FIERTÉ MAL PLACÉE

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« L’humiliation marche souvent à la suite de l’orgueil, le monde rabaisse ceux qui s’enflent. » (Jean-Baptiste Blanchard, l’école des moeurs, 1771)
——————————–

Un récent article fait état du nombre surévalué  de « non juifs » tués dans l’Holocauste et relayé dès la fin des années 70 (parce que, nous apprend l’article « Wiesenthal a commencé à le vendre dans les années 1970″). Tous les chiffres, qu’ils soient relatifs aux morts juifs ou non juifs sont certainement erronés, ceci n’est pas étonnant et mérite d’être corrigé au besoin. Mais deux éléments nous interpellent particulièrement dans cet article :

1 – VICTIMES JUIVES ET NON JUIVES

S’il est question de réviser à la baisse le nombre de « non juifs » tués dans l’Holocauste, il n’est à aucun moment question de réviser le nombre des juifs tués. L’un serait erroné (et c’est fort probable) tandis que l’autre demeure immuable depuis les procès de Nuremberg; ce malgré la révision à la baisse du nombre de juifs morts dans le camp d’Auschwitz-Birkenau qui faisait alors  passer le nombre de juifs tués de 4 millions à 1,5 millions (1991) mais aussi malgré que Raul Hilberg lui-même (historien de référence de la thèse officielle) déclairait qu’il n’acceptait pas le chiffre de 6 millions mais plutôt celui de 5 millions cent mille (voyez son entretien : http://www.lauralaufer.com/spip/spip.php?article54 / Voyez également  notre article sur la révision des chiffres pour le camp d’Auschwitz-Birkenau : https://gayssoteries.wordpress.com/revisions-officielles/auschwitz-birkenau/)

Plus loin, l’auteur de l’article écrit ce que Robert Faurisson aurait payé cher s’il l’avait déclaré à propos des juifs :

« Les «5 millions» ont conduit les historiens de l’Holocauste à se distraire depuis que Wiesenthal a commencé à le vendre dans les années 1970. »

[…]« En effet, disent ceux qui sont proches du chasseur de nazi Simon Wiesenthal, son ancêtre, c’est un nombre qui a été destiné à accroître la sympathie pour la souffrance juive, mais qui est maintenant plus souvent utilisé pour l’obscurcir. »

[…]« Bauer et d’autres historiens qui connaissaient Wiesenthal ont dit que le chasseur de nazi leur avait dit qu’il avait choisi le nombre de 5 millions avec soin: Il voulait un nombre assez grand pour attirer l’attention des non-Juifs qui ne se soucieraient pas autrement de la souffrance juive, Nombre réel de Juifs qui ont été assassinés dans l’Holocauste, 6 millions. »


2 – DONALD TRUMP MÉLANGE LES TORCHONS ET LES SERVIETTES

Le 27 janvier dernier, à l’occasion de la Journée internationale du souvenir de l’Holocauste, Donald Trump a prononcé un discours sans  mentionner les Juifs. Il s’est contenté d’honorer la mémoire de toutes les victimes sans distinction or, un discours de commémoration des victimes de l’Holocauste ne citant pas les juifs particulièrement semble provoquer chez certains esprits susceptibles le sentiment d’avoir été oubliés. Pourtant, juifs et non juifs font partie sans conteste des victimes de l’Holocauste et la commémoration, dès lors qu’elle a lieu,  les inclut tous.

Alors quel est le problème? Quelle est cette exigence de se voir nommé précisément et particulièrement sinon une forme de prétention à se voir auréolé d’un particularisme qu’il s’agirait d’évoquer systématiquement? Pourquoi découper la souffrance quand on peut la penser dans une communion générale? Est-ce là une preuve de compassion particulière qui est réclamée? Un hommage spécifique qui est exigé? Est-ce là une commémoration ou la remise des oscars?

