NOTRE APPEL AU JOURNAL CHARLIE HEBDO – FIN DE NON RECEVOIR

NDLR  (Gayssoteries) : Il y a de cela quelques semaines, nous avons écrit au journal CHARLIE HEBDO afin de prendre la mesure de leur engagement dans le combat pour la liberté d’expression.

Pour seule réponse, nous avons reçu une phrase type qui exprimait un malentendu (nous ne sommes pas fidèles du journal et nous nous étions bien gardés de le glorifier dans « sa version actuelle »).

Voici ce que le journal nous a donné comme réponse à cet appel que nous lui avons lancé pour combattre la censure :

« Bonjour […], Merci pour ce message et votre fidélité.

Bien à vous,

Agathe »

En définitive, le journal CHARLIE HEBDO ne « roule » que pour lui-même et ne se frotte pas à ce qui pique lorsqu’il n’y trouve pas une certaine forme de délectation et/ou une résonance avec ses propres positions idéologiques. Libre à eux, mais la bannière de leur page internet affichant « La liberté d’expression est un droit fondamental ! » n’est en rien l’image d’un quelconque engagement pour des formes d’expression qui ne les séduisent pas.

Les grands rassemblements français qui se sont formés en réaction aux assassinats du 07 janvier 2015 au nom de la liberté d’expression est un grand malentendu : Charlie Hebdo (dans sa forme actuelle et avec les individus qui le composent aujourd’hui) ne sont en rien les défenseurs de la liberté d’expression : ils ne défendent que leur propre droit à s’exprimer, dans le cadre très étroit de leurs propres sensibilités.

Les français n’ont-ils aussi marché que pour défendre le seul contenu du journal Charlie Hebdo?

 

 

NOTRE COURRIER (Gayssoteries) :

 

Mesdames, Messieurs,

Je viens vers vous en ma simple qualité de citoyen français pour la requête suivante :

Parmi vos combats, s’il en est un qui fait l’unanimité, et que vous menez depuis longtemps à présent grâce à la force de vos esprits, conjointement à celui de votre plume, est celui de la « liberté d’expression ». Ce combat, au regard du drame qui vous a accablés, est, plus que jamais, d’actualité.

Aussi, j’irai droit au but en vous suggérant, et ceci, je tiens à le préciser, dans un esprit libéré de toute idéologie, de tout parti pris politique et de tout dessein non avoué, de mettre à profit l’insouciance financière qui est la vôtre pour user de l’immense latitude qui en découle et que la « sombre » providence vous a offerte pour aborder, dans vos pages, la question de la liberté de recherche et d’expression de cette même recherche que condamne l’implacable  loi Gayssot dans notre pays.

La main qui donne est toujours au-dessous de la main qui reçoit, hors, vous disposez à présent de l’indépendance financière suffisante, j’ose espérer, pour n’avoir personne au-dessus qui puisse vous chuchoter à l’oreille ce qu’il est bon de dire, de faire ou de penser ni ce dont il est bon de ne pas parler et, ce faisant, vous montrer chevaleresques et dénoncer une loi qui interdit de critiquer une décision de Justice (celle du Tribunal de Nuremberg en l’occurrence). Cette loi est une arme collée contre la tempe de vos concitoyens qui, eux-aussi, nourrissent le rêve de pouvoir user de leur liberté d’expression, à vos côté, même sans jamais vous rejoindre, sinon dans cette ouverture de la parole si précieuse.

Je viens à vous dans ce sens parce-que le silence de la presse, directement concernée, pourtant, par la question de la liberté de s’exprimer, de partager des recherches et des découvertes, me trouble profondément et résonne en creux par son absence de façon assourdissante. Je cherche l’indignation, dans les journaux, mais je ne trouve plus que mollesse et quelques sortes de « longs fleuves tranquilles ».

Vos pages ont su, depuis des années, se montrer insolente et ont su faire sauter quelques verrous de la pensée « bien comme il faut », hors, vous êtes tout, sauf un étendard de la « pensée bien comme il faut » !

Il en va de la liberté et de l’honneur de la presse d’oser dénoncer les condamnations iniques relatives à une loi qui grave l’histoire dans le marbre et décrète que nul n’aura plus jamais le droit de présenter un travail dont les conclusions seraient en contradiction avec l’histoire telle qu’elle est communément admise. Et qu’importe que ces nouvelles thèses soient juste, erronées, hasardeuses, que sais-je, même chimériques ! Là n’est pas la question !

Cette loi, sorte de « police de la pensée », représente tout ce qui d’habitude n’est pas acceptable dans vos pages ! Elle instaure l’idée de ce que dire autrement l’histoire constituerait un blasphème! Elle est ce qui brave et insulte le droit au blasphème ! Elle est de nature quasi-religieuse et je pense qu’il est tout-à-fait dans la nature de vos esprits insolents et cabotins de la dénoncer comme vous avez dénoncé l’intouchable à plusieurs reprises.

Je terminerai en vous confiant que j’espère sincèrement pouvoir retrouver bientôt le courage et l’insolence d’antan dans vos pages ! J’espère y retrouver les plumes qui ne craignent pas de se brûler en dénonçant le sort misérable de gens qui, comme vous, se battent sans cesse pour défendre leur droit à exister avec ce qu’ils ont, eux aussi, à dire, quand bien même cela dérangerait ou inquiéterait! Depuis quant craignez-vous de déranger? J’espère vous voir à nouveau attaquer ce qui relève du dogme religieux et qui ne porte pourtant pas de clocher.

Votre bannière officielle, me semble-t-il, est bien là pour le rappeler sur votre site internet : « La liberté d’expression est un droit fondamental ! »

Cette phrase, je l’espère, est aussi puissante dans sa profondeur que dans sa forme, dans vos esprits, lorsque vous l’inscrivez en bannière de la sorte ! J’ai le fol espoir qu’elle signifie pour vous qu’elle est un droit de tous et même de ceux que vous n’aimez pas, que sais-je encore, de ceux que vous haïssez ! J’ai le fol espoir que certains principes sont unanimement enracinés dans les cœurs et que, comme Simone Weil le disait si joliment et pourtant si sobrement, qu’elle est un besoin de l’intelligence, et, par la-même, un besoin de l’âme.

J’ose espérer que vous disposez du bon sens populaire et que vous ne craignez pas l’opprobre si vous êtes de ces véritables incurables débauchés multirécidivistes comme je le crois.

Merci pour ces hommes et femmes, de leur lancer un message en leur disant qu’ils peuvent aussi « l’ouvrir », qu’ils peuvent aussi casser les dogmes, qu’ils peuvent, eux aussi, comme vous, user de l’insolence de leurs recherches (l’insolence des uns n’est pas forcément celle des autres mais elle a voix au chapitre! Tout le monde devrait en disposer).

Je terminerai par cette formidable citation du pertinent et insolent récidiviste professeur Choron : « La chandelle qui va devant éclaire mieux que celle qu’on s’est mise dans le derrière ».

Je vous remercie très sincèrement pour l’attention que vous aurez portée à ma requête,

Bien à vous,

(Signature)

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