LETTRE OUVERTE AUX DÉFENSEURS DE LA LOI GAYSSOT

LETTRE OUVERTE AUX DÉFENSEURS DE LA LOI GAYSSOT

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Mesdames, Messieurs les défenseurs de la loi Gayssot,

Vous nous exhortez souvent, nous qui réclamons l’abrogation de la loi Gayssot, à nous positionner quant aux thèses révisionnistes.

Premièrement, toutes les réponses à cette question ne sont pas autorisées par la loi si elles sont exprimées publiquement et ce même si elles se contentent de minimiser certains aspects de l’histoire officielle (vous le savez mais vous posez malgré tout la question systématiquement). Ce fait ne semble pas vous poser problème. Pourquoi ? Parce-que vous pensez que les thèses révisionnistes ne sont tissées que de mensonges et que leurs auteurs sont des menteurs et des falsificateurs or s’ils mentent et falsifient, c’est bien qu’ils nourrissent quelques sombres projets et que leur idée de départ est malveillante. En somme, vous soutenez la loi Gayssot sur la forme mais non pas sur le fond qu’elle élude et auquel, pourtant, vous êtes attachés.

Deuxièmement, vous vous élevez contre le mensonge et c’est tout à votre honneur. Nous n’aimons pas non plus le mensonge. Cependant (faut-il que nous vous l’apprenions ?) : La loi Gayssot que vous défendez ne combat pas le mensonge qu’elle n’examine pas mais l’incitation à la haine. Elle n’a cure de votre combat pour la vérité historique, tout simplement parce qu’elle n’en a pas les moyens ni les capacités. Pour cette seule raison, elle n’est pas votre alliée de cœur mais votre alliée de fortune.

Aussi, lorsque vous nous exhortez à nous positionner quant aux thèses révisionnistes, vous trahissez la chose suivante  (et hautement critiquable) : de l’opinion des individus qui combattent la loi Gayssot dépend la recevabilité de leurs arguments et la respectabilité de leur sensibilité éthique et morale. C’est là une chose tout à fait absurde ! C’est là un véritable tribunal de la suspicion qui, loin de se borner à statuer sur la recevabilité d’une opinion en plus de se montrer tout-à-fait partisan, déplace le débat sur des opinions personnelles qui n’entrent pas en ligne de compte. Pourquoi, alors, cette manie chez vous de vouloir que nous disions si nous « croyons » ou non aux chambres à gaz (alors même que, sans trancher définitivement, la simple expression d’un doute à ce sujet est condamnable par la loi) ?  Pour déterminer la case dans laquelle vous nous rangerez et la façon que vous aurez de nous parler les prochaines fois? Pour déterminer notre niveau de nuisance ? La loi Gayssot que vous défendez ne fait pas de l’histoire,  pourquoi en ferions-nous? C’est la raison pour laquelle nous désobéissons en exposant les travaux révisionnistes tandis que les étales des librairies s’y refusent. Nous colmatons une brèche que nous pensons délétère. Qu’importe que les révisionnistes aient raison ou non. L’abrogation de la loi Gayssot n’en perd pas son sens le moins du monde tant qu’elle demeure sous sa forme actuelle et refusede démêler le vrai du faux. Et si elle n’en est pas capable, qu’elle laisse l’histoire aux historiens une bonne fois pour toutes.

Chers défenseurs de la loi Gayssot, vous vous révoltez contre le mensonge tandis que la loi que vous défendez ne se soucie absolument pas de la vérité que pourrait contenir les thèses des citoyens qu’elle condamne. Ce que vous défendez, c’est une loi qui sanctionne les citoyens en lesquels vous voyez des menteurs. La loi Gayssot, de son côté, sanctionne sans aucune considération pour la vérité ou le mensonge car elle les méprise tous deux. Elle sanctionne une opinion qu’elle a ligotée par des moyens détournés à la notion très élastique « d’incitation à la haine » (la haine des uns mais pas la haine des autres selon que la haine des uns est moins souhaitable que celle des autres et, bien sûr, selon que les uns se laissent haïr tandis que les autres s’y refusent). Vous pensez « vérité historique », elle répond « quelle importance ? ». Ceci pourrait faire votre affaire (et c’est le cas aujourd’hui pour certains d’entre vous) mais, dans cette histoire, votre vérité historique n’est pas davantage reconnue que celle des révisionnistes. La loi Gayssot dans sa forme actuelle ne reconnaît pas votre vérité ni même celle des révisionnistes (officiellemtn du moins car elle le fait en filigranes) ! Elle est un outil d’une politique qui ne s’occupe que de l’ordre social : celui qu’elle a choisi à un instant « T » de l’histoire politique de son pays, celui qui s’avère le plus bénéfique au regard des enjeux intérieurs et extérieurs à ses frontières, au regard du poids des doléances des uns et  des autres, au regard des pressions et de ses intérêts propres.