S’ils n’ont pas été cités par Donald Trump, les juifs n’ont pas été oubliés mais simplement et sobrement englobés. Alors pourquoi ce sentiment d’avoir été méprisés? La dignité ne consiste-t-elle pas à savoir se mépriser  dans certaines circonstances? Pourquoi fustiger le simple fait de n’avoir pas fait l’objet d’une compassion particulière sinon parce qu’on refuse, justement, l’idée d’une compassion égale au profit d’une compassion spéciale?

La susceptibilité se mue rapidement en balourdise lorsqu’il est question de discuter les chiffres, ce qui a pour effet de creuser un fossé entre les victimes selon qu’elles étaient juives ou non juives. N’est-ce pas là une forme de compétition mémorielle qu’il est pourtant toujours question de condamner?

Que dirions-nous, un jour de lutte contre la maltraitance des femmes ,  si certaines victimes de  viol réclamaient qu’on les mentionne particulièrement sur le prétexte que leur souffrance serait « centrale » et particulièrement violente comparée à celle des femmes qui ne sont que battues? Nous trouverions cela déplacé et indécent : il en va de même pour ces militants de la mémoire qui débitent la souffrance en comptant les billes.

Reste à autoriser toute forme de révisionnisme historique et à savoir si le sort des juifs est celui qu’on a raconté au sortir de la guerre ou s’il mérite d’être réécrit. C’est là le défit pour les générations futures : libérer la parole révisionniste.

 

 

TRADUCTION DE L’ARTICLE : 

‘Remember the 11 million’? Why an inflated victims tally irks Holocaust historians

A social media post by the IDF Spokesperson's Unit, marking International Holocaust Remembrance Day, includes a total of Jews and non-Jews killed in the Holocaust that historians say is greatly exaggerated. (Twitter)
« Un message des médias sociaux de l’Unité des porte-parole de l’armée israélienne, qui marque la Journée internationale du souvenir de l’Holocauste, comprend un total de Juifs et de non-Juifs tués dans l’Holocauste que les historiens disent très exagérés. (Twitter)

WASHINGTON (JTA) – « Cinq millions de non-Juifs sont morts dans l’Holocauste. »

C’est une déclaration qui se manifeste régulièrement dans les déclarations sur l’ère nazie. Il a été impliqué dans un message Facebook par l’unité des porte-parole des Forces de défense israéliennes la semaine dernière marquant la Journée internationale du Souvenir de l’Holocauste. Et il a été affirmé dans un article partagé par la Maison Blanche Trump à la défense de sa déclaration controversée de l’Holocauste le même jour en omettant des références aux 6 millions de victimes juives.

C’est cependant un nombre sans aucune base scientifique.

En effet, disent ceux qui sont proches du chasseur de nazi Simon Wiesenthal, son ancêtre, c’est un nombre qui a été destiné à accroître la sympathie pour la souffrance juive, mais qui est maintenant plus souvent utilisé pour l’obscurcir.
La déclaration de la Maison Blanche a envoyé des vagues de consternation à travers la communauté juive, y compris parmi les groupes qui ont soutenu le président Donald Trump.

En mentionnant les «victimes, survivants, [et] héros de l’Holocauste» sans mentionner les Juifs, a déclaré une foule d’organisations juives, la déclaration du 27 janvier risquait de jouer dans les mains de la droite européenne, qui comprend des factions qui cherchent à diminuer La centralité du génocide juif au carnage de la Seconde Guerre mondiale.

En défendant l’omission des Juifs de la déclaration, une porte-parole de la Maison Blanche, Hope Hicks, a envoyé à CNN un lien vers une pièce de 2015 Huffington Post-UK intitulée « Les victimes oubliées de l’Holocauste : les 5 millions de personnes non juives tuées par les nazis ».

Sean Spicer, le porte-parole de la Maison Blanche, a paru lundi citer la même source, affirmant que les victimes nazies comprenaient les Roms, les homosexuels, les handicapés et les prêtres. Il a qualifié les plaintes de « pathétique », bien que certaines de ces objections proviennent de deux groupes qui, autrement, ont appuyé Trump, la Coalition juive républicaine et l’Organisation sioniste d’Amérique.

