DECÈS DE SERGE THION

Serge Thion nous a quittés

NDLR (Gayssoteries) :
Conseils de Lecture :
1/ Vérité historique ou vérité politique ? Le dossier de l’affaire Faurisson, la question des chambres à gaz, La Vieille Taupe, 1980.
2/ Brève Histoire du révisionnisme, Serge Thion, 2006.
3/ Liberté d’expression, Etat des lieux, Serge thion, 2009.

Ce 16 octobre 2017, Serge Thion nous a quittés.

Né en 1942, Serge Thion est avant tout un libre penseur qui n’eut jamais peur d’exprimer publiquement ses idées hétérodoxes.

Chercheur au CNRS, spécialiste du Vietnam et du Cambodge, il se signale dans les années soixante-dix par ses écrits marxistes et anticolonialistes qui traitent du communisme cambodgien (Des Courtisans aux partisans, essai sur la crise cambodgienne (Gallimard, 1971) et Khmers rouges, matériaux pour l’histoire du communisme du Cambodge (A. Michel, 1981)) ou encore de l’apartheid (le Pouvoir pâle ou le Racisme sud-africain (Rombaldi, 1977)).

En 1979, il prend position en faveur du professeur Faurisson, se rend devant les tribunaux pour défendre la «liberté du chercheur», et rédige un imposant ouvrage, Vérité historique ou vérité politique ? le dossier de l’affaire Faurisson, la question des chambres à gaz (La Vieille Taupe, 1980) en faveur du révisionnisme historique. En 1981, il lance une pétition pour défendre la «liberté académique» du professeur Faurisson et obtient le soutien du célèbre linguiste américain Noam Chomsky.

En 1993, Serge Thion publie Une allumette sur la banquise, écrits de combats (1980-1992). Dans cette ouvrage, il réfute notamment Vidal-Naquet qui avait prétendu discréditer les méthodes révisionnistes en six points. Au passage, il en profite pour décerner à ce dernier le titre de “Chevalier dans l’Ordre de la Grande Guiduoille de Nuremberg” (voir image ci-dessous).

 

Comprenant très tôt que l’Internet constitue une opportunité pour le révisionnisme historique, Serge Thion fonde en 1996 le premier site révisionniste francophone, Aaargh (acronyme de « Association des anciens amateurs de récits de guerre et d’holocauste »), qui changera souvent d’hébergeur pour échapper à la censure (le site a notamment été interdit en France par décision de justice en 2006).

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Durant la seconde guerre du Golf, Serge Thion prend position en faveur de l’Irak et dénonce l’impérialisme américain dans la revue La Gazette du Golfe et des banlieues.

Pour avoir «remis en cause l’existence de crimes contre l’humanité», Serge Thion est finalement révoqué de ses fonctions au CNRS en novembre 2000. Cela ne l’empêchera pas de se rendre à Téhéran en 2006 pour participer à la grande conférence sur l’Holocauste.

Hospitalisé à l’hôpital de Créteil depuis quelques jours, Serge Thion s’est donc éteint ce matin, l’âge de 75 ans. Une cérémonie d’inhumation devrait avoir lieu dans les prochains jours. Nous donnerons à nos lecteurs tous les renseignements nécessaires pour se rendre à cette cérémonie aussitôt que possible.

 

Source : http://agence-bocage.com/index.php/2017/10/16/6041-serge-thion-nous-a-quitte/#more-439

 

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LAURENT LOUIS CONDAMNÉ POUR NÉGATIONNISME (Incitation à la haine)

VISITE DES CAMPS ET COMPTE-RENDU OBLIGATOIRES

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Le 9 Juin 2014, Laurent Louis écrivait sur son blog : “Certes Jean-­Marie Le Pen a dit que les chambres à gaz n’étaient qu’un détail de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale et cela peut choquer mais en y réfléchissant un peu, est-ce si faux que cela?”.

Ce faisant et comme l’avait déjà fait Jean-Marie Le Pen avant lui, il a insinué que le moyen utilisé pour le génocide de millions d’individus pouvait n’être qu’un détail au regard de l’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale dans son entier.  Il n’a pas minimisé le nombre de morts, ni la dimension de la tragédie, ni même nié le génocide. Alors quoi? Alors la marmite déborde et, de fil en aiguille, le sujet est devenu tellement tabou que l’on ne tolère plus aucun questionnement sur le sujet même lorsque la question ne minimise pas l’ampleur du génocide ni même ne le nie.

Très significative est la réponse de Laurent Louis au  président de la cour d’appel de Bruxelles Michel De Grève lui demandant : « Pourquoi salissez-vous la mémoire de ces millions de personnes ? ». Et Laurent Louis de répondre : « J’ai jamais voulu salir la mémoire de quiconque. Je voulais juste ouvrir un débat, c’était une erreur ».

Retenez bien ceci : « […] Je voulais juste ouvrir un débat, c’était une erreur ». Cette petite phrase résume à elle seule dans quelle mesure la censure qui s’est abattue en France infecte les esprits critiques depuis la toute première présentation de ses conclusions par Robert Faurisson.

