PROCES DE LA LOI GAYSSOT : « I COMME ICARE »

Illustration article
« Dero Narren lache ich Allen », gravure de Heinrich Vogtherr

NDLR (Gayssoteries) : Le dernier numéro du Journal RIVAROL consacre une double page à la Question Prioritaire de Constitutionnalité posée par Maître Wilfried Paris, avocat du révisionniste Vincent Reynouard.  Nous vous encourageons à acheter ce dernier numéro ne serait-ce que pour disposer du texte intégral de la QPC telle qu’elle a été déposée, relique d’un événement de grande importance dans l’histoire du révisionnisme puisque c’est la première fois que le Conseil constitutionnel est prié de se prononcer sur la conformité de la loi Gayssot à notre Constitution.

RIVAROL – N°3219 – 21 Janvier 2016

EXTRAITS : 

SUR L’OBJET DE LA QPC ?

Le Conseil constitutionnel dénature doublement la question posée. D’abord, il n’était pas reproché à l’article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881 d’ignorer les crimes contre l’humanité « autres que ceux mentionnés à l’article 24 bis » mais de poser, dans les termes de ce texte, des conditions qui provoquent des différences de traitement sur des situations exactement similaires. « Exactement similaires », en effet, puisque le crime contre l’humanité ne varie pas de nature en fonction de l’identité des auteurs, de l’identité des victimes et de l’identité de ceux qui le contestent.

Ensuite, il n’était pas demandé aux Sages de s’interroger sur la nécessité de traiter différemment la personne qui conteste une catégorie de crimes contre l’humanité plutôt qu’une autre mais de se prononcer sur les raisons pour lesquelles certains crimes pourraient faire l’objet de contestations, alors que d’autres sont érigés en « dogme ».

A ce propos, la Cour d’appel de Caen a d’ailleurs répondu le 17 juin 2015 à Vincent Reynouard que l’article 24 bis réprime la contestation de ‘n’importe quel(s) crime(s) contre l’humanité, même à venir, à la seule condition qu’il y ait un jugement condamnant son (ses) auteur(s) avant l’acte de contestation.

Et cela n’a pas été démenti par la Cour de cassation, ni même par la 17ème Chambre correctionnelle de Paris dans une affaire similaire.

Alors quoi? Faut-il réellement retenir ici que seuls les crimes de la Seconde Guerre mondiale mériteraient la compassion? Maître Jacques Verges l’avait dénoncé en 1998.

 

SUR LA LIBERTÉ D’OPINION ET LA LIBERTÉ D’EXPRESSION? 

[…]

Malheureusement, d’un autre côté, les « Sages » nient toute sincérité intellectuelle au révisionnisme ayant pour objet les crimes de la Seconde Guerre mondiale avec cette formule expéditive :

« …les propos contestant  l’existence de faits commis durant la Seconde Guerre mondiale qualifiés de crimes contre l’humanité et sanctionnés comme tels par une juridiction française ou internationale constituent en eux-mêmes une incitation au racisme et à l’antisémitisme… »

Cette phrase caractérise un « dogme » au sens propre : « les Sages » se croient autorisés à donner au simple fait de discuter la connaissance des crimes de la Seconde Guerre mondiale, un sens intangible et certain, une valeur indiscutable et imposée comme telle ! Autrement dit, une portée de « vérité qui va de soi » quant à ce que « pense », ce que « veut dire » et ce que « veut provoquer » tout contestataire.

Clairement, nous plongeons dans le « procès de sorcellerie ». La prochaine étape sera peut-être de réinstaurer le supplice de la « question », pourquoi pas? En effet, puisque les « Sages » estiment que sur une question d’histoire précise, personne n’a le droit de « se tromper » ou bien de « s’être trompé », alors il faudrait par n’importe quel moyen bientôt prolonger cette tyrannie de l’esprit par la tyrannie du corps, afin de faire avouer expressément leurs péchés aux sceptiques ou aux mécréants !