Dans d’autres circonstances, la loi Gayssot,  aurait très bien pu rattacher l’affirmation de l’extermination planifiée de millions de juifs par les allemands à la notion d’incitation à la haine. Cette loi est un véritable élastique, une disposition de circonstance prise dans l’urgence par un tour de passe-passe qui lui a permis de sanctionner les opinions historiques qui faisaient désordre selon que certains mécontents se sont trouvés plus persuasifs que les autres. Vous la preniez peut-être pour une loi morale ? Une loi emprunte d’une certaine philosophie désintéressée et philanthrope ? Que nenni ! Elle vous envoie votre goût pour la vérité au visage comme elle balaye les vérités des révisionnistes d’un revers de manche. Elle vous demande de filer droit, tous autant que vous êtes ! Vous en êtes ses esclaves, peu importe le côté de la barrière qui est le vôtre. Peu importe le confort que vous y trouvez, elle est votre geôle comme elle est celle des révisionnistes.

N’est pas nécessairement moins esclave celui qu’on engraisse et qu’on soigne bien que celui qu’on affame et qu’on maltraite.

Pour ces raisons, nous ne comprenons pas pourquoi vous, à la fois anti révisionnistes et défenseurs de la loi Gayssot, vous ne participez pas à notre lutte pour récupérer ce qui nous est volé. Nous ne comprenons pas pourquoi vous ne voyez pas l’immense malentendu qui existe entre votre conviction de défendre la vérité historique et le total mépris de la loi pour votre si précieux combat.

Ce que nous tirons comme conclusions de cet aveuglement ? Vous n’avez pas examiné suffisamment votre condition et n’avez pas compris que vous étiez entravés. Ce faisant, vous ne vous battez pas pour la liberté de choisir votre camp librement mais acceptez qu’on vous oblige à rester dans celui qui est le vôtre aujourd’hui. Dans le cas contraire, peut-être n’avez-vous seulement pas la force ni l’endurance nécessaire pour combattre seuls les opinions contraires. Peut-être avez-vous besoin de savoir qu’une épée de Damocles se balance au-dessus de la tête de votre ennemi tandis que vous le combattez. De cette façon, et lorsque la lassitude vous gagne, vous pouvez toujours le piéger, le dénoncer, lui faire payer la note sans avoir les mains sales en  collaborant. C’est inéquitable mais qu’importe ! Finalement vous êtes satisfaits d’une loi qui abîme vos ennemis professionnellement, socialement et personnellement parce-que la haine que vous éprouvez pour ce camp adverse trouve dans les sanctions de la loi Gayssot une forme de jouissance et d’apaisement que vous ne savez pas gagner par vos propres moyens. Parce que la jouissance du duel intellectuel équitable ne vous émerveille pas. Vous n’en connaissez ni la saveur ni la noblesse.

La loi Gayssot que vous défendez est bien loin de l’amour de la vérité historique dont vous vous réclamez. La vérité n’a aucune espèce d’importance pour les législateurs qui ont mis en place cette « guillotine démocratique ». Seul compte l’ordre social, lequel dépend des circonstances, de l’époque et des enjeux d’ordre divers mais aussi des amis et des ennemis du moment. Chaque citoyen français doit se soumettre, vous y compris ! Et si vous vous complaisez dans cette situation absurde et inique c’est que la loi simule bien. C’est qu’elle semble vous donner raison et vous accompagner dans le combat qui est le vôtre alors même qu’elle vous méprise considérablement puisqu’elle vous refuse le droit de changer de conviction. En acceptant la loi Gayssot, vous acceptez ne ne jamais changer de conviction et de ne jamais céder à l’envie de l’exprimer publiquement. Ceci vous sied-il?

Vous n’êtes (malheureusement) rien d’autre que le citoyen auquel on impose de manger de la confiture tous les matins, qui exprime un rejet spontané sur l’instant mais qui, très vite et mollement, se plie à la directive en se disant « après tout, j’adore la confiture! »

Vous êtes cette sorte de citoyen qui, demain,  acceptera d’être filmé dans son intimité sous prétexte qu’il ne fait rien de répréhensible.

Vous êtes ce citoyen mou que le bâton rassure et qui se laissera conduire n’importe où pourvu qu’on ne lui impose que ce qui va dans le sens qu’il a choisi au moment de l’invective.

