BHL : PIÈTRE AVOCAT DE LA SHOAH

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Le Mercredi 17 janvier 2007 à Paris, le Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France (CCAF) avait organisé un Meeting Républicain,  auquel avait participé le philosophe et écrivain Bernard-Henri Lévy qui avait gratifié son auditoire, comme à son habitude,  d’un discours tout exalté. Il s’était d’ailleurs bien plus répandu sur la question de la Shoah que sur celle (objet central du meeting) du génocide arménien.

Lorsque Monsieur Bernard-Henri Levy s’exprime, il est particulièrement fastidieux de dénouer les pelotes conceptuelles, émotionnelles et impertinentes qui, dans nos esprits, s’agglutinent sans jamais pourtant s’assembler logiquement. Grand sophiste, Monsieur Lévy est un cas d’école.

Pour le comprendre, il s’agit, chaque fois, de nettoyer le superflu. Ne reste alors bien souvent qu’un squelette bancal tout-à-fait impropre à la compréhension.

Entre arguments fallacieux, arguments hyper sélectifs, ignorance crasse quant à l’histoire officielle, une seule certitude : Monsieur Lévy milite, invective, il affirme, il décolle !

BHL – LES HISTORIENS DISENT « LE RÉEL » :

« Il est question non pas de sanctionner des opinions au nom d’un politiquement correct, il est question de sanctionner cette chose, très étrange, très particulière, assez folle, qui consiste à dire, non pas qu’on est de cette opinion-ci plutôt que cette opinion-là mais qui consiste à dire que le REEL n’a pas existé ! ».

[…] « J’entendais dire « ce n’est pas à la loi de faire l’histoire ! » Argument absurde ! La loi ne fait pas l’histoire ! Les historiens ont fait l’histoire du génocide arménien ! Tous les historiens sérieux, en France et ailleurs, savent, nous ont expliqué qu’il y a eu en effet un crime très particulier qui s’appelle un Génocide ! C’est l’opinion de tous les historiens de la question arménienne, de tous les théoriciens du génocide, c’est l’opinion de Yehuda Bauer, c’est l’opinion de Raul Hilberg, c’est l’opinion qui est inscrite dans les archives de Yad Vashem, c’est ce que nous savons depuis les lendemains de la première guerre mondiale, c’est une vérité qui est inscrite ! Dans les archives des puissances de l’axe et des puissances alliées ! L’histoire, elle est écrite ! […] Donc, il n’est pas question que la loi dise l’histoire ! L’histoire est dite ! Depuis longtemps dite ! Archi dite ! Il est question d’une loi pour empêcher que l’on insulte, que l’on outrage les enfants, les petits enfants, ou aujourd’hui car cela a tant duré, les arrières petits enfants des victimes. »

Sans se tromper jamais, sans s’égarer jamais, les historiens diraient le RÉEL. Dire l’histoire écrite par les historiens, c’est dire le RÉEL sans faille, sans fautes et, enfin de compte, sans humanité. De quoi décourager les nouvelles générations d’historiens de réviser les travaux de leurs prédécesseurs. A moins que ceci ne concerne que l’histoire des génocides ?

La majorité est dépositaire du RÉEL

La loi est dépositaire de la majorité

Donc, la loi est dépositaire du RÉEL.

Qui peut s’opposer au RÉEL ?

Circulez !

BHL– L’ARGUMENT D’AUTORITÉ :

[…] J’entendais dire « ce n’est pas à la loi de faire l’histoire ! » Argument absurde ! La loi ne fait pas l’histoire ! Les historiens ont fait l’histoire du génocide arménien ! Tous les historiens sérieux, en France et ailleurs, savent, nous ont expliqué qu’il y a eu en effet un crime très particulier qui s’appelle un Génocide ! C’est l’opinion de tous les historiens de la question arménienne, de tous les théoriciens du génocide, c’est l’opinion de Yehuda Bauer, c’est l’opinion de Raul Hilberg, c’est l’opinion qui est inscrite dans les archives de Yad Vashem, c’est ce que nous savons depuis les lendemains de la première guerre mondiale, c’est une vérité qui est inscrite ! Dans les archives des puissances de l’axe et des puissances alliées ! L’histoire, elle est écrite ! [Applaudissement dans la salle] »

D’après Monsieur Lévy, si les « historiens sérieux » affirment qu’un événement a eu lieu, il a nécessairement eu lieu ! L’autorité qu’on leur confère place leurs méthodes, leurs démonstrations et leurs preuves au-dessus de toute analyse critique. En ceci, et du seul fait de leur autorité, les historiens accrédités seraient infaillibles.