Cette mécanique d’accusation automatique et de condamnation systématique agissait déjà comme un « épouvantail » sur les historiens. Mais avec les « sceau » du Conseil constitutionnel, elle va devenir plus pesante encore. En 1998, Maître Jacques Verges la qualifiait de « fasciste » !

C’est en tout cas fort regrettable car la France d’aujourd’hui ne pouvait pas se permettre de pérenniser une telle exception. D’abord parce que ce « muselage » ne peut provoquer que l’animosité chez ceux qui, comme les Arméniens, se sentent sous-considérés dans leur mémoire. Ensuite, parce que la France ouvre ici la porte de la « fusion » tant voulue et tant attendue par certains fondamentalistes religieux : la « fusion » entre la loi et la vérité religieuse !

Nous retombons d’un seul coup dans le Moyen Age des libertés de l’esprit !

Alors habilement, pour donner un « vernis compassionnel » à ce système de « crispation intellectuelle », le Conseil constitutionnel rappelle, au détour de sa motivation, l’intitulé exact de chaque crime de la Seconde Guerre mondiale, jugé incontestable, à savoir :

« l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes les populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu’ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, on été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime ».

Le rappel de cette liste effroyable permet facilement de prétendre que forcément :

« …Les propos contestant l’existence des faits commis durant la Seconde Guerre mondiale qualifiés de crimes contre l’humanité et sanctionnés comme tels par une juridiction française ou internationale constituent en eux-mêmes une incitation au racisme et à l’antisémitisme… »

La décision joue donc sur le « facteur émotionnel » de la même façon que le font nos dirigeants, à défaut de savoir proposer des solutions autrement convaincantes.

Pourtant, en toute rigueur intellectuelle, pouvez-vous me dire en quoi il faudrait forcément considérer que le fait de s’interroger sur les modalités d’un crime, fût-il question de crimes contre l’humanité, devrait nécessairement traduire une volonté d’inciter au racisme ou à la haine envers quiconque?

C’est pourtant par ce raccourci que les « Sages » valident les atteintes aux libertés qui résultent de l’article 24 bis de la Loi du 29 juillet 1881, avec cette formule lapidaire :

« …en réprimant les propos contestant l’existence de tels crimes, le législateur a entendu sanctionner des propos qui incitent au racisme et à l’antisémitisme… »

Un tel raccourci joue comme un aveu d’échec intellectuel, dès lors que l’incitation à la haine fait déjà l’objet d’une incrimination propre, prévue au septième alinéa de l’article 24 de la fameuse Loi du 29 juillet 1881. Autrement dit, lorsque les « Sages » nous expliquent que l’article 24 bis instaure une inégalité de traitement nécessaire et proportionné, ils font fi du texte qui existe pour sanctionner le délit auquel ils se réfèrent malgré eux. Je les avais pourtant bien invités à placer la frontière entre liberté et censure, au niveau de toute haine appréciée par le juge, en application du texte général sur ce point, de manière juste et égale pour tous, cela va de soi. Peu leur importe ! […]

 

SUR L’ÉGALITÉ DEVANT LA LOI

Il fallait bien s’attendre à un « dérapage », car l’argument de l’égalité devant la loi reste indiscutable. Alors le Conseil constitutionnel « dérape » en s’obstinant…

Il « dérape », lorsqu’il parle de « négation » là où il aurait dû employer le mot de « contestation ». C’est vraiment remuer un « épouvantail » que d’affirmer implicitement, ici : toute remise en cause des vérités officielles sur les horreurs de la Seconde Guerre mondiale caractérise forcément du négationnisme !  Alors qu’il ne s’agit que d’histoire et que celle-ci procède d’un révisionnisme permanent, avec des oppositions de points de vue qui aboutissent logiquement à nier de telles affirmations officielles ou à les confirmer comme négations de leurs contestations, forcément !