En guise de condamnation, et au lieu de faire 6 mois de prison avec sursis et de payer 18000€ d’amende, Laurent Louis a accepté une sentence de rechange : visiter un camp de concentration chaque année pendant 5 ans et rédiger un compte-rendu sur son blog. Il va de soi que ses compte-rendus n’ont pas pour vocation d’être sincères puisqu’il y empilera tout ce que le système judiciaire et les associations procédurières attendent de lui : émotion, regret, sentiment de culpabilité, honte, renoncement à toute interrogation etc. Qui sait au demeurant si les compte-rendus n’ont pas déjà été rédigés ?

Il est facile de deviner la substance des futurs compte-rendus, à savoir  :

  • qu’il regrette encore davantage ce qu’il a écrit à présent qu’il a visité ces camps dans lesquels planent encore la terreur et la douleur,
  • qu’il comprend à présent dans quelle mesure ses propos ont pu choquer et qu’il présente ses plus profondes et sincères excuses à tous ces gens qui ont perdu un proche dans les camps,
  • qu’il croit en l’importance capitale des chambres à gaz au regard de toute l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale et que jamais plus il ne lancera de débat sur la question ni même ne s’autorisera à y réfléchir tant la question a été parfaitement posée par les historiens qui y ont répondu d’une façon qui n’autorise plus la contradiction pour les siècles à venir.

Il se fendra également peut-être d’une petite phrase auto-critique en disant qu’il était ignare sur la question, qu’il s’est avancé sur un terrain complexe et sérieux sans réflechir à la gravité de sa question. Enfin, il est probable qu’il profitera de ces compte-rendu pour « canarder » les révisionnistes et leur lutte pour la liberté de parole en écrivant que les « négationnistes » (il choisira nécessairement ce mot puisqu’il saura qu’on l’attend de sa part) devraient faire un pèlerinage chaque année comme il l’a fait, que ça leur ferait le plus grand bien et qu’ils devraient faire vœu de silence sur la question.

Sujet clos. Ce que Laurent Louis n’a peut-être pas encore anticipé, c’est la casserole qui le suivra ad vitam aeternam malgré toutes ses courbettes mais il le découvrira bien assez tôt. Le système sera satisfait, l’exemple sera donné, la rééducation du « cerveau malade » de l’accusé satisfaisante. Laurent Louis méritera (officiellement) à nouveau sa place dans la société. Il va de soi que ce que vise le système n’est pas la réhabilitation de Laurent Louis dont il se sert comme d’un outil à la seule fin d’ imposer encore davantage une seule et unique vision de l’histoire du génocide et de répandre la terreur dans les esprits  français (autrefois critiques épanouis)  afin qu’ils ne s’aventurent pas sur un terrain qu’on a miné d’une façon tout-à-fait extraordinaire, mais ceci est un détail.

En s’excusant publiquement, Laurent Louis a donné raison à la justice dans sa décision de le condamner mais aussi à ses détracteurs dans leur choix de le poursuivre. Laurent Louis a validé la censure, l’interdiction de tout débat sur la question des chambres à gaz et sanctifié la terreur qui règne en France sur le sujet. Attention, nous ne le condamnons  pas. Il est tout-à-fait compréhensible que, lorsqu’on a une épouse et des enfants, on choissise de les faire passer avant son propre honneur. Se coucher devant l’ennemi (idéologique) peut coûter beaucoup plus cher à la conscience d’un homme que se révolter. Lorsque s’agenouiller exige davantage d’efforts à un homme qu’il ne lui en aurait coûté pour se révolter, on peut d’une certaine manière parler de courage et d’abnégation (quant à savoir ce que ses excuses ont coûté à Laurent Louis, lui seul le sait).

Source de l’article : CNEWS MATIN n°2121 du jeudi 21 Septembre 2017 (page 13).

 

 

SOCIÉTE CULTURELLE ET POLICE DE LA PENSÉE (Monika Schaefer)

NDLR ( Gayssoteries) : Cet article est une traduction de celui de Monika Schaefer, publié sur son blog en langue anglaise en date du 26 Septembre 2017.

Artcile original : https://freespeechmonika.wordpress.com/2017/09/26/the-transformation-of-cultural-societies-into-thought-policing-agencies/

Nous en profitons pour informer nos lecteurs que si notre activité s’est ralentie de façon significative durant l’été c’est que nous travaillons sur plusieurs sujets pour lesquels nous rendrons quelques notes dans les semaines qui viennent.

Enfin, nous informons nos fidèles (et toujours plus nombreux) lecteurs que Gayssoteries a 2 ans d’existence depuis le mois de Juillet. Nous entamonslà une une troisième année d’existence en votre enrichissante compagnie et espérons que vous serez toujours guidés, comme nous le sommes, par une volonté de sauver la seule chose qui donne un sens à toute activité intellectuelle : le droit à la révision libre de toutes les connaissances acquises et/ou à priori acquises par l’homme sur quelque sujet que ce soit.

On en peut définitivement pas enseigner à nos têtes blondes que : »la recherche avance sens cesse à l’exception de certains sujets pour lesquels on est définitivement certains d’avoir écrit l’exacte, complète et véritable histoire à un point tel qu’ils doivent se garder d’émettre publiquement des doutes à son sujet, de la nier ou de la minimiser au risque de se voir envoyés en prison ».