Lorsque la justice française prend le parti des « historiens sérieux », elle est, par voie de conséquence, infaillible.

BHL, lorsqu’il prend le parti des « historiens sérieux » et  de la loi, est, lui aussi, infaillible (par contagion?); ceci par le seul argument d’autorité d’une profession qui n’est pas la sienne : ce n’est pas rien !

Lorsqu’il cite Raul Hilberg et Yehuda Bauer, Monsieur Lévy se cantonne à une époque bien précise de leurs travaux, il caviarde, il évacue ce qui ne rentre pas dans ses propres cases, ce qu’il refuse de considérer. Ce faisant, il omet ce que les hommes ont déclaré et qui ne décrivait pas LE RÉEL mais expliquait plutôt qu’ils en étaient restés à quelques incertitudes fort handicapantes en matière de preuves matérielles (étrange RÉEL que celui qui prétend s’imposer sur la base d’incertitudes).

Il aurait pu se montrer plus honnête en mentionnant ceci :

« Il n’y avait pas de schéma directeur préétabli. Quant à la question de la décision, elle est en partie insoluble : on n’a jamais retrouvé d’ordre signé de la main d’Hitler, sans doute parce qu’un tel document n’a jamais existé. Je suis persuadé que les bureaucraties sont mues par une sorte de structure latente : chaque décision en entraîne une autre, puis une autre, et ainsi de suite, même s’il n’est pas possible de prévoir exactement l’étape suivante. »  (Raul Hilberg dans Le Monde des Livres, 20 octobres 2006, p.12)

« Comme Finkelstein, j’ai dit moi-même que dans cette campagne [contre les banques suisses], les méthodes du Congrès juif mondial et des organisations qui le soutiennent sont détestables. […] Quand il s’agit de la vérité, on doit parler ouvertement, même si les conséquences sont désagréables. »  (Raul Hilberg dans un entretien à la radio suisse (SBC-SSR) du 31 Août 2000)

« Je suis hanté par la pensée que dans cent ans ou même cinquante les historiens s’interrogent sur cet aspect de la seconde guerre mondiale qu’est le système concentrationnaire et de ce qu’ils découvriront. Le dossier est pourri. Il y a, d’une part, énormément d’affabulations, d’inexactitudes obstinément répétées, notamment sur le plan numérique, d’amalgames, de généralisations et, d’autre part, des études critiques très serrées pour démontrer l’inanité de ces exagérations. Je crains que ces historiens ne se disent alors que la déportation, finalement, a dû être un mythe. Voilà le danger. Cette idée me hante. » (Jean-Claude Pressac – Ouest-France, 2-3 août 1986, p. 6). 

«Le public répète encore continuellement la sotte histoire selon laquelle l’extermination des juifs a été décidée à Wannsee » (Yehuda Bauer, communiqué de la Jewish Telegraphic Agency reproduit dans The Canadian Jewish News, 30 janvier 1992, p. 8).

«Mais pourquoi donc dans le monde ces gens ont-ils fait d’Auschwitz une vache sacrée ? Auschwitz était un endroit terrible, mais ce n’était pas un camp d’extermination ! » (Gitta Serney (historienne, biographe et journaliste), London Times, 29 Aout 2001)

Monsieur Lévy est-il malhonnête? Ultra sélectif ? Peut-être tout simplement fanatique?

