmes et enfants enfermés dans l’église pour les séparer des hommes incombe aux maquisards.
  • Ce n’est qu’après l’explosion de l’église, prise sans doute par les responsables de la garde des otages pour un début de combat des partisans que l’ordre de tirer a probablement été donné du côté des granges* (p. 47).

*Des hommes avaient été arrêtés par les allemands et gardés dans plusieurs granges comme otages dans le but de négocier la libération du commandant Kämpfe.

Source documentaire :

Tulle et Oradour, une tragédie franco-allemande, Otto Weidinger (PDF) : http://www.histoireebook.com/index.php?post/Weidinger-Otto-Tulle-et-Oradour-Une-tragedie-franco-allemande

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CONCLUSION 

La tragédie d’Oradour-sur-Glane : Massacre programmé de la population par des Waffen SS impitoyables ou tragique issue d’une opération de sauvetage dans une base arrière de la résistance française ?

 

 


(1) Tulle et Oradour, une tragédie franco-allemande, otto Weidinger, annexes 1, 2 et 3 page 51-56. Ouvrage publié à compte d’auteur et dont la circulation, la distribution et la mise en vente avaient été interdites en France par un arrêté du ministre de l’intérieur du 10 Janvier 1991 en application du décret-loi (abrogé) du 6 mai 1939.

(2) La Charente libre, 14 avril 2005, p. 4.

(3) Jean-Claude Pressac, après avoir fréquenté un temps les révisionnistes (parmi lesquels Monsieur Robert Faurisson) et en désaccord avec eux, a rejoint les partisans de la thèse officielle en affirmant sa croyance en l’existence des chambres à gaz homicides hitlériennes. Dès lors et soutenu notamment par le couple Klarsfeld qui financera son ouvrage « phare », il s’est appliqué à tenter de réduire à néant les thèses révisionnistes relatives aux chambres à gaz homicides en révisant toutefois certains aspects de l’histoire dans les sens de ces derniers. Voyez la « Réponse à Jean-Claude Pressac sur le problème des chambres à gaz » de Robert Faurisson, 1993 : http://www.histoireebook.com/index.php?post/2012/01/11/Faurisson-Robert-Reponse-a-Jean-Claude-Pressac-sur-le-probleme-des-chambres-a-gaz

Jean-Claude Pressac reste un personnage ambigu qui aura peut-être choisi la voie facile (ne pas nier l’existence des chambres à gaz homicides) pour s’assurer une certaine tranquillité et réviser tout ce qu’il entendait réviser sans qu’il soit question pour lui de rejoindre le « clan des hérétiques ».  Il aura eu son heure de gloire, à défaut d’avoir été bien clair sur ses réelles motivations et ses profondes convictions. A la fin des sa vie, il déclarera : «  Je suis hanté par la pensée que dans cent ans ou même cinquante les historiens s’interrogent sur cet aspect de la seconde guerre mondiale qu’est le système concentrationnaire et de ce qu’ils découvriront. Le dossier est pourri. Il y a, d’une part, énormément d’affabulations, d’inexactitudes obstinément répétées, notamment sur le plan numérique, d’amalgames, de généralisations et, d’autre part, des études critiques très serrées pour démontrer l’inanité de ces exagérations. Je crains que ces historiens ne se disent alors que la déportation, finalement, a dû être un mythe. Voilà le danger. Cette idée me hante. » (Ouest-France, 2-3 août 1986, p. 6). » 

(4) Source : http://www.oradour.org/fr/content/recit-du-massacre

(5) Jean-Claude Pressac n’a pas revendiqué ce texte de son vivant, préférant le confier à son « complice » Pierre Guillaume en vue d’une diffusion à titre posthume. Le document nous a été aimablement transmis par un lecteur que nous remercions ici chaleureusement.

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