La transformation des sociétés culturelles en agences de police de la pensée

Monika Schaefer – 26 sept. 2017

 

Comment est-ce que, l’une après l’autre, les Sociétés qui prétendent être culturelles ou environnementales, sont submergées en devenant des agences de contrôle de la pensée?

Tout d’abord, la Société des violonistes de l’Alberta, puis l’Association de l’environnement de Jasper, et maintenant, c’est le conseil de la Société du Festival régional des arts de Yellowhead (YRAF) qui trouve cet écrivain trop brûlant pour être touché, trop dangereux pour être associé, seulement parce que je suis arrivée à des conclusions différentes sur ce qui s’est passé pendant la Seconde Guerre mondiale.

Si je me trompais tellement, est-ce que quelqu’un s’en soucierait? Mes pensées sur ces sujets seraient simplement ignorés et la vie suivrait son cours. Mais évidemment, il y a quelque chose à craindre d’une personne qui interroge le récit qui prévaut et aboutit à des conclusions différentes. La dissidence n’est pas permise.

Voici la deuxième lettre de ce mois-ci que j’ai écrite au conseil d’administration de YRAF en réponse à leur action contre moi. Ci-après, la première lettre en arrière-plan :

 

19 septembre 2017

Chers membres du conseil d’administration de la Yellowhead Regional Arts Festival Society,

Votre action de me déclarer «not the correct fit» pour votre événement du 29 septembre va bien plus loin qu’un simple événement ponctuel. Vous avez fait quelque chose de très consécutif. Vous avez une incidence sur mes moyens de subsistance et sur ma réputation. Vous signalez à l’ensemble de la communauté que je suis dangereux et intouchable, et que vous signalez aux étudiants actuels et potentiels que Monika Schaefer devrait être évitée. Vous avez également outrepassé les fonctions de votre société en tant qu’organisation culturelle pour endosser celles d’une agence de surveillance de la pensée.

Si vous pensez que vous pouvez le faire d’un poste d’anonymat et de responsabilité zéro, avec tout le respect dû, ce n’est tout simplement pas comme ça que cela fonctionne. Se cacher derrière l’anonymat tout en prenant cette action au sérieux est complètement contraire à l’éthique et sans doute illégal. Le conseil d’administration d’une société doit, par définition, être ouvert, transparent et responsable devant le public. Par votre signature sans nom en tant que conseil générique, vous faites preuve d’un profond mépris pour la société civile. Si les noms des membres du conseil sont gardés secrets, il n’est pas déraisonnable pour le public d’assumer que les décisions ne peuvent être dictées par une seule personne et, dans ce cas, quelqu’un qui a lancé une vendetta contre moi parce qu’ils n’aiment pas mes pensées.

Il est impossible de savoir si les lettres envoyées à l’adresse électronique de votre société générique arrivent à tous les membres du conseil d’administration. J’ai été mise en copie auprès de nombreuses personnes concernées qui vous ont envoyé des lettres dans lesquelles elles soutiennent réellement mon droit à la liberté d’expression et elles sont profondément en désaccord avec vos actions erronées. Je me demande si ces lettres sont diffusées à tous les membres du conseil d’administration, ou ne sont-elles visibles que par une seule personne, peut-être que la (les) personne (s) qui a forcément armé le reste du conseil pour prendre cette action radicale contre moi.

A également attiré mon attention, à travers la vigne, le fait que vous avez reçu des lettres menaçantes et viles de personnes qui se posent comme «partisans». On m’a dit que c’est là votre raison de ne pas divulguer les noms des membres du conseil d’administration, prétendument parce qu’ils s’inquiètent pour leur sécurité. Ce n’est certainement pas la véritable raison qui vous motive à cacher vos identités, car cela aurait signifié que vous aviez le pouvoir de prédire l’avenir. Dans ma quête de recherche de vérité, j’ai appris beaucoup de choses sur les tactiques utilisées par ceux qui s’efforcent de fermer la discussion ouverte, l’enquête et la divulgation de toute information non conforme sur ce qui peut ou non avoir eu lieu pendant la Seconde Guerre mondiale. Il existe de nombreuses méthodes pour détruire, diffamer et éviter ceux qui tentent de souligner les incohérences dans la version victorieuse de l’histoire.

S’il est vrai que vous avez reçu des lettres menaçantes, vous devez savoir que ces lettres ne proviennent pas de leurs «partisans» sans équivoque. C’est une tactique délibérée, une tactique de guerre psychologique, pour me frotter par association. Ces lettres proviennent de personnes actives dans «le sabotage du message» et sapent et distraient ainsi le message. Ils sont des agents de la tromperie. Je l’ai vu maintenant à de nombreuses reprises, par lesquelles les gens m’interpellaient : «tes partisans m’ont menacé! »Ou« vos partisans ont envoyé des blasphèmes! »Ou d’autres déclarations similaires. Qui sont ces gens qui envoient des messages viles, et pourquoi ne m’envoient-ils pas encore ces lettres? Ils ne sont définitivement pas partisans de moi, de mon message ou de la vérité ou de la décence. En substituant le rôle de la Société YRAF en tant qu’organisation culturelle à celle d’une agence de police, vous êtes directement responsables de la situation désordonnée dans laquelle vous vous trouvez. Ce n’est pas mon choix. Vous avez pris une action drastique contre moi sans avoir la courtoisie (ou le courage?) de me parler face à face.

