L’ABJECTE LOI GAYSSOT

POLEMIA

Le : 20 Mai 2011

Défendre la liberté d’expression contre la police de la pensée

[…]

Dans l’hystérie de Carpentras, « l’abjecte loi Gayssot »

On s’en souvient sans doute, cette loi du 13 juillet 1990 – qui à l’évidence intéressait beaucoup le public du colloque – émanait de la proposition de loi, jusque-là enterrée, d’un député communiste au passé très stalinien, Jean-Claude Gayssot. Mise en urgence à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale par Laurent Fabius siégeant alors au « perchoir » cependant que Michel Rocard était premier ministre, elle fut examinée puis votée toutes affaires cessantes par le Parlement dans l’hystérie suscitée par la profanation de Carpentras – immédiatement imputée par le ministre de l’Intérieur Pierre Joxe au Front national.

Ce texte de circonstance étant particulièrement mal fichu, comme l’avaient constaté à l’époque Madeleine Rebérioux, alors présidente de la Ligue des droits de l’homme, et de nombreux juristes, dont Me William Goldnadel (1), un recours devant le Conseil constitutionnel eût inéluctablement conduit à son annulation. Mais aucun parlementaire ne s’y risqua.

Plus de trente ans plus tard, certains se prennent à espérer l’abrogation de ces législations scélérates (« l’abjecte loi Gayssot », s’était écrié Me Baudelot, avocat du Monde poursuivi pour négationnisme du génocide arménien). D’autant qu’elles ont été encore aggravées, par les lois Lellouche de 2003 et 2004 punissant les « infractions à caractère raciste, antisémite et xénophobe », de peines pouvant aller jusqu’à trois mois de prison ferme et 45.000 euros d’amende.

 

« Restreindre la capacité de nuisance des associations subventionnées » (Christian Vanneste)

Lui-même condamné en première instance et en appel – avant d’être blanchi en cassation – pour homophobie à la demande d’associations bénéficiant de subventions publiques, M. Vanneste révéla qu’avaient été déposées des propositions de loi visant à restreindre la capacité de nuisance de ces organisations dites abusivement représentatives alors qu’elles ne comptent souvent que quelques dizaines d’adhérents.

NDLR ( Gayssoteries) : voir à ce sujet notre billet satirique sur la création d’association :

https://gayssoteries.wordpress.com/2015/07/16/1306/

En revanche, hors de question pour lui de « toucher à la loi Gayssot », Robert Badinter lui ayant affirmé qu’il ne s’agissait pas d’une loi mémorielle comme la loi Taubira sur l’esclavage mais de la transcription dans notre droit des jugements du Tribunal de Nuremberg.

 

« Un tribunal créé à l’instigation du maréchal Staline » (Me Trémolet de Villers)

A quoi Me Trémolet de Villers répliqua qu’il « serait peut-être temps pour les juristes de s’interroger sur la validité et la légitimité de ce tribunal créé à l’instigation notamment du maréchal Staline ».

Plus direct encore, Robert Ménard affirma que la loi Gayssot ne serait jamais abolie : « Pas un homme politique ne s’y risquera, ni à droite ni à gauche. Tous les élus ont la trouille, car ils savent qu’on le leur ferait payer très cher. » Et d’ajouter : « A Reporters sans frontières, nous avons toujours attaqué la loi Gayssot, mais nous n’avons jamais osé défendre ses victimes. On a eu peur ». Quel aveu dans notre République des Immortels Principes !

[…]

 

(Source : http://archives.polemia.com/article.php?id=3806)

Publicités