À la suite de la controverse, les deux principaux musées de l’Holocauste du monde, à Washington et à Jérusalem, ont publié des déclarations soulignant la centralité de l’anéantissement des Juifs à la compréhension de l’Holocauste; Ni mentionné Trump.

Les «5 millions» ont conduit les historiens de l’Holocauste à se distraire depuis que Wiesenthal a commencé à le vendre dans les années 1970. Wiesenthal a déclaré au Washington Post en 1979: « J’ai cherché avec les dirigeants juifs à ne pas parler de 6 millions de morts juifs, mais plutôt environ 11 millions de civils morts, dont 6 millions de Juifs ».
Yehuda Bauer, érudit israélien qui préside l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, a averti son ami Wiesenthal, mort en 2005, de répandre la fausse idée que l’Holocauste a fait 11 millions de victimes – 6 millions de Juifs et 5 millions de non-Juifs.
« Je lui ai dit, » Simon, vous dites un mensonge « , a rappelé Bauer dans une interview mardi. « Il a dit, ‘Parfois, vous devez faire cela pour obtenir les résultats pour des choses que vous pensez être essentielles.’ »

Bauer et d’autres historiens qui connaissaient Wiesenthal ont dit que le chasseur nazi leur avait dit qu’il avait choisi le nombre de 5 millions avec soin: Il voulait un nombre assez grand pour attirer l’attention des non-Juifs qui ne se soucieraient pas autrement de la souffrance juive, Nombre réel de Juifs qui ont été assassinés dans l’Holocauste, 6 millions.

Le président Jimmy Carter, aui a émis l’ordre exécutif qui mettait sur pied le Musée commémoratif de l’Holocauste des Etats-Unis, a évoqué les « 11 millions de victimes de lm’Holocaustes ».

Deborah Lipstadt, professeur d’études sur l’Holocauste à l’Université Emory à Atlanta, a écrit en 2011 comment le nombre continue à gêner ses efforts pour enseigner  l’Holocauste.

«J’ai été à de nombreuses observances de Yom Hashoah – y compris celles parrainées par les synagogues et les communautés juives – où onze bougies ont été allumées», écrit-elle dans un article dans Jewish Review of Books dans lequel elle a lacéré les normes éthiques de Wiesenthal. « Quand je dis aux organisateurs qu’ils sont engagés dans le révisionnisme historique, leurs réactions vont du scepticisme à l’indignation. Des étrangers m’ont pris à la tâche dans des lettres en colère pour se concentrer «seulement» sur les morts juives et en ignorant les cinq millions d’autres. Quand j’explique que ce nombre est tout simplement inexact, en fait composé, ils deviennent encore plus convaincus de mon ethnocentrisme et de mon incapacité à ressentir la douleur de n’importe qui d’autre que celle de mon propre peuple.

[…]

LIRE LA SUITE (en Anglais) : http://www.jta.org/2017/01/31/news-opinion/united-states/remember-the-11-million-why-an-inflated-victims-tally-irks-holocaust-historians

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2 réflexions sur “FIERTÉ MAL PLACÉE

  1. L’origine du chiffre de 6⁣000⁣000. Sa répétition.

    Sur les statistiques des pertes juives, on peut se rapporter à ce qu’en disait le plus éminent antirévisionniste: Raul Hilberg.

    D’après Simon Wiesenthal:

    6⁣000⁣000 de Juifs + 5⁣000⁣000 de Gentils (ou «⁣Goyim⁣») = 11⁣000⁣000 de victimes du Ⅲe Reich.

    Selon le quotidien israélien Ha’aretz du 16-Ⅻ-1988 (repris par Jewish Press, New York, 23-Ⅻ-1988), «⁣le mécontentement de Yad-Vashem [institut israélien de la «⁣mémoire de la Shoah ⁣»] à propos de la façon dont le centre Simon Wiesenthal commercialise l’Holocaute est bien connu depuis longtemps.⁣» Le directeur de Yad-Vashem déclarait que, lorsqu’on demanda à Wiesenthal pourquoi il donnait ces chiffres, celui-ci répondit: «⁣Les Gentils ne feront pas attention à nous si nous ne mentionnons pas également leurs victimes.⁣»

    Source, à télécharger (zundelsite.org): traduction de l’article Simon Wiesenthal: le faux “chasseur de nazis” paru en anglais dans le №4 du volume Ⅸ du Journal of Historical Review (hiver 1989-1990).