BHL – LA SHOAH RESTE INCOMPARABLE :

«On nous dit encore : 3 génocides, peut-être 4, ou 5 ? Est-ce qu’on ne va pas, avec tout ça, est-ce qu’on ne va pas comparer l’incomparable ? Est-ce qu’on ne va pas banaliser ceci ou cela, en l’espèce, banaliser la singularité de la Shoah ? Là, je voudrais vous dire, très clairement, ce que je pense. Je pense d’abords en effet, que tant du point de vue du nombre des tués, que du point de vue de la démence absolue du projet exterminateur échappant à tout raison, que, encore, du point de vue du rapport très particulier à la technique qui a produit la chambre à gaz, je pense qu’il y a, en effet, dans le génocide des juifs, quelque chose de très singulier et d’incomparable. »

BHL, alors présent pour soutenir l’extension de l’application de la loi Gayssot à la négation du génocide arménien, rappelle à son auditoire la singularité et le caractère incomparable de la Shoah. Rassurés seront ici les esprits chagrins quant à la perspective de voir le génocide arménien rejoindre la Shoah sur les sommets de la singularité : il ne les rejoindra pas !

Les critères sont énoncés, la singularité de la Shoah est réaffirmée, le génocide arménien recalé.

Pourtant, les critères de singularité souffrent quelques handicaps :

Critère de singularité n°01 – Nombre des tués :

Le Tribunal de Nuremberg avait affirmé un nombre de tués de 6 millions. Jusqu’en 1989, la plaque commémorative d’Auschwitz annonçait 4 millions de tués. En 1989, la plaque fût remplacée, annonçant alors le chiffre de 1,5 millions de tués.

Il semble que Monsieur Lévy énonce là un critère qui suppose un chiffre caduc et discrédité par tous les historiens sérieux puisqu’il ne considère pas les nouveaux chiffres et choisit de bloquer son compteur personnel à 6 millions. Il est loin d’être le seul. C’est, pour lui, comme les chambres à gaz pour Monsieur Lepen : un « détail ».

(Voir à ce sujet : https://gayssoteries.wordpress.com/revisionnisme-officiel/auschwitz-birkeneau/)

Raul Hilberg, cité plus haut comme argument d’autorité par BHL, n’aurait pas été aussi affirmatif sur le second critère de singularité de la Shoah :

Critère de singularité n°02 – Démence absolue du projet exterminateur :

« Mais ce qui commença en 1941 fut un processus de destruction non planifié à l’avance, non organisé et centralisé par une agence quelconque. Il n’y eut pas de projet et il n’y eut pas de budget pour des mesures de destruction. [Ces mesures] furent prises étape par étape, une étape à chaque fois. C’est ainsi qu’apparut moins un plan mené à bien qu’une incroyable rencontre des esprits, une transmission de pensée consensuelle au sein d’une vaste bureaucratie. »

 (Raul Hilberg, Newsday, New York, 23 février 1983, p. II/3).

Critère de singularité n°03 – Technique qui a produit la chambre à gaz :

«les sources dont nous disposons pour étudier les chambres à gaz sont à la fois rares et peu sûres » (« La solution finale dans l’histoire », Arno Mayer, p. 406, 1988).

« Pour l’historien scientifique, le témoignage n’est pas réellement l’Histoire, il est un objet d’Histoire. Et un témoignage ne pèse pas lourd, beaucoup ne pesant pas davantage, si aucun document solide ne confirme. Le postulat de l’histoire scientifique, c’est, pourrait-on dire en forçant à peine le trait: pas de papier(s), pas de fait avéré. […] Le mauvais cote de l’histoire scientifique, c’est que, en l’absence de documents, de traces ou d’autres preuves matérielles, il est difficile, sinon impossible, d’établir la réalité d’un fait, même s’il ne fait aucun doute qu’il a existe, même s’il est évident.
Mieux vaudrait tirer les leçons et constater qu’il faut choisir entre deux maux pour vaincre le négationnisme. Soit on abandonne le primat de l’archive au profit du témoignage et, dans ce cas, il faut déqualifier l’histoire en tant que science pour la requalifier aussitôt en tant qu’art. Soit on maintient le primat de l’archive et, dans ce cas, il faut reconnaitre que le manque de traces entraine l’incapacité d’établir directement la réalité de l’existence des chambres a gaz homicides. »
(Jacques Baynac (historien, romancier et scénariste), Le Nouveau Quotidien de Lausanne, 3 Septembre 1996).

