6 MILLIONS

Mise à jour de notre rubrique « 6 Millions » avec ajout de quelques coupures de presse  (1906, 1911 et 1940…).

https://gayssoteries.wordpress.com/6-millions/

 

https://i2.wp.com/image.noelshack.com/fichiers/2011/47/1322176078-new_york_times_den_25_mars_1906.jpg

(New York Times, Mars 1906)

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2 réflexions sur “6 MILLIONS

  1. Traduction de l’article ci-dessus (effectuée par un amateur, qui sollicite l’indulgence):

    « LE POINT DE VUE DU DR PAUL NATHAN SUR LE MASSACRE EN RUSSIE

    Le Dr Paul Nathan, publiciste berlinois connu, qui s’en revenait d’un voyage extensif à travers la Russie en tant qu’envoyé spécial des philanthropes juifs d’Angleterre, d’Amérique et d’Allemagne pour répartir la distribution du fond de secours de 1⁣500⁣000 $ levé après les massacres de l’automne dernier, a fait le 12 mars [NdT: 1906] à Berlin des rapports ahurissants sur l’état présent et l’avenir des 6⁣000⁣000 de Juifs de Russie à la réunion annuelle de la Ligue centrale de secours juif.

    Le Dr Nathan a dépeint un tableau effroyable de la situation critique et des perspectives de ses coreligionnaires, et il prédit à tout moment des massacres renouvelés surpassant par l’étendue et l’horreur tout ce qui a eu lieu avant. Il a quitté Saint-Pétersbourg [NdT: alors capitale de la Russie] avec la conviction solide que la politique réfléchie du gouvernement russe pour la “solution” de la question juive était une extermination systématique et meurtrière.

    Le Dr Nathan a lu lors de cette réunion un tract adressé à la garnison d’Odessa [NdT: port russe sur la Mer noire, alors la ville au monde comptant le plus de Juifs], appelant les soldats à “se lever et à briser les traîtres qui complotent pour renverser le Saint-Gouvernement du tsar et lui substituer un empire juif”.

    Il a conclu par un appel aux puissances juives d’argent dans le monde pour arrêter la folle course de la Russie, qui a emprunté. Les financiers du monde doivent lancer un [NdT: un mot illisible] non seulement pour des raisons humanitaires […]⁣»

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  2. Les allégations du Dr Paul Nathan sur une «⁣politique réfléchie du gouvernement russe pour la “solution” de la question juive [par] une extermination systématique et meurtrière⁣» sont sans fondement.
    Il n’y eut en fait aucune tentative d’extermination des Juifs par le régime de la Russie tsariste, malgré que les Juifs eussent été certains du contraire.

    Selon The Yivo Encyclopedia of Jews in Eastern Europe (L’Encyclopédie “Yivo” des Juifs d’Europe orientale), «⁣Les Juifs de ce temps croyaient très généralement que, étant donné leur portée et leur durée, les pogromes avaient une organisation et une direction centralisée, probablement par des éléments à l’intérieur du gouvernement lui-même. L’objet manifeste en était [sic pour: en aurait été] de détourner le mécontentement populaire envers le gouvernement sur les boucs émissaires juifs. Cette croyance était renforcée par le déclenchement renouvelé de pogromes au XXe siècle. La présomption d’une culpabilité des [milieux] officiels domina les publications jusqu’à ce qu’elle fût efficacement remise en cause par Hans Rogger et I. Michael Aronson. Les recherches consécutives de John Klier [article en anglais de Wikipedia] ont montré qu’il n’y avait de preuve ni d’incitation ni de planification dans les documents d’archives.⁣»
    («⁣It was widely believed by Jewish contemporaries that, given their scope and duration, the pogroms were centrally organized and directed, probably by elements within the government itself. The ostensible purpose was to deflect popular resentment from the government to Jewish scapegoats. This belief was strengthened by the renewed outbreak of pogroms in the twentieth century. The assumption of official culpability dominated secondary literature on the pogroms until it was effectively challenged by Hans Rogger and I. Michael Aronson. Subsequent research by John Klier has shown that there is no evidence of instigation or planning in the archival record.⁣»)

    Parlons ici de la dessinatrice Gyp (biographies par L’Information nationaliste, par L’Express et par Wikipédia), de son vrai nom comtesse Sibylle Riquetti de Mirabeau (1849-1932) [photo de l’article de Wikipédia], qui échappa à une tentative de vitriolage, une tentative d’assassinat au revolver et une tentative d’enlèvement, et subit de nombreux procès. Toute sa vie fut marquée par les épreuves que lui apporta son engagement nationaliste. Il lui arrivait de faire rire ceux qui assistaient à ses procès par ses répliques spirituelles. Ainsi, à la question sur sa profession, elle mit les rieurs de son côté en répliquant: «⁣Antisémite!⁣⁣» Alors qu’on l’accusait de vouloir exterminer les Juifs, elle répondit: «⁣Oh, je ne suis pas si méchante, je me contenterai de les expulser!⁣»

