NUREMBERG : LA PREUVE PAR L’IMAGE ?

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PREUVE PAR L’IMAGE OU INTERPRETATION ?

Nous nous sommes posé plusieurs questions quant aux images livrées au public lors des procès de Nuremberg. La loi nous le reprocherait, d’autant que nous n’introduirons pas notre billet d’une quelconque formule compassionnelle relative au carnage que fût la seconde guerre mondiale, laissant ce privilège aux proches des victimes, à leurs descendants mais aussi aux poètes et aux romanciers. On n’exige pas des enquêteurs de crimes commis qu’ils transpirent et expriment leurs émotions devant les images qui constituent leur base de travail et, bien que nous ne soyons pas nous-même révisionnistes, nous nous autorisons à porter un regard critique sur les images de « notre » histoire. Nous refuser ce droit, c’est confier l’histoire à la seule appréciation de ceux qui l’ont écrite, allant même jusqu’à évincer une partie de ceux qui l’ont veccue.

(Voir à ce sujet notre lettre ouverte « L’Histoire aux enchères »  : https://gayssoteries.wordpress.com/lettres-ouvertes/lhistoire-aux-encheres/)

Les images diffusées lors des  procès de Nuremberg ont-elles montré les preuves d’un génocide orchestré par les nazis au moyen de gazages homicides ?

Mort en masse ou meurtre de masse?

Que montrent ces images sinon des cadavres par milliers au sortir de la guerre, avec un camp allemand en pleine déroute et dans un contexte de vie concentrationnaire dramatique (épidémies, manque de soins, manque d’hygiène etc.)?

Que nous apprennent ces images, sinon qu’il y eût, dans les camps de concentration, des morts par milliers dont les corps montrent des signes d’une sous-alimentation évidente pour certains ?

N’aurions-nous pas pu voir, dans ces images, des femmes, des hommes et des enfants morts de faim ?

Pendant combien de temps a-t-il fallu leur épargner la vie pour qu’ils maigrissent de cette façon avant d’être gazés ?

Les nazis exterminaient-ils les prisonniers après les avoir affamés volontairement ? Quel sens une telle procédure d’extermination aurait-elle quand il était possible de gazer un millier de personnes d’un coup?

Les images nous racontent-elles quelque chose ou ne font-elles que le suggérer à grand renfort de témoignages et d’aveux ?

Le fort taux de mortalité dans un camp de concentration est-il la preuve qu’un génocide s’y est organisé et s’y est déroulé  ?

Rappelons que les images présentées lors des procès de Nuremberg sont celles des camps de concentration à l’issue de la guerre et non pas au début, ni même pendant. Si le fort taux de mortalité est une preuve de quelque chose, c’est de ce qu’il y eût beaucoup de prisonniers, qu’ils furent mal nourris pour beaucoup et qu’ils sont morts en grand nombre sans que les Nazis n’aient eût le temps de procéder à leur crémation.

Se peut-il que nous envisagions ce drame sans l’usage de chambres à gaz homicides ou ces images prouvent-elles leur existence ? Les camps de concentration, à l’issue de la guerre, étaient-ils des mouroirs? Des lieux de mort ou des lieux d’extermination ? Les images ne font-elles pas autre chose que porter implicitement le spectateur à voir là non plus un mouroir mais une machine d’extermination, l’invitant à négliger la possibilité d’y voir un spectacle de mort en masse pour n’y voir plus qu’un meurtre de masse ?

Ce que le public a condamné en voyant ces images, est-ce un génocide perpétré par les nazis ou l’horreur, simplement, de la guerre, de ses camps, de ses conditions de vie dramatiques ?

Et s’il s’était agi de diffuser les images des dégâts infligés aux vaincus par les vainqueurs, des victimes civiles d’Hiroshima, de Nagasaki ou encore celles de Dresde, Hambourg… ? Quel individu normalement constitué n’eût pas frémi en constatant la boucherie à grande échelle que fût la seconde guerre mondiale d’une façon générale ? N’aurait-il pas pu voir, dans ces exactions qui ont touché des civiles côté vaincus, une horreur de nature exterminatrice ?

La preuve par l’image suffit-elle ? L’image raconte-t-elle les chambres à gaz ?

Apporte-t-elle des preuves de l’existence de ces dernières et suffit-elle à confirmer les témoignages  recueillis ?

Doute légitime ou folie collective?

Les révisionnistes sont-ils déments lorsqu’ils ne voient pas en elles une preuve de l’existence de gazages homicides ?

Leur reproche-t-on de ne pas s’arrêter sur l’émoi qu’elles provoquent – émoi dont on nie presque qu’il puisse exister dès lors qu’ils prennent la liberté de procéder à une analyse critique ?