Il est vrai que l’absence d’archives ne signifie pas nécessairement qu’un événement n’a pas eu lieu (ce n’est d’ailleurs pas le seul argument des révisionnistes pour déterminer qu’à leur avis, les nazis n’ont pas exterminé les juifs). Ces déclarations de Jacque Baynac en avaient ébranlé plus d’un, mais, comme il affirmait malgré tout sa croyance en l’existence des chambres à gaz et de la Shoah, les critiques se sont bien défendus de le qualifier de négationniste.

Voici, dans un droit de réponse, ce qu’on pouvait lire à son sujet (1) :

« M. Jacques Baynac et les Éditions du Seuil tiennent à contester vigoureusement les affirmations d’Eric: jamais M. Jacques Baynac n’a manifesté un quelconque soutien aux thèses révisionnistes ou négationnistes, qui lui font horreur. Bien au contraire, M. Jacques Baynac n’a cessé de les dénoncer et de les combattre publiquement à de multiples reprises. […] Claude Cherki, président des Éditions du Seuil, et Jacques Baynac nous ont mal lu: nous n’avons jamais accusé M. Baynac de négationnisme ni de révisionnisme, mais simplement rappelé son propos selon lequel «il faut reconnaître que le manque de traces entraîne l’incapacité d’établir directement la réalité de l’existence des chambres à gaz homicides». Étant donné la profusion d’archives sur les chambres à gaz, cette contrevérité, disions-nous, a suscité beaucoup d’émotion chez les historiens. » (Eric Conan, Droit de Réponse « la vérité sur un héros, 26/11/1998).

Force est de constater qu’il est autorisé de nier l’existence des preuves matérielles relatives à l’existence des chambres à gaz à la seule condition que ce défaut de preuves n’entame pas la conviction qu’elles ont bel et bien existé.

Dans son discours, Monsieur Lévy affirme que : « La loi Gayssot n’a jamais empêché un historien de faire son travail ! Il est impossible de citer UN cas d’une recherche historique sérieuse qui aurait trouvé dans la loi Gayssot , l’ombre d’un obstacle ! »

Tout est permis, pour autant qu’on choisisse le bon camp et qu’on réaffirme sa croyance en l’histoire officielle.

On l’aura bien compris, le seul révisionnisme autorisé en France est celui qui révise sur la forme mais jamais sur le fond.

BHL – FAITES CE QUE JE DIS, PAS CE QUE JE FAIS :

« Il se trouve que depuis quelques jours, pour les besoins de cette soirée, je me suis un peu plongé, et je vous l’avoue, sans vraiment de plaisir, je me suis un peu plongé dans la littérature négationniste turque, ou d’inspiration turque : la littérature négationniste du génocide arménien. Çà pullule sur internet. Y a des sites et des sites ! J’ai regardé ça ! Çà sent mauvais, ça pue, mais enfin, j’ai voulu aller y voir. Et ce qui m’a surpris, ce qui m’a même stupéfait, c’est que là pour le coup, c’est la même chose. C’est les mêmes arguments ! C’est la même rhétorique ! C’est la même façon de rationaliser ! De banaliser ! De renverser les rôles ! »

Monsieur Lévy a «voulu aller y voir ».

Pourtant, ne disait-il pas que  « C’est l’opinion de tous les historiens de la question arménienne, de tous les théoriciens du génocide, c’est l’opinion de Yehuda Bauer, c’est l’opinion de Raul Hilberg, c’est l’opinion qui est inscrite dans les archives de Yad Vashem, c’est ce que nous savons depuis les lendemains de la première guerre mondiale, c’est une vérité qui est inscrite ! […] « L’histoire est dite ! Depuis longtemps dite ! Archi dite ! » ?