    Elle croyait qu’avec «⁣l’anéantissement de la puissance juive, reviendront toutes les gloires, toutes les grandeurs, toutes les beautés disparues de la France⁣» (Gyp, Ce qu’on ne dit pas! in La Libre Parole, 18-Ⅻ-1899; La Libre Parole était le journal de l’antisémite Édouard Drumont) mais ne voulait pas commettre un massacre. Toutefois le camp adverse ne savait interpréter une telle attitude que, justement, comme une volonté de commettre un massacre, et même de tuer tous les Juifs. Peut-être la lecture d’ouvrages tels que celui du Pr Israel Shahak, Histoire juive, religion juive – Le Poids de trois millénaires (lisible ou téléchargable sur le site d’Archive.org; en PDF: 0,8 Mo), permet-elle de comprendre un tel point de vue?

    Peu d’ennemis des antisémites avaient une vision plus nuancée de cette question. Parmi ceux qui se distinguaient, citons Bernard Lazare, Juif du Comtat-Venaissin et grand adversaire d’Édouard Drumont et des autres antisémites, auteur de L’Antisémitisme. Son Histoire et ses causes, Éditions Léon Chailley, Paris, 1894 (consultable sur le site de la Bibliothèque nationale, cet ouvrage est d’un grand intérêt).

    Combien un tel massacre aurait-il fait de morts, selon ceux qui en faisaient le récurrent cauchemar? Citons Bernard Lazare, justement:

    «⁣Il est fort difficile d’évaluer exactement la population juive du globe. D’une part, les antisémites majorent les chiffres probables, désireux qu’ils sont de montrer l’envahissement juif; d’autre part, les Juifs, ou les philosémites, poussés par des intérêts contraires, diminuent à leur tour ces chiffres. Les antisémites donnent ainsi couramment le nombre de neuf millions quand ce n’est pas dix [millions] les philosémites ou les Juifs (voir Loeb, article Juif du: Dictionnaire de géographie de Vivien de Saint-Martin. — Th. Reinach, Histoire des israélites) donnent le nombre de 6⁣200⁣000; mais, dans leurs évaluations, ils accusent pour les Juifs russes 2⁣552⁣000, chiffre de beaucoup inférieur au chiffre réel qui est de 4⁣500⁣000 au moins (Léo Errera, Les Juifs russes). J’ai donc adopté 8⁣000⁣000 de population totale, nombre qui m’a paru s’approcher le plus de la vérité.⁣»
    – Bernard Lazare, op. cit., ch. Ⅺ: Nationalisme et antisémitisme, p 274, note 1 (consultable sur le site de la Bibliothèque nationale).

    Ainsi donc, un massacre systématique des Juifs aurait fait environ six millions de morts (6⁣000⁣000) selon les philosémites.

    Il est à noter que l’établissement de statistiques plus justes, notamment sur les Juifs de Russie, aboutit à estimer leur nombre global à une dizaine de millions vers 1900, une douzaine de millions vers 1910 et une quinzaine de millions avant la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, ceux de la Russie tsariste étaient en 1914 entre 5⁣000⁣000 et 6⁣000⁣000. Divisés ensuite entre la Pologne, l’Union soviétique, la Roumanie (pour la partie de l’ancien empire des tsars qu’elle avait récupérée), la Lituanie, la Lettonie et, dans une moindre mesure, l’Estonie et la Finlande, ils étaient de 5⁣000⁣000 à 6⁣000⁣000 de Juifs dont le sort, selon les troubles qui bouleversèrent alors ces pays, causaient de graves inquiétudes à leurs coreligionnaires.

    Un article du Pr Faurisson, le plus fameux révisionniste, évoque le livre de Don Heddersheimer, The First Holocaust: Jewish Fund Raising Campaigns During and After World War Ⅰ [Le Premier Holocauste: Les Campagnes juives de levées de fonds durant et après la Première Guerre mondiale], Thesis and Dissertations Press, Chicago, 2003 (sur amazon), qui mentionne les références incessantes, relevées dans la presse états-unienne à partir de 1896, à une menace imminente d’anéantissement de 5⁣000⁣000 ou de 6⁣000⁣000 de Juifs en Europe orientale. Accompagnées de levées de fond des mouvements sionistes, ces campagnes étaient incessantes. Un auteur en a relevé quelque deux cents occurences dans les journaux entre 1900 et la Seconde Guerre mondiale.

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