AIDE A LA CREATION D’ASSOCIATION

 

loup

ASSOCIATION : MODE D’EMPLOI

 

Préambule  / Un bon terreau :

La Loi Pleven, votée à l’unanimité le 7 Juin 1972. Elle a inséré comme article 24 Alinéa 5 de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881 le délit de « provocation publique à la haine raciale ».

L’incitation à la haine raciale est le fait, par des discours, des écrits ou par tout autre moyen, de pousser d’autres personnes à modifier leur comportement vers le racisme.

La provocation peut être « indirecte », et, fait nouveau, ne nécessite pas d’être effectivement suivie d’effet pour être coupable.

En outre, toute association légalement constituée s’autoproclamant représentative de tel ou tel intérêt ou de telle ou telle communauté est autorisée à porter plainte et ceci même en l’absence de plainte individuelle préalable.

La loi Pleven ressuscite l’hérésie. Elle sanctionne les intentions. Elle ne se soucie pas de la vérité, de ce qui peut être prouvé et démontrable, elle fait de la psychanalyse, elle sonde votre cœur et votre esprit !

Forts de tout ceci et un brin opportunistes (mais purs de cœur et d’esprit), nous allons vous conseiller dans votre démarche de Création d’une Association (parce-que vous êtes généreux de cœur, bienveillants à l’égard de votre prochain et que vous avez toujours été un peu idéalistes).

 

CONSEILS POUR LA CRÉATION D’UNE ASSOCIATION :

 Votre champ d’action :

Choisissez soigneusement votre champ d’action. Pour ce faire, repérez un phénomène commun, propre à la nature humaine, inépuisable, indémodable : un sentiment, une émotion humaine restent des valeurs sûres. La loi Pleven est là pour vous ouvrir la voie : elle vous permet de sanctionner sur des intentions et son flou juridique vous offre d’innombrables opportunités. Votre terrain de jeu est presque infini !

Choisissez des sujets très clivants, propres à attiser les passions : religion, immigration…

Le nom de votre association :

Exemple : Vous avez choisi « Association de lutte contre les discriminations religieuses » ou ALDR pour faire plus court.

FÉLICITATION! Vous êtes le représentant autoproclamé de toutes les confessions existantes sur votre territoire (si vous grossissez un jour, vous pourrez représenter les confessions du monde entier mais ne soyez pas trop gourmands car en lieu et place du  bras armé de la paix » que vous incarnez vous pourriez passer pour des « impérialistes »).

Personne ne vous a choisis, ni élus, ni même recommandés mais vous êtes « LA référence ».

Subventions :

Faites les démarches nécessaires auprès de l’État pour obtenir des subventions. Il est évident qu’un bon carnet d’adresses vous aidera dès le départ.

Votre argument : « mon association œuvre dans l’intérêt général ». La lutte contre la discrimination des confessions religieuses est une bonne candidate pour l’obtention de subventions étatiques.

Dons / mécénat : Avec un bon carnet d’adresses de départ, vous assurez votre survie mais aussi votre rayonnement. Sachez flatter l’ego des donateurs et proposez-leur des titres honorifiques au sein de votre association (exemple : invité d’honneur, ambassadeur etc.)

Faites en sorte de convaincre les différents représentants des confessions de votre mère patrie afin qu’ils vous apportent un soutien financier. Vous pouvez créer une récompense, un label, qui décorera les organisations et événements pour leur propension à « lutter contre les discriminations ». Il va de soi que la main la plus généreuse aura quelques privilèges et pourra vous chuchoter quelques idées d’actions : vous lui rendrez service afin de lui prouver votre gratitude (et vous assurer qu’elle reste généreuse).

Mise en pratique :

Chaque matin, épluchez la presse, disséquez les médias : repérez les propos et les individus dont les opinions éveillent en vous un sentiment d’agacement ou de colère. Vous en trouverez forcément. Attaquez l’auteur qui vous aura agacé en justice (celui qui aura critiqué un culte, une confession en particulier : la loi Pleven vous donne le droit de juger de ses intention et de l’effet supposé de ses propos dans l’esprit des gens : négatif, évidemment ! (sans quoi vous n’auriez aucune raison d’exister).

Si rien, dans les médias, ne vous semble adéquat, il faudra éviter que la situation s’éternise, sans quoi l’utilité de votre association serait mise en doute. Pour ce faire, n’hésitez pas à créer une expression nouvelle ! Innovez ! Inventez un délit assorti d’un slogan coup de poing ! Exemple qui a fait ses preuves : « Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit ». Propagez le slogan : il vous servira plus tard…

Grossir :

Montrez-vous ambitieux ! Si la loi ne vous offre pas suffisamment de marche de manœuvre pour attaquer les critiques mal venues, proposez une nouvelle loi. Pour ce faire, attendez que votre idée de délit, assortie d’un slogan choc, fasse son chemin et s’encre dans les esprits (phénomène de sidération mentale). Les journalistes, personnalités politiques mais aussi acteurs et humoristes sont un bon curseur. Surveillez les médias et la récurrence de votre slogan dans les discours.

Votre idée devenue très populaire il est temps pour vous de proposer une loi !

Faites jouer vos relations, faites jouer les intérêts politiques du pouvoir en place, n’ayez pas froid aux yeux ! Montrez-vous habités, exaltés !

FÉLICITATIONS!

Vous êtes parvenus à faire voter une loi sanctionnant toute critique à l’égard des religions sur la base d’une incitation à la haine et de risques de graves troubles à l’ordre public.

La consécration :

Vous êtes Nés, vous êtes Armés (jusqu’aux dents), vous avez grossi, vous êtes :

Un ÉTAT dans l’État !

 (Précautions d’emploi : « Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse ».)

 

Gayssoteries, 16 Juillet 2015