Partisan de la censure du négationnisme, il a profité de ce qu’elle n’était pas en vigueur sur la question du génocide arménien pour aller s’y promener. De surcroît, il connaît la littérature négationniste relative à la Shoah (pourtant interdite de diffusion), puisqu’il établit une comparaison.

Force est de constater que c’est grâce à l’absence d’une censure qu’il encourage pourtant que Monsieur Lévy a pu conforter son opinion et l’exprimer devant une salle comble toute disposée à l’applaudir au terme de chacune de ses assertions en apnée.

N’a-t-il pas fallu que la censure n’existe pas pour qu’il se forge une opinion réfléchie? Ne se sert-il pas de cette découverte de la littérature négationnistes pour la combattre, pour argumenter?

N’a-t-il pas ressenti naturellement le besoin de s’informer par lui-même et pour lui-même tandis que les « historiens sérieux » lui disaient pourtant le RÉEL ? Quel besoin a-t-il eu de lire ceux qu’il appelle des « histrions » quand les gens sérieux lui ont déjà raconté l’histoire RÉELLE, « depuis longtemps dite et archi dite » ?

BHL est si profondément humain qu’il a besoin, comme tout un chacun, de se confronter aux différentes thèses, ne serait-ce que pour être capable de les combattre (puisque c’est pour les besoins de son intervention qu’il est allé « y voir »).

Faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Monsieur Lévy, trop bavard, se répand tant et si bien qu’il avoue en creux avoir eu besoin des thèses contradictoires pour préparer son discours. Thèses contradictoires qu’il veut pourtant censurer.

Il résume ce dont est faite, en partie, la liberté : « ça sent mauvais, ça pue, mais enfin, j’ai voulu aller y voir ».

Il serait bon qu' »aller y voir » soit un droit et non pas un privilège.

 

BHL – LE NÉGATIONNISME PARTICIPE DU PLAN GÉNOCIDAIRE :

« […] Nier le Génocide, le nier vingt ans, 30ans, 50ans ou 90ans après, c’est pour cette raison-même, une façon cynique, sordide, horrible, de continuer le crime, de le reproduire, et de le parachever ! Pour que le crime soit parfait, les juifs le savent bien et les arméniens le savent avant eux, pour que le crime soit parfait, il faut qu’il soit sans traces ! Et pour qu’il soit sans traces, il faut que l’on annihile jusqu’à la mémoire des survivants et des descendants ! Ainsi on prétend achever les juifs ! Ainsi on prétend achever les arméniens ! Et c’est la raison pour laquelle le négationnisme peut être à bon droit qualifié de stade suprême du génocide, et c’est la raison pour laquelle il est si important qu’il soit sanctionné par une loi ! » 

Monsieur Lévy nous apprend là quelque chose de surprenant : il n’y a pas de traces qui prouvent le génocide des juifs autres que les mémoires des survivants. Remettre en question cette mémoire, c’est tuer les seules trace attestant la réalité du génocide.

BHL n’a-t-il pas affirmé, précédemment, que l’histoire écrite par les historiens sérieux disait le RÉEL ? La mémoire des survivants est-elle la seule trace RÉELLE de l’histoire écrite ? Une mémoire est-elle une trace RÉELLE ? Suffit-elle à prouver l’histoire ?

Celui qui voudrait saboter la mémoire de la Shoah et discréditer son histoire officielle ne s’y prendrait pas autrement.

BHL – LE NÉGATIONNISTE EMPÊCHE L’HISTORIEN DE TRAVAILLER :

« Là aussi, c’est absurde ! Et c’est même le contraire ! Ce n’est pas le législateur qui empêche les historiens de faire leur travail ! C’est le négationniste ! C’est lui qui brouille les pistes ! [Applaudissements] C’est lui qui brouille les cartes ! C’est lui qui, lorsque d’aventure dans une classe, un professeur évoque le génocide arménien ou, parfois, le génocide…la destruction des juifs, c’est qui fait que parfois se lève, une petite main qui dit, dans l’innocence : »ah, oui mais… C’est pas ce que mon papa m’a dit ! Y a deux versions de cette affaire ! C’est LE négationniste qui empêche les historiens de travailler ! »

En quoi le négationniste empêche-t-il, concrètement, les historiens de travailler ? Il s’agit ici plutôt pour BHL de signifier que les négationnistes sont de nature à semer le doute quant au RÉEL qui n’a que les mémoires pour traces (et preuves) : « Et pour qu’il soit sans traces, il faut que l’on annihile jusqu’à la mémoire des survivants et des descendants ! »

Nous dit-il que le RÉEL est écrit par la seule mémoire et que, sans elle, il ne subsisterait plus aucune trace du crime ?

