FRANCE : PRISON FERME POUR VINCENT REYNOUARD

NOTE DE GAYSSOTERIES – EN BAS DE PAGE

 LE FIGARO

Un révisionniste condamné à deux ans de prison ferme

Par Julien Licourt

Publié le 12/02/2015 à 18:04

Vincent Reynouard remet en cause depuis de nombreuses années les crimes contre l’humanité commis pendant la Second Guerre mondiale. La peine prononcée est deux fois plus lourde que ce que prévoient les textes. Le procureur a fait appel de la condamnation.

Vincent Reynouard, personnalité connue de l’extrême droite radicale pour ses thèses révisionnistes, a été condamné, dans la soirée de mercredi, à une peine de 2 ans de prison ferme. L’homme était mis en cause pour avoir diffusé une vidéo évoquant la célébration du 70e anniversaire du débarquement allié de 1944, dans laquelle il dénonçait un «embrigadement» de la jeunesse par le biais du devoir de mémoire.

Une peine particulièrement lourde pour ce type de délit, qui ne prévoit normalement qu’un an de prison au maximum. Le procureur de la République du tribunal de Coutances, Renaud Gaudeul, a décidé de faire appel. «Cette peine est illégale, elle ne correspond pas à ce qui est prévu par le code pénal», a-t-il expliqué.

«La peine a été prononcée par le tribunal de grande instance de Coutances, qui est une petite juridiction, peu habituée à ce type de dossiers, confie une source judiciaire. Le tribunal a dû considérer qu’il était en récidive en le condamnant ainsi. Le parquet devait logiquement faire appel car il ne peut appliquer une peine qui n’est pas prévue par la loi.»

Déjà emprisonné dans le passé

Vincent Reynouard est effectivement un récidiviste assumé. Depuis des années, il déploie sur Internet sa production révisionniste, prolixe et foisonnante. Cette dernière est souvent orientée dans deux buts. D’une part, réhabiliter le national-socialisme, l’homme se considérant comme l’«avocat des nazis». D’autre part, remettre en cause le génocide des Juifs pendant la Second Guerre mondiale, n’hésitant pas, dans l’une de ses vidéos, à filmer des saucisses en feu et les comparant à la combustion des corps dans les camps de concentration. Une rhétorique qui lui a permis de devenir un symbole dans une partie de l’extrême droite radicale. «Il représente un cas un peu à part chez les révisionnistes. Tout d’abord parce qu’il développe une conception délirante du négationnisme, fortement influencée par le discours sédévacandiste, ces catholiques traditionnalistes qui considèrent que le trône de Saint-Pierre est vide depuis le concile Vatican II, analyse l’historien des idées, Stéphane François. En outre, parce qu’il professe une idolâtrie assez poussée du nazisme.»

De formation scientifique, ce professeur de mathématiques a été radié de l’Éducation nationale pour avoir développé des thèses révisionnistes pendant ses cours. Leur exposition dans diverses publications et sur Internet lui a valu d’être plusieurs fois condamné. Réfugié un temps en Belgique, il a été extradé de ce pays pour purger une première peine d’un an de prison ferme.

La Licra «ne pouvait rester muette»

Après cette nouvelle condamnation, son entourage dénonce une censure. «C’est un paradoxe de voir 4 millions de Français défiler le 11 janvier pour défendre la liberté d’expression et de condamner un mois jour pour jour plus tard quelqu’un pour ses propos», explique Jérôme Bourbon, rédacteur en chef de Rivarol. L’hebdomadaire d’extrême droite radicale ouvre parfois ses colonnes au révisionniste condamné. «En France, on a donc la liberté de souiller les religions comme Charlie Hebdo, mais pas certains épisodes de l’histoire érigés en nouvelles religions», poursuit-il.

«Le mythe de la liberté d’expression pleine et entière n’existe pas, lui répond maître Marc François, l’avocat qui a représenté la Licra, partie civile dans cette affaire. C’est en réalité une porte ouverte à l’antisémitisme. L’extermination des Juifs a été reconnue par le tribunal de Nuremberg et par la communauté des historiens. C’est un fait historique. Nous ne nous faisons aucune illusion: ce personnage va très certainement recommencer, nous ne pouvions rester muets et ne pas répondre à ses provocations.»

L’affaire devrait être tranchée par la cour d’appel de Caen, peut être plus au fait de la juridiction particulière de la loi Gayssot qui recouvre les faits de négationnisme, d’ici la fin de l’année.

(Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/02/12/01016-20150212ARTFIG00369-un-revisionniste-condamne-a-deux-ans-de-prison-ferme.php)

NDLR (Gayssoteries) :L’article précise que la conception du négationnisme de Vincent Reynouard est « fortement influencée par le discours sédévacandiste ». A noter que Vincent Reynouard s’est désolidarisé officiellement du Catholicisme en Juillet 2014. Il s’en explique dans une vidéo :https://www.youtube.com/watch?v=B_k4R6AdF-A

 
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