Il ressort de tout ceci que les révisionnistes sont soit fous, soit lucides. Se refusant à trancher sur ce point puisque l’Histoire est hors de sa juridiction, la justice propose une 3ème voie en guise de couperet aux allures de chevalier blanc : l’incitation à la haine via la négation et/ou minimisation d’un génocide prouvé, au sortir de la guerre, par les images de milliers de cadavres.

Mais ne nous berçons pas d’illusions : rien ne sert de s’adresser aux pouvoirs publics, de tenter de les raisonner par maintes considérations d’ordre philosphique, historique ou libertaire au moyen de textes virtuoses, d’envolées lyriques agrémentées d’arguments lumineux!

La loi Gayssot, lorsqu’elle fût votée, ne considérait pas l’histoire, la philosophie ni même la  morale  :  elle posait là un acte politique visant à évincer des sphères du pouvoir les idéologies qui se réclamaient d’un certain nationalisme considéré par ses partisans non pas comme un prolongement du nazisme mais comme un adversaire des projets politiques en gestation  et de leur mise en oeuvre, tant en France qu’à l’étranger.

La solution? Amener le peuple à considérer son histoire de la façon qu’il l’entend. Qu’importe son adhésion à telle ou telle version de l’histoire puisqu’il s’agit de l’amener à exiger qu’on lui rende sa liberté de prendre connaissance de toutes les façons qu’elle a pu être écrite et de toutes les conclusions sans exception.

(Gayssoteries)


L’image comme preuve : l’expérience du procès de Nuremberg

Article de Christian DELAGE – Vingtième siècle, revue d’histoire, 2007, Volume 72, Numéro 1, pp. 63-78 ( numéro thématique : Image et histoire)

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Lire la suite : http://www.persee.fr/doc/xxs_0294-1759_2001_num_72_1_1413

 

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2 réflexions sur “NUREMBERG : LA PREUVE PAR L’IMAGE ?

  1. « Nuremberg: la preuve par l’image? »

    Je ne sais ce qu’en diraient des juges de notre Ve République; je sais, en revanche, ce que répondraient les plus estimés des antirévisionnistes.

    « Il n’est pas sans importance de savoir que toutes les photographies de camps de concentration sont trompeuses dans la mesure où elles montrent les camps à leurs derniers stades, au moment où les Alliés y pénétrèrent. (…) Les conditions régnant dans les camps résultaient des faits de guerre durant les derniers mois: Himmler avait ordonné l’évacuation de tous les camps d’extermination de l’Est; en conséquence, les camps allemands furent considérablement surpeuplés et [on] n’était plus en mesure d’assurer le ravitaillement en Allemagne. »
    – Hannah Arendt, The Origins Of Totalitarism, Shocken Books 1951, p 446, note 138.

    Quant au plus grand de tous les antirévisionnistes, il estimait que ces images étaient trompeuses. Elles étaient, selon lui, non le résultat d’une politique délibérée, mais celui du chaos régnant à la fin de la Seconde Guerre mondiale, lors des « mois fantômes du Ⅲe Reich (Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d’Europe, Fayard, Paris, 1988).

    Encore une fois, il ne s’agit nullement de l’avis de révisionnistes, mais, au contraire, d’antitévisionnistes, et même des plus éminents antirévisionnistes.

    Devinette : où fut prise cette photographie

    La réponse se trouve sur le site Contre-info.

    Photo d’un Japonais ayant survécu à la chute, à Hiroshima (6-Ⅷ-1945), de la première bombe atomique, larguée par un bombardier B-29 Superfortress de l’aviation des États-Unis d’Amérique (à gauche, l’image de droite montrant Mme Simone Veil).

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    • Tout-à-fait. Notons que les images diffusées aux Procès de Nuremberg avaient pour but de rendre crédible l’incroyable auprès de l’opinion publique. Ce constat des historiens quant au pouvoir pernicieux de l’image, ne les a pas discrédités puisqu’ils se sont bornés, toujours, à réviser la forme sans jamais remettre en question la base même de l’accusation de génocide perpétré au moyen de chambres à gaz homicides. Parmi les morts, sur ces images, étaient nécessairement présents, à leurs yeux, des gazés, sinon, quelles preuves pouvaient exister de ces gazages? (les témoignages n’étant pas des preuves). Simone Veil n’avait-elle pas, en creux, traité tous les témoins des chambres à gaz de faux témoins lorsqu’elle avait déclaré que « Au cours d’un procès intenté à Faurisson pour avoir nié l’existence des chambres à gaz, ceux qui intentent le procès sont contraints d’apporter la preuve formelle de la réalité des chambres à gaz. Or chacun sait que les nazis ont détruit ces chambres à gaz et supprimé systématiquement tous les témoins » (France-Soir Magazine, 7 mai 1983, p. 47). Notons enfin qu’en 1983, avant la loi Gayssot, il s’agissait encore de prouver l’existence des chambres à gaz en guise de réplique aux révisionnistes. Aujourd’hui, il ne s’agit plus de prouver quoique ce soit.

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