 

BHL –PÉNALISATION DU BLASPHÈME :

« Il y a des lois en France, pour pénaliser l’injure ! L’outrage ! La diffamation ! Comment n’y aurait-il pas une loi, en effet, pour pénaliser cet outrage absolu ? Peut-être le pire, qu’est cet outrage à la mémoire des morts et à la mémoire des morts d’un génocide en particulier ! »

Si la loi pénalise déjà l’injure, l’outrage et la diffamation, que n’est-elle pas suffisante pour pénaliser cette injure qu’est la négation de la Shoah ?

Parce que la négation de la Shoah ne rentrait pas dans le cadre des injures, outrages et diffamations reconnues par la loi. Portée comme un événement sacré, contée par des mémoires considérées comme respectables et insoupçonnables, la shoah réclamait une loi qui sanctionne son blasphème.

Comme nous l’a dit Monsieur Lévy, annihiler les mémoires reviendrait à effacer toutes les traces du génocide (ce qui suppose qu’il n’y en a pas d’autres), à commettre le crime parfait.

La loi protège donc un RÉEL écrit par les mémoires. La chose est étrange mais révolutionnaire.

BHL –RHÉTEUR ET SOPHISTE :

Monsieur Lévy, dans un discours incantatoire, joue sur les émotions fortes de l’indignation et de l’enthousiasme. Roi de l’hyperbole, il spécule sur des réactions primaires, use du registre pathétique. Il ne cherche pas une adhésion réfléchie mais seulement viscérale, parce qu’il fonctionne lui-même de cette façon-là.

Une fois encore, Monsieur Lévy prouve qu’il n’est pas du camp des philosophes mais de celui des sophistes et des rhéteurs. L’histoire se souviendra de lui comme d’un exemple à ne pas suivre lorsqu’on aime la rigueur et l’intégrité.

BHL sera, dans les archives de l’histoire, la vessie que certains auront prise pour une lanterne. Et comme l’histoire écrit LE RÉEL, personne n’y trouvera jamais à redire.


(1) (Source : http://www.lexpress.fr/informations/droit-de-reponse-la-verite-sur-un-heros_631281.html)

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4 réflexions sur “BHL : PIÈTRE AVOCAT DE LA SHOAH

  1. Quelle plaie!

    Vingt-cinq minutes de B.H.L., c’est long…

    Bon, je crois que je peux faire le résumé de cette épreuve d’endurance : la loi Fabius-Gayssot qui fait condamner l’expression des opinions révisionnistes n’est pas contraire à la liberté d’expression ; la Vérité ne peut pas triompher du révisionnisme sans cette loi, car le révisionnisme est une HHHaine! Je suppose que ce doit être évident, puisque ce n’est pas démontré…

    Que de choses je découvre par M. Bernard-Henri Lévy… Je passe sur Jean Jaurès en 1814, lapsus manifeste pour 1914… J’apprends qu’il aurait reconnu le génocide arménien ; ah?un homme mort en 1914 aurait reconnu un concept inventé deux ou trois décennies plus tard?J’apprends qu’un certain « RafaelThemkine », « grand juriste juif polonais », aurait inventé ce concept de génocide en 1948 (année de la création d’Israël). Moi qui pensait que c’était un juriste juif originaire de Pologne, installé aux États-Unis, connu pour cette seule raison, appelé Rafael Lemkin et que c’était en 1944… M. Lévy se trompe même sur le nom de celui en qui pourtant il voit un « grand juriste ».