Enfin, si vous combattez le mensonge, combattez-le de tous côtés ! Nous avons dénoncé quelques uns de ces mensonges et de ces falsifications  sur notre page sans que jamais nous en trouvions mention chez les anti révisionnistes. Nous avons vérifié certains arguments de révisionnistes pour lesquels ils s’étaient vus traiter d’affabulateurs et qui nous ont pourtant semblé fort brillants et plein de bon sens sans qu’il soit nécessaire d’avoir fait de hautes études. Nous n’avons pas trouvé tout ce qui avait été dénoncé chez eux mais avons néanmoins relevé quelques mensonges, des déformation, des falsifications mais aussi des renoncements du côté de la doxa donneuse de leçons qui profite d’une tribune confortable en laquelle le public met par tradition toute sa confiance.

Serions-nous coupables de curiosité mal placée ? Qui n’est pas intrigué par celui qui affirme que la terre n’est pas ronde mais plate en plein XXIème siècle ? Qui n’est pas titillé par la nouveauté de la théorie des cordes ? Qui n’est pas attiré par l’exotisme des travaux de physiciens qui nous suggèrent qu’il pourrait exister des mondes parallèles ? Qui n’est pas intrigué par les travaux de personnages que les médias dépeignent comme des monstres et ne cède pas à l’envie d’aller y voir pour se faire sa propre idée? Les thèses révisionnistes sont originales et contiennent des trésors de lucidité. Bien malhonnête serait celui qui le nierait. Bien malhonnête serait celui qui nierait que les anti révisionnistes de tous poils mais aussi les historiens sont toujours honnêtes lorsqu’ils brandissent leurs preuves de la haine dont seraient façonnés certains révisionnistes, lorsqu’ils les citent et lorsqu’ils avancent les preuves de leurs opinions historiques en trouvant fantasmagorique qu’ils puissent trouver qu’elles sont insuffisantes ou en s’étranglant lorsqu’ils « ergotent » sur un détail, un contexte, un mot, une phrase, un numéro de tatouage….

Ultime argument des anti révisionnistes défenseurs de la loi Gayssot : « aucun historien n’est révisionniste ! ». A cela nous répondrons qu’aucun historien n’est OFFICIELLEMENT révisionniste (en France, car il y en a dans d’autres pays). Comment le pourraient-ils puisqu’on les accuserait d’incitation à la haine et que leur existence deviendrait un enfer. Mesdames, Messieurs, en toute confidence :  ce n’est pas à vous que s’adressent les historiens révisionnistes mais à nous. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison qu’on ne se confie pas à ses geôliers mais plutôt à ses compagnons de cellule, qu’on ne se confie pas aux collaborateurs mais plutôt aux résistants, qu’on ne se confie naturellement pas aux censeurs mais aux libres penseurs.

Si, forts de tout ceci vous continuez à défendre la loi Gayssot, alors  peut-être est-elle  à votre mesure : élastique, sans honneur, méprisable et méprisante. Peut-être que votre véritable combat, pour que vous n’ayiez pas compris qu’il devrait en partie se trouver du côté des révisionnistes, est de nature idéologique et politique et non pas, comme vous le criez à qui veut bien l’entendre, tout dédié à la vérité historique.

La seule différence entre vous et les révisionnistes (puisque vous êtes tous esclaves,) :  les révisionnistes voient dans leurs chaînes des entraves tandis que vous les voyez comme des apparats que vous arborez fièrement.

En toute honnêteté : ne changez pas d’avis ! Leur cellule est bien plus petite que la vôtre.


Illustration : Jacques Arago (1790-1855), Châtiment des esclaves (Brésil), 1817-1818, gravure in J. Arago, 1839, vol. I, face à la page119.
© Bibliothèque nationale de France, Paris.

 

 

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Une réflexion sur “LETTRE OUVERTE AUX DÉFENSEURS DE LA LOI GAYSSOT

  1. Vous avez consacré un article aux pages de Mme Anne Kling évoquant, dans Menteurs et affabulateurs de la Shoah, le fameux Martin Gray.

    Vous avez aussi un onglet dévolu aux affabulateurs. Vous avez résumé les cas de “Binjamin Wilkomirski, d’Élie Wiesel, d’Enric Marco, d’Hanan Rachel, d’Herman Rosenblat, de Jerzy Kosinski, de Joseph Hirt, Misha Defonseca

    Ces différents cas font voir que la France respecte la liberté d’expression, en ceci du moins qu’il est loisible de mentir tant qu’on veut, impunément et même avec profit, si on n’est pas révisionniste.

    Par contre, les révisionnistes sont traînés devant les tribunaux (sans même parler de la répression violente illégale mais à ce jour jamais sanctionnée, à ma connaissance) parfois même s’ils ne font que répéter des propos antirévisionnisites, et aucun examen de la véracité de leurs propos n’est possible. Ils seront condamnés, point final.

    Elle est pas belle, hein, la «⁣liberté⁣»? Elle est pas belle, hein, l’«⁣égalité⁣»?

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