Je demande maintenant une audience juste et ouverte devant votre conseil d’administration. Je demande d’assister à votre prochaine réunion du conseil (ou, s’il vous plaît, organisez une réunion spéciale), afin que nous puissions avoir une discussion franche sur ces questions. Je suis impatiente de répondre à vos questions à vos préoccupations.

J’attends votre réponse anticipée,

Monika Schaefer

 

Je n’ai reçu aucune réponse à l’une de mes lettres à la Société du Festival régional des arts de Yellowhead (YRAF). Comme leur nom l’indique, ce festival culturel englobe une région géographique plus large, et est centrée à Hinton, la prochaine ville de Jasper où j’habite. J’ai longtemps été impliquée sur scène musicale à Hinton aussi bien que dans ma ville natale, donc ce dernier mouvement est une extension du processus de diffamation rituelle, dont j’ai été la cible à Jasper depuis plus d’un an maintenant. Un ensemble de musique basé à Hinton dont je fais partie a été invité à participer au concert de collecte de fonds en automne pour YRAF. À ma grande surprise, la lettre suivante m’a été envoyée par courrier électronique.

D’abord une capture d’écran réduite, puis une version plus lisible de leur lettre originale à mon attention :

 

Screen Shot 2017-09-08:YRAF

 

de: yrafsociety@gmail.com  

5 septembre 2017

Chère Monika, La Yellowhead Regional Arts Festival Society est une organisation à but non lucratif qui favorise un environnement d’apprentissage sécurisé pour les membres des communautés de la région de Yellowhead.

Après un examen minutieux, le conseil pense que votre présence à notre événement ne serait pas judicieux (correct fit)  pour notre organisation en ce moment. [Mises en évidence par mes soins]

 Nous vous souhaitons tout le meilleur pour vos futurs projets musicaux. Votre sincèrement, The Yellowhead Regional Arts Festival Society Board

 

Ma réponse le 8 septembre 2017:

Cher Office de la Société YRAF,

Expliquez-moi exactement en quoi ma présence ne correspond pas à votre organisation. Est-ce que vous impliquez que ma présence avec mon violon sur la scène à Hinton serait en quelque sorte dangereuse pour les membres du public? Est-ce que vous suggérez que je pourrais perdre le contrôle de mon arc de violon et pousser quelqu’un dans les yeux?

Je me demande si votre peur provient de l’un des nombreux collectes de fonds dans le passé où j’ai fait don de mon temps et de ma musique (et gaz) au profit du Yellowhead Rotary Arts Festival (comme on l’appelait). Quels étaient les problèmes de sécurité lorsque de nombreux étudiants de violon sont entrés au festival ces dernières années, ce qui a permis de rendre le festival viable?

Pourquoi vous cachez-vous derrière l’anonymat de «YRAF Society Board»? Qui vous presse de prendre une telle décision? Qui parmi votre conseil d’établissement fait cela? Quels sont vos noms s’il vous plaît? Et avez-vous dit à mes collègues avec qui je devais faire qu’ils, par association, ne sont pas non plus le «bon ajustement»?

Vous avez l’audace de me souhaiter tout le meilleur dans mes futures activités musicales, après avoir cherché à détruire mes efforts musicaux actuels. Votre lettre appartient au double discours orwellien, «… favorise un environnement d’apprentissage sécurisé …». Le niveau de lâcheté dans la dissimulation de votre identité est étonnant.

Les gens de ma vaste liste de Bcc seront très intéressés par votre explication du  pourquoi je ne devrais pas être autorisée à donner bénévolement de  mon temps et de mon modeste talent  pour votre spectacle de collecte de fonds le 29 septembre 2017, pour lequel je voulais financer mon voyage, tout cela au bénéfice de votre société.

J’attends votre réponse rapide.

Monika Schaefer

Jasper, dans la région de Yellowhead

 

Donc, vous l’avez, chers lecteurs. C’est une tyrannie de contrôle de la pensée. La dissidence n’est pas autorisée. Les organisations culturelles ou environnementales qui n’ont rien à voir avec l’histoire ou la politique sont submergées et élevées pour devenir des agents de «double pensée». Comment savons-nous que 2 plus 2 est égal à 4? George Orwell essayait de nous donner un avertissement avec son chef-d’œuvre 1984. Ne rien faire n’est pas une option. La résistance est obligatoire.

 

 

WOLFGANG FROHLICH A NOUVEAU JUGE

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Nous apprenons ce jour par un correspondant que :

Monsieur Wolfgang Fröhlich passera bientôt devant les tribunaux pour la sixième fois.

Le 21 juillet dernier, une nouvelle plainte a été portée contre Wolfgang Fröhlich : cet ingénieur autrichien, qui a déjà passé treize ans de sa vie derrière les barreaux pour révisionnisme, est de nouveau accusé de négation de crimes contre l’humanité commis par le régime national-socialiste.