    J’apprends aussi que le génocide et l’extermination auraient été reconnus par Hilberg : intéressant… je croyais que ce politologue, le plus grand des antirévisionnistes, refusait de se servir de ces mots pour décrire le sort des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale… J’apprends qu’Hitler s’était inspiré du génocide arménien, qu’il y avait un plan d’extermination des Juifs selon les historiens tenus pour sérieux par M. Lévy, dont, apparemment, Hilberg au premier chef, alors que celui-ci disait qu’il n’y avait pas de plan, comme on peut le lire ici

    Bref : Hilberg est incontestable, et la loi doit interdire de contester ses thèses, même si elles n’étaient pas les siennes…

    Car c’est le seul moyen pour vaincre la haine, ou du moins la haine que redoute M. Lévy, soit le racisme et l’antisémitisme (la redondance est comprise dans la leçon de M. Lévy).

    « Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux. »
    – MM. Bernard-Henri Lévy , Pierre Bergé et Georges-Marc Benamou, dans l’éditorial du №1 du journal Le Globe, en 1985.

    Odieux : du latin odium signifiant haine.

    Les Franchouillards, eux, ne sont pas protégés par la loi Fabius-Gayssot.

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  2. On n’en finirait pas de relever les erreurs grossières et les contradiction du propos du médiatique M. Bernard-Henri Lévy. Par exemple le voit dire qu’il n’y aurait pas cent, ni dix, ni même cinq génocides à sacraliser, mais seulement trois, quatre ou… cinq ! Je ne m’étonne pas que, pour proclamer ce qui me semble être une énormité, il se contredise ainsi dans la même phrase!En fait je ne vois pas comment, si on veut sacraliser les « génocides » (mot inventé en 1944, et contestable), on pourrait ne pas en sacraliser au moins des dizaines, sinon des centaines ou des milliers, interdisant ainsi en pratique toute discussion historique.

    M. Bernard-Henri Lévy nous explique aussi qu’il faudrait protéger la Vérité par la Loi, mais justement la vérité n’a jamais eu besoin que de s’exprimer pour s’imposer, et n’a jamais eu besoin de la contrainte. M. Lévy l’ignore-t-il vraiment?Toujours est-il que je suis étonné, au sens premier, très fort : pourquoi M. Lévy veut-il sacraliser « la vérité », alors que pour lui on n’a de vérité sacrée que si on est du côté du fascisme, du fondamentalisme et du fanatisme, ainsi qu’il le dit, par exemple, dans cette vidéo (1 min 11 s) ? ⬇

    Non seulement M. Lévy ne croit pas en une vérité sacrée, mais il pense qu’à y croire on serait disposé au totalitarisme!

    Mon avis est tout autre : ce n’est pas lorsqu’on croit à la vérité qu’on est disposé particulièrement au totalitarisme, mais au contraire lorsqu’on n’y croit pas, car alors la différence n’est plus entre le vrai et le faux, qui sont des références extérieures, mais entre l’agréable et le désagréable, qui sont des références intérieures. En conséquence on juge de tout selon son for intérieur, selon son intérêt propre, on n’a nul scrupule à qualifier la vérité de mensonge, et à appeler vérité le mensonge, selon l’utilité qu’on y trouve, puisqu’on tient les deux pour équivalents. C’est le point de départ des pires exactions, des pires injustices, et on n’en éprouve aucun remord, n’ayant nul autre horizon que son propre nombril.

    M. Lévy ne croit pas à la Vérité sacrée. Il proclame pourtant qu’il faut sacraliser la Vérité par les tribunaux.

    Une vérité sous la protection des tribunaux – ou de tueurs, car les révisionnistes subissent de nombreuses agressions, et le Pr Faurisson faillit être tué ; un étudiant fut vitriolisé, etc… –
    est une vérité d’esprit totalitaire.

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    • Au fait… M. Bernard-Henri Lévy, qui nous donne des leçons de morale, au point de vouloir faire condamner autrui pour de simples paroles ou écrits, est-il un parfait exemple de compassion ?

      La réponse, selon M. Michel Onfray, en vidéo (1 min 53 s) : ⬇

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