[…]

La « cause » est juste. Quant à son enjeu philosophique, je m’interroge cependant ! Si l’histoire devait ignorer toute contestation sur des vérités officielles, ne pensez-vous pas que nous finirons par douter encore plus de ces soit-disant vérités ?

Victor Hugo, mon « idole humaniste », disait avec cette simplicité du génie : « être contesté, c’est être constaté » !

(Propos de Maître Wilfried Paris recueillis par le journal RIVAROL <www.rivarol.com>)
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Une réflexion sur “PROCES DE LA LOI GAYSSOT : « I COMME ICARE »

  1. « … l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes les populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu’ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime ».

    La loi devraient s’abstenir de parler d’Histoire : son incompétence y éclate presque à chaque mot.

    Exemple criant : contester la pertinence du mot extermination pour le sort des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale serait, si je comprends bien, une preuve de révisionnisme : de qui se moque-t-on? Je ne connais pas de source plus respectée et moins suspecte de révisionnisme que Raul Hilberg, auteur du plus grand ouvrage antirévisionniste : The Destruction Of The European Jews, Quadrangle Books, Chicago, 1961 (édition revue, corrigée et définitive : Holmes & Meier, New York, 1985 ; édition française : La Destruction des Juifs d’Europe, Fayard, Paris, 1988). Or Hilberg, le plus grand antirévisionniste, rappelons-le, refusait d’utiliser ce mot d’extermination que déclare incontestable notre conseil constitutionnel ǃ Que cette institution ne se mêle pas d’Histoire, elle n’a rien à en dire ǃ

    L’ssassinat?La réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes les populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux?Que manque-t-il à ce catalogue d’abominations pour correspondre non seulement aux persécutions du Ⅲe Reich mais aussi à celles pratiquées avant, pendant et après la guerre par d’autres que le Ⅲe Reich?Que manque-t-il, par exemple, aux millions d’Ukrainiens victimes de l’Holodomor, aux deux millions ou trois millions d’Allemands morts de toutes les morts possibles dans les atrocités de 1945-1948 pour bénéficier de la protection de la loi Fabius-Gayssot?Que manque-t-il aux Arméniens, aux Cambodgiens, aux victimes des abominations modernes pour qu’on condamne ceux qui nient, impunément, toujours impunément, de telles horreurs?Il leur manque ce qui suit: que lesdites horreurs aient été commises « à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime. »

    Autrement dit, ce ne sont pas nos tribunaux qui commettent l’injustice de sacraliser les victimes juives du Ⅲe Reich mais pas les victimes de tous les autres régimes à toutes les époques : c’est « le Tribunal », sous-entendu le T.M.I. de Nuremberg.

    Du moins est-ce ce que j’ai cru comprendre ; quoi qu’il en soit, je suis sûr que ceux qui nient impunément les millions de victimes du communisme, par exemple, pourront continuer à le faire en toute impunité : la loi est la même pour tous, même si « le Tribunal » ne sacralise que la mémoire d’une seule catégorie de victimes…

    ⬆En 1 min 35 s, une vidéo sur le massacre de civils allemands par des soldats soviétiques à Nemmersdorf, en 1944. La contestation en est protégée par la « liberté d’expression », car le T.M.I. de Nuremberg ne l’a pas jugé, ne s’occupant que des crimes commis par les vaincus, et non de ceux commis par les vainqueurs. Attention ǃ Ce n’est pas à cause d’une discrimination entre les victimes que commettrait notre justice actuelle ǃ Pas du tout ǃ C’est seulement parce que le T.M.I. ne jugeait que les crimes des vaincus ǃ Voyez-vous la différence?

    Non?Faites un effort, bon sang de bon soir ǃ Vous frôleriez le “phâchisme”, sinon ǃ

    « Toutes les opinions sont permises, à condition de ne pas les exprimer. »
    – Winston Churchill.

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