Dans une lettre datée du 21 août 2017 et adressée au tribunal de Krems an der Donau, ville autrichienne où a été déposée la plainte, Fröhlich affirme que « comme les cinq accusations précédentes, cette sixième fourmille d’allégations infondées, calomnies et autres mensonges. » Au mépris de la plus élémentaire logique scientifique Madame Waidecker [procureur auprès du Tribunal de Grande Instance de Krems an der Donau] présente et se représente les chambres à gaz homicides au Zyklon B comme étant un fait historique alors que leur réalité repose exclusivement sur des témoignages. Elle m’impute alors comme étant un crime puni par la loi le fait que je ne suis pas près d’accepter ce mensonge consensuel universellement promu et soutenu par l’ensemble des médias.

Malgré ses années d’emprisonnement, le courageux Fröhlich semble n’avoir rien perdu de sa combativité. Il écrit même à l’un de nos lecteurs : « La Stasi autrichienne a frappé à nouveau ! Cette fois-ci ce sera son Waterloo ! ».

Afin de soutenir Wolfgang Fröhlich, nous invitions une fois de plus tous nos lecteurs à lui envoyer un petit mot en allemand. Ci-dessous, l’adresse à laquelle envoyer vos courrier : (courrier en allemand uniquement, du fait de la censure carcérale) :

Dipl. Ing. Wolfgang Fröhlich JVA Stein, H. Nr. 46484 Steiner Landstrasse 4 A-3504 Krems/Stein AUTRICHE

ROBERT FAURISSON : SON PROCES EN APPEL DU 14 SEPTEMBRE 2017

NDLR (Gayssoteries) :

Nous apprenons que le procès de Monsieur Faurisson a été repoussé à la date du 1er Mars 2017 en raison d’une QPC (question prioritaire de constitutionnalité) introduite par Me Paris, avocat de Monsieur Patrick d’Hondt (co-accusé dans ce procès) et gérant de la chaîne Meta TV qui s’était contenté de faire son travail de journalisme.

Nous serons présents aux côtés du Professeur Faurisson et nous vous espérons nombreux pour faire valoir vos droits fondamentaux.

 

Robert FAURISSON

                                                                                                                                     

14 septembre 2017

Mon procès en appel pour un entretien diffusé sur « Meta TV » en 2014

Rendez-vous ce jeudi 14 septembre à 13h30 au Palais de justice de Paris (cour d’appel, 10 boulevard du Palais, escalier K, 2ème étage, salle Jules Grévy, pôle 2, chambre 7) pour le procès qui, en première instance, m’a été intenté par la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) et par le BNVCA (Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme) en raison d’un entretien que, lors d’une fête donnée chez Dieudonné en août 2014, j’avais accordé au souriant et sympathique Patrick D’Hondt pour diffusion sur le site de Meta TV.

Patrick D’Hondt et moi-même, nous avons été condamnés en première instance, le 23 novembre 2016, lui, à une peine de 100-jours-amende à raison de 10 euros par jour, et moi-même, à une peine de 100 jours-amende à raison de 100 euros par jour. Diverses autres peines financières s’ajoutaient à ces amendes. A ces peines il convient d’ajouter les frais de défense et, en outre, dans mon cas, des frais de train et d’hôtel. Pendant trois jours je serai absent de Vichy où il me faudra trouver quelqu’un pour me remplacer dans la fonction de garde-malade de mon épouse, âgée de 86 ans.

Mon délit comme celui de Patrick est d’avoir enfreint la loi du 13 juillet 1990 punissant sous certaines conditions la « contestation » de l’existence de « crimes contre l’humanité » tels que définis et punis lors du procès des « grands criminels de guerre » à Nuremberg en 1945-1946 (« loi Gayssot » ou « loi Fabius-Gayssot » ou « loi Faurisson »).

Je compte m’expliquer personnellement devant mes juges de la cour d’appel en invoquant nombre d’arguments, à commencer par le suivant : la preuve est faite que les historiens de « l’Holocauste » sont désormais dans l’incapacité de fournir le moindre élément technique et scientifique à l’appui de la formidable accusation selon laquelle le Troisième Reich aurait décidé et pratiqué une politique d’extermination des juifs européens a) par de l’eau bouillante dans des « chambres à vapeur » (version polonaise, document du procès de Nuremberg PS-3311 pour le camp de Treblinka), b) par le gaz cyanhydrique du Zyklon B (version américaine), c) par l’électricité avec, pour les cadavres, un tapis roulant les amenant tout au sommet d’un haut-fourneau (version soviétique), d) par le feu de bûchers en plein air (version d’Elie Wiesel), e) par d’autres moyens encore au gré de « témoins » qui sont divers et, pour le moins, variés. Eau, gaz, électricité, feu, acide cyanhydrique (sous la forme de l’insecticide Zyklon B), monoxyde de carbone, dioxyde de carbone, chaux vive, pompes à faire le vide, etc. : on n’a pas manqué d’imagination. A l’exception des révisionnistes, de 1945-1946 à nos jours, soit en l’espace de 72 ans, à peu près personne ne s’est ému de cette cacophonie sur un seul et même camp, celui, capital, d’Auschwitz et de Birkenau (voyez, ci-dessus, les cas  « b », « c » et « d »).