    De M. Mark M. Weber, Simon Wiesenthal, le faux “chasseur de nazis“, Revue d’Histoire révisionniste №5 (Ⅺ-1991), pp 180-197.

    On rappellera un article de Mlle Lorraine Millot, Une émission déboulonne Wiesenthal. Le chasseur de nazis présenté comme un imposteur à la télé allemande (Libération des 10/11-Ⅱ-1996, p 7) commentant la diffusion par la chaîne de télévision allemande A.R.D., le 8-Ⅱ-1996, d’un documentaire accablant pour le fameux Wiesenthal. Le quotidien Libération permet de consulter gratuitement sept fois dans sa vie ses articles. Ceux qui ont des doutes sur Wiesenthal peuvent toujours utiliser l’une de ces sept possibilités pour lire ce qu’a écrit Mlle Millot.

    Est-il permis en France de mentir sur cette période? Bien sûr! Tant qu’on le fait en ne minimisant pas les conclusions du «⁣Tribunal militaire international⁣» de Nuremberg!
    En revanche, un révisionniste risque d’être condamné même s’il ne fait que citer les propos d’un antirévisionniste.
    Merveilleux pays que la République française, qui, par amour de la liberté, bien sûr, permet à des individus le mensonge, mais, sacralisant des souffrances particulières, ne condamne certains propos que dans certaines bouches!

    La mémoire des victimes du communisme n’est pas protégée.
    «⁣Cette discrimination persistante provient de la non moins tenace aberration selon laquelle le fascisme serait l’antithèse du communisme et donc que les victimes du second, quoique se chiffrant par dizaines de millions, seraient qualitativement moins “victimes” que celles du premier. On a envie d’interpeller les négateurs de ces victimes en leur criant: “De quel lieu vous taisez-vous?” Ce n’est pas le fascisme qui est l’ennemi du communisme. C’est la démocratie. Il n’y aura pas de “mémoire” équitable, donc pas de mémoire du tout, car la mémoire volontairement tronquée est par-là même inexistante, aussi longtemps que gauche et droite réunies traiteront différemment les criminels vainqueurs et les criminels vaincus.⁣»
    – Jean-François Revel (de l’Académie française), Le Figaro Magazine, 12 février 2000 .

    Quant aux communistes, certains des leurs accusent les libéraux d’avoir causé plus de 100⁣000⁣000 de décès (cent millions) au XXe siècle.

    Il est certaines abominations où libéralisme et communisme sont indissociables. C’est peu dire que leur mémoire n’est pas sacralisée.

    La raison du plus fort est toujours la meilleure. La Fontaine avait déjà dénoncé cette injustice.

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    • La fable de la Fontaine à laquelle vous faites allusion est tout à fait appropriée. La version (originale) d’Esope est d’ailleurs aussi fort efficace dans la démonstration de ce biais comportemental :

      LE LOUP ET L’AGNEAU – Esope (traduction d’Emile Chambry)

      Un loup, voyant un agneau qui buvait à une rivière, voulut alléguer un prétexte spécieux pour le dévorer. C’est pourquoi, bien qu’il fût lui-même en amont, il l’accusa de troubler l’eau et de l’empêcher de boire. L’agneau répondit qu’il ne buvait que du bout des lèvres, et que d’ailleurs, étant à l’aval, il ne pouvait troubler l’eau à l’amont. Le loup, ayant manqué son effet, reprit : « Mais l’an passé tu as insulté mon père. — Je n’étais pas même né à cette époque, » répondit l’agneau. Alors le loup reprit : « Quelle que soit ta facilité à te justifier, je ne t’en mangerai pas moins. »

      Cette fable montre qu’auprès des gens décidés à faire le mal la plus juste défense reste sans effet.

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