EDGAR MORIN : LA CHAMBRE A GAZ

edgar morin

Dans son ouvrage intitulé Pour sortir du XXème siècle, le sociologue Edgar Morin aborde la question des chambres à gaz et du révisionnisme.

Il importe surtout pour nous que vous appréciez la capacité de Monsieur Morin à envisager le « recours à l’examen véritablement historique » sur la question des chambres à gaz, question aujourd’hui obstinément verrouillée.

Nous nous inscrivons contre la vindicte et le lynchage car nous estimons avoir besoin de ce que chacun apporte au débat. Nous avons besoin de pouvoir lire Robert Faurisson, d’écouter Vincent Reynouard mais aussi toutes sortes d’historiens afin de nourrir notre esprit critique.

Censurez tout ouvrage qui analyse les chambres à gaz comme le fruit de la rumeur (probablement née d’une frayeur toute légitime) et vous encouragerez les thèses complotistes, faisant le lit de nouvelles rumeurs qui généreront un climat de méfiance et de paranoïa dans nos sociétés dites « développées ».

EXTRAITS :

« Il y a certes quelque chose d’horrible lorsque la contestation de la chambre à gaz est le point de départ d’une spirale qui, lavant le nazisme de ce crime jugé imaginaire, aboutit à l’idée typiquement nazie du complot juif, ajoutant à l’oubli qui efface les morts le mensonge qui les nie.

Mais la question une fois posée, il faut comprendre qu’il y ait interrogation dans les générations qui n’ont pas eu l’expérience des disparus et des rescapés, qui ont découvert que les vérités qui leur semblaient les plus évidentes sur la Chine, le Viêt-Nam, l’URSS ; étayées par les témoignages et les preuves les plus diverses, n’étaient que de lamentables mensonges. Une fois posé, il faut affronter le problème. L’issue n’est pas dans la polémique, le jugement d’autorité, bref, tout l’arsenal immunologique par lequel se défendent les idéologies closes. L’issue est dans le recours à l’examen véritablement historique comportant l’examen de l’histoire des camps, des structures et du développement de la seconde Guerre mondiale.[1]»

« Certes, la logique exterminatrice ne comporte pas nécessairement chambre à gaz : il n’y a pas eu de chambre à gaz en URSS où les hécatombes furent parfois aussi grandes pour une même durée de temps, il n’y en a pas eu au Cambodge. Il importe à mon avis de re-vérifier la chambre à gaz dans les camps nazis. Mais ce qui est établi sans conteste, c’est l’entreprise exterminatrice dont les chambres à gaz, comme dit justement Chautard, l’avocat de Faurisson, « si elles n’étaient pas le moyen, en seraient à tout le moins la métaphore ».

La re-historicisation du camp de concentration hitlérien nous amène certes à nous débarrasser de la vision manichéenne de la seconde guerre mondiale et de la vulgate « anti-fasciste » crétinisante (faite pour nous masquer le stalinisme), mais elle nous amène aussi à rejeter l’inconsistance d’un révisionnisme qui est incapable de reconnaître la réalité et le dynamisme spécifique du totalitarisme nazi. […] Ainsi, la déportation concentrationnaire est réduite/rationalisée en termes d’intérêts économiques, du type « marxiste », où le but des massacres d’Auschwitz était de fournir aux trusts allemands la graisse, les savons[2], et autres produits de décomposition des cadavres. Les explications économistiques par l’intérêt économique (ici économie de guerre, là économie capitaliste), sont complètement aveugles sur l’absurdité, la démence, le mépris, la haine, la fureur. […] On devient totalement aveugle à la réalité la plus cruelle et la plus folle de ce siècle, le totalitarisme.

Et, c’est le cas de Rassinier, j’espère que ce n’est pas le cas de Faurisson, je souhaite que ce ne soit pas le cas de mon ami Thion, on verse dans la causalité diabolique même que l’on a voulu renverser, le diable juif se substituant au diable nazi, et, par là, redevenant le diable des nazis, justifiant le nazisme de son antisémitisme (dont on a voulu pourtant ignorer la trace) : la chambre à gaz devient une invention sioniste pour justifier et financer Israël (en faisant payer l’Allemagne). […] Il est certain que le sionisme bénéficie au second degré de la persécution antisémite. Mais, au premier degré, l’antisémitisme profite d’abord à l’antisémite qui chasse ou détruit l’ennemi méprisé et haï. Le produit principal de l’extermination nazie a été l’extermination, son sous-produit a été l’israelisation. Il est logique que l’antisémitisme profite ainsi au sionisme. Mais il serait dément de penser que le sionisme ait provoqué l’antisémitisme. […] Il est sain de rouvrir tout problème qui nous amène à repenser, c’est-à-dire à penser le nazisme et communisme. Certes, le nazisme et le communisme stalinien relèvent du passé. Mais c’est notre aveuglement à l’égard de notre passé qui nous précipite en aveugles dans notre futur. La reconnaissance de la nature une, diverse, passé et actuelle du totalitarisme est nécessaire pour sortir du XXème siècle.[3] »



[1] E. Morin, Pour sortir du XXème siècle, P.184-185.

[2] L’existence de savons fabriqués à partir de graisse humaine par les nazis a été officiellement reconnue comme relevant de la pure invention. Voir à ce sujet l’article du journal israélien Haaretz du 11 février 2005 que nous avions publié sur notre page : https://gayssoteries.wordpress.com/revisionnisme-officiel/savons-rif/

[3] E. Morin, Pour sortir du XXème siècle, p. 192-195.

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