Depuis la fin de la guerre, la justice des vainqueurs (c’est-à-dire, dans l’ordre, « La République Française, les Etats-Unis d’Amérique, le Royaume Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques ») n’a jamais ordonné la moindre expertise médico-légale concernant l’effroyable « crime contre l’humanité » qu’elle imputait au vaincu, à une exception près, celle d’une enquête sur la prétendue chambre à gaz nazie au camp de Struthof-Natzweiler dans une Alsace récemment reprise par la France. Cette enquête, qui portait aussi bien sur la scène de crime supposée que sur l’arme supposée du crime supposé ou encore sur des restes de cadavres de « gazés », fut confiée au professeur René Fabre, toxicologue, qui allait devenir doyen de la Faculté de Pharmacie de Paris. Les résultats, consignés par le professeur le 1er décembre 1945, ont été entièrement négatifs. Tout cela nous a été soigneusement caché jusqu’à ce que je le découvre et le révèle personnellement au début des années 1980. Il n’empêche qu’aujourd’hui encore on a l’aplomb de nous présenter comme authentique, et même comme un « monument historique », la « chambre à gaz » du Struthof.

Le 17 janvier 1985, au premier grand procès d’Ernst Zündel à Toronto, le plus prestigieux des historiens soutenant la thèse de cette « destruction des juifs d’Europe », le professeur américain Raul Hilberg, s’est révélé incapable de fournir l’exemple d’un seul rapport scientifique sur ladite scène de crime et sur ladite arme du crime. Pressé de questions par l’avocat Douglas Christie, que j’assistais, et qui lui réclamait une preuve, une seule preuve scientifique de cette nature, il en est venu à dire : « I am really at a loss. I am very seldom at such a loss » (Je suis réellement perplexe. Je suis très rarement perplexe à ce point) (Barbara Kulaszka, Did Six Million Really Die? Report of the Evidence in the Canadian “False News” Trial of Ernst Zündel – 1988, Toronto, Samisdat Publishers Ltd, Toronto, 1992, VIII-564 p. ; p. 39). Profondément ébranlé par la découverte des arguments de « Faurisson et d’autres » (sic), Raul Hilberg avait fini par abandonner sa thèse de 1961 selon laquelle Hitler aurait donné deux ordres d’exterminer les juifs et, en 1983, il avait fini par révéler sa nouvelle et définitive explication : la destruction des juifs d’Europe avait été organisée par la vaste bureaucratie nazie qui, renonçant progressivement au « modus operandi » de l’écrit, avait, « par une incroyable rencontre des esprits » (an incredible meeting of minds), utilisé une « transmission consensuelle de la pensée » (a consensus-mind reading by a far-flung bureaucracy). D’où l’absence de toute trace écrite et de tout document !!! Voyez mon article sur le sujet à http://robertfaurisson.blogspot.fr/1988/09/raul-hilberg-explique-maintenant-le.html.

Mon entretien de 2 heures et 11 minutes avec Patrick se trouvait à https://www.youtube.com/watch?v=G9_6rE8VoPo mais cette adresse allait être bloquée en France tout en restant accessible en Grande-Bretagne et probablement en d’autres pays encore. J’ignore si, pour les Français, il existe aujourd’hui une adresse de substitution.

Mon avocat sera Me Damien Viguier.

NB : En 1988, est parue la traduction en français de la somme de Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d’Europe, Fayard, 1988, 1101 pages. A cette occasion est paru dans Le Monde (7 juin 1988, p.7) un impressionnant encart publicitaire où pouvaient se lire quatre appréciations tout à fait élogieuses, tirées respectivement de La Croix, du Nouvel Observateur, de L’Express et de Libération. On les lira ci-dessous en gardant à l’esprit que l’homme dont on célébrait ainsi le génie n’a en réalité consacré sa vie qu’à l’édification d’une thèse aberrante et nocive. Il a cru, manifestement de bonne foi, à une pure construction de l’esprit, celle de l’ « historien de papier » qu’il était, vraiment trop peu soucieux de la réalité concrète.

Raul Hilberg est mort le 4 août 2007.

1) Pierre Vidal-Naquet, dans La Croix : « UN LIVRE MAGISTRAL » ;

2) Claude Lanzmann [l’auteur de Shoah], dans Le Nouvel Observateur : « Livre unique, livre phare, livre môle, vaisseau d’histoire ancré dans le temps et comme hors du temps, immortel, immémorial, auquel rien, dans la production historique ordinaire, ne peut se comparer » ;

3) Luc Ferry et Sylvaine Pasquier, dans L’Express : « La Destruction des Juifs d’Europe s’impose déjà comme la référence obligée sur le sujet … Contre le révisionnisme à la Faurisson, la critique morale échoue, faute d’argumentation scientifique. Cette somme pulvérise la prétendue démonstration de l’inexistence des chambres à gaz ; et analyse, chiffres à l’appui, l’ampleur de ce que Le Pen appelle le « point de détail » ;

4) Annette Levy-Willard, dans Libération : « Un monument implacable du XXe siècle. Le récit jour après jour de la genèse, de l’idée, de la mise en place, du fonctionnement de la gigantesque machine à broyer des millions d’êtres vivants ».

Prévisualiser la vidéo YouTube L’interview Vérité de Robert Faurisson Meta Tour

L’interview Vérité de Robert Faurisson Meta Tour

 

LETTRE OUVERTE A M. LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANSAISE (Shlomo Sand)

NDLR (Gayssoteries) : Nous n’avons rien à ajouter à cettre lettre ouverte de Monsieur Shlomo Sand qui nous offre un instant d’analyse vivifiant dans cette idiocratie actuelle qu’est devenue la France et dans laquelle le sens des mots est révisé (malmené) sans cesse en fonction des besoins, des idéologies et des objectifs politiques poursuivis.  A ce jeu des synonymes nous ne pouvons que perdre définitivement la raison.

Lettre ouverte à M. le Président de la République française

 

20 juillet 2017

L’historien israélien Shlomo Sand interpelle Emmanuel Macron sur son discours, tenu en présence de Benjamin Netanyahou, pour la commémoration de la rafle du Vel’ d’Hiv : « L’ancien étudiant en philosophie, l’assistant de Paul Ricœur a-t-il si peu lu de livres d’histoire, au point d’ignorer que nombre de juifs, ou de descendants de filiation juive se sont toujours opposés au sionisme sans, pour autant, être antisémites ? »

En commençant à lire votre discours sur la commémoration de la rafle du Vel’d’hiv, j’ai éprouvé de la reconnaissance envers vous. En effet, au regard d’une longue tradition de dirigeants politiques, de droite, comme de gauche, qui, au passé et au présent, se sont défaussés quant à la participation et à la responsabilité de la France dans la déportation des personnes d’origine juive vers les camps de la mort, vous avez pris une position claire et dénuée d’ambiguïté : oui la France est responsable de la déportation, oui il y a bien eu un antisémitisme, en France, avant et après la seconde guerre mondiale. Oui, il faut continuer à combattre toutes les formes de racisme. J’ai vu ces positions comme étant en continuité avec votre courageuse déclaration faite en Algérie, selon laquelle le colonialisme constitue un crime contre l’humanité.

Pour être tout à fait franc, j’ai été plutôt agacé par le fait que vous ayez invité Benjamin Netanyahou, qui est incontestablement à ranger dans la catégorie des oppresseurs, et ne saurait donc s’afficher en représentant des victimes d’hier. Certes, je connais depuis longtemps l’impossibilité de séparer la mémoire de la politique. Peut-être déployez-vous une stratégie sophistiquée, encore non révélée, visant à contribuer à la réalisation d’un compromis équitable, au Proche-Orient ?

J’ai cessé de vous comprendre lorsqu’au cours de votre discours, vous avez déclaré que :

« L’antisionisme… est la forme réinventée de l’antisémitisme ». Cette déclaration avait-elle pour but de complaire à votre invité, ou bien est-ce purement et simplement une marque d’inculture politique ? L’ancien étudiant en philosophie, l’assistant de Paul Ricœur a-t-il si peu lu de livres d’histoire, au point d’ignorer que nombre de juifs, ou de descendants de filiation juive se sont toujours opposés au sionisme sans, pour autant, être antisémites ? Je fais ici référence à presque tous les anciens grands rabbins, mais aussi, aux prises de position d’une partie du judaïsme orthodoxe contemporain. J’ai également en mémoire des personnalités telles Marek Edelman, l’un des dirigeants rescapé de l’insurrection du ghetto de Varsovie, ou encore les communistes d’origine juive, résistants du groupe Manouchian, qui ont péri. Je pense aussi à mon ami et professeur : Pierre Vidal-Naquet, et à d’autres grands historiens ou sociologues comme Eric Hobsbawm et Maxime Rodinson dont les écrits et le souvenir me sont chers, ou encore à Edgar Morin. Enfin, je me demande si, sincèrement, vous attendez des Palestiniens qu’ils ne soient pas antisionistes !

Je suppose, toutefois, que vous n’appréciez pas particulièrement les gens de gauche, ni, peut-être, les Palestiniens ; aussi, sachant que vous avez travaillé à la banque Rothschild, je livre ici une citation de Nathan Rothschild, président de l’union des synagogues en Grande-Bretagne, et premier juif à avoir été nommé Lord au Royaume Uni, dont il devint également la gouverneur de la banque. Dans une lettre adressée, en 1903, à Théodore Herzl, le talentueux banquier écrit : « Je vous le dis en toute franchise : je tremble à l’idée de la fondation d’une colonie juive au plein sens du terme. Une telle colonie deviendrait un ghetto, avec tous les préjugés d’un ghetto. Un petit, tout petit, Etat juif, dévot et non libéral, qui rejettera le Chrétien et l’étranger. » Rothschild s’est, peut-être, trompé dans sa prophétie, mais une chose est sûre, cependant : il n’était pas antisémite !

Il y a eu, et il y a, bien sûr, des antisionistes qui sont aussi des antisémites, mais je suis également certain que l’on trouve des antisémites parmi les thuriféraires du sionisme. Je puis aussi vous assurer que nombre de sionistes sont des racistes dont la structure mentale ne diffère pas de celle de parfaits judéophobes : ils recherchent sans relâche un ADN juif (ce, jusqu’à l’université où j’enseigne).

Pour clarifier ce qu’est un point de vue antisioniste, il importe, cependant, de commencer par convenir de la définition, ou, à tout le moins, d’une série de caractéristiques du concept : « sionisme » ; ce à quoi, je vais m’employer le plus brièvement possible.

Tout d’abord, le sionisme n’est pas le judaïsme, contre lequel il constitue même une révolte radicale. Tout au long des siècles, les juifs pieux ont nourri une profonde ferveur envers leur terre sainte, plus particulièrement pour Jérusalem, mais ils s’en sont tenus au précepte talmudique qui leur intimait de ne pas y émigrer collectivement, avant la venue du Messie. En effet, la terre n’appartient pas aux juifs mais à Dieu. Dieu a donné et Dieu a repris, et lorsqu’il le voudra, il enverra le Messie pour restituer. Quand le sionisme est apparu, il a enlevé de son siège le « Tout Puissant », pour lui substituer le sujet humain actif.

Chacun de nous peut se prononcer sur le point de savoir si le projet de créer un Etat juif exclusif sur un morceau de territoire ultra-majoritairement peuplé d’Arabes, est une idée morale. En 1917, la Palestine comptait 700.000 musulmans et chrétiens arabes et environ 60.000 juifs dont la moitié étaient opposés au sionisme. Jusqu’alors, les masses du peuple yiddish, voulant fuir les pogroms de l’empire Russe, avaient préféré émigrer vers le continent américain, que deux millions atteignirent effectivement, échappant ainsi aux persécutions nazies (et à celles du régime de Vichy).

En 1948, il y avait en Palestine : 650 000 juifs et 1,3 million de musulmans et chrétiens arabes dont 700.000 devinrent des réfugiés : c’est sur ces bases démographiques qu’est né l’Etat d’Israël. Malgré cela, et dans le contexte de l’extermination des juifs d’Europe, nombre d’antisionistes sont parvenus à la conclusion que si l’on ne veut pas créer de nouvelles tragédies, il convient de considérer l’Etat d’Israël comme un fait accompli irréversible. Un enfant né d’un viol a bien le droit de vivre, mais que se passe-t-il si cet enfant marche sur les traces de son père ?

Et vint l’année 1967 : depuis lors Israël règne sur 5,5 millions de Palestiniens, privés de droits civiques, politiques et sociaux. Ils sont assujettis par Israël à un contrôle militaire : pour une partie d’entre eux, dans une sorte de « réserve d’Indiens » en Cisjordanie, tandis que d’autres sont enfermés dans un « réserve de barbelés » à Gaza (70% de ceux-ci sont des réfugiés ou des descendants de réfugiés). Israël, qui ne cesse de proclamer son désir de paix, considère les territoires conquis en 1967 comme faisant intégralement partie de « la terre d’Israël », et s’y comporte selon son bon vouloir : jusqu’à présent, 600 000 colons israéliens juifs y ont été installés….et cela n’est pas terminé !

Est-cela le sionisme d’aujourd’hui ? Non ! Répondront mes amis de la gauche sioniste qui ne cesse de se rétrécir, et ils diront qu’il faut mettre fin à la dynamique de la colonisation sioniste, qu’un petit Etat palestinien étroit doit être constitué à côté de l’Etat d’Israël, que l’objectif du sionisme était de fonder un Etat où les juifs exerceront la souveraineté sur eux-mêmes, et non pas de conquérir dans sa totalité « l’antique patrie ». Et le plus dangereux dans tout cela, à leurs yeux : l’annexion des territoires occupé constitue une menace pour Israël en tant qu’Etat juif.

Voici précisément le moment de vous expliquer pourquoi je vous écris, et pourquoi, je me définis comme non-sioniste, ou antisioniste, sans pour autant devenir antijuif. Votre parti politique inscrit, dans son intitulé : « La République », c’est pourquoi je présume que vous êtes un fervent républicain. Et dussé-je vous étonner : c’est aussi mon cas. Donc, étant démocrate et républicain, je ne puis, comme le font sans exception tous les sionistes, de droite comme de gauche, soutenir un Etat juif. Le Ministère de l’Intérieur israélien recense 75% de ses citoyens comme juifs, 21% comme musulmans et chrétiens arabes et 4% comme « autres » (sic). Or, selon l’esprit de ses lois, Israël n’appartient pas à l’ensemble des Israéliens, mais aux juifs du monde entier qui n’ont pas l’intention de venir y vivre. Ainsi, par exemple, Israël appartient beaucoup plus à Bernard Henry-Lévy et à Alain Finkielkraut qu’à mes étudiants palestino-israéliens qui s’expriment en hébreu, parfois mieux que moi-même ! Israël espère aussi qu’un jour viendra où tous les gens du CRIF, et leurs « supporters » y émigreront ! Je connais même des français antisémites que cette perspective enchante ! En revanche, on a pu entendre deux ministres israéliens, proches de Benjamin Nétanyahou, émettre l’idée selon laquelle il faut encourager le « transfert » des Israéliens arabes, sans que personne n’ait émis la demande qu’ils démissionnent de leurs fonctions.

Voilà pourquoi, Monsieur le Président, je ne peux pas être sioniste. Je suis un citoyen désireux que l’Etat dans lequel il vit soit une République israélienne, et non pas un Etat communautaire juif. Descendant de juifs qui ont tant souffert de discriminations, je ne veux pas vivre dans un Etat, qui, par son autodéfinition, fait de moi un citoyen doté de privilèges. A votre avis, Monsieur le Président : cela fait-il de moi un antisémite ?

Shlomo Sand, historien israélien
(Traduit de l’hébreu